Le tourisme en Algérie : Destination… Algérie !!!

Le tourisme en Algérie

Destination… Algérie !!!

Par : Fayçal Charif

L’Algérie se dresse fièrement, se dévoile et s’avoue être amazigh, berbère, Maghrébine, arabo-musulmane, méditerranéenne et africaine. Un beau mélange qui a fait, à travers l’histoire, un peuple avec ses traditions, ses coutumes, sa culture et sa civilisation. Tout cet héritage ne demande qu’à être visité et revisité.

Il faut être réaliste et dire la vérité même si elle ne plait pas. Il ne faut pas mentir et se mentir. Il faut avoir le courage pour dire que l’Algérie n’a jamais pu se hisser au rang d’un grand pays touristique depuis son indépendance à nos jours, c’est à dire depuis 55 ans. Il faut se dire avec sincérité que pour cet état de fait, il existe des raisons objectives, mais aussi et surtout, des raisons subjectives, liées à l’incompétence, l’inculture et surtout l’absence d’une vision claire, d’une approche professionnelle et d’une stratégie et politique de tourisme fiables. Et pourtant… l’Algérie, cet immense pays du bassin méditerranéen qui contemple la mer sur 1200 km d’une côte qui donne l’impression qu’elle ne finit jamais, a tous les atouts et toutes les potentialités et les possibilités de rivaliser avec les grands pays touristiques de la méditerranée.

Pays aux richesses naturelles et culturelles qui fascinent. Terre d’histoire et d’art à travers le temps, sa destinée devait être autre sur le plan touristique. Cette Algérie…incomprise, insoumise, méconnue, pourra-t-elle un jour devenir la première destination touristique du bassin méditerranéen ? Elle en a les moyens qui peuvent même la placer parmi les destinations les plus prisées au monde.

De par sa superficie, l’Algérie parait interminable, et de par son environnement elle parait paradisiaque. Une mer bleue, de majestueuses montagnes, de belles forêts et de chaleureuses oasis, c’est le décor d’un magnifique pays qui ne demande qu’à être visité. Ses casbahs, ses sites historiques, ses villes antiques racontent des siècles d’histoire et un passé autrefois glorieux. Tout est là, à portée de main, à portée de vue pour être découvert.

Avec un autre état d’esprit, une autre approche touristique et dans un autre contexte politique, économique et culturel, la belle Alger, ou encore, Oran, Annaba, Tlemcen, Constantine, Miliana, Jijel, Tamanrasset…auraient rivalisé avec des villes de renommée mondiale. Elle aurait été sans l’ombre d’un doute des destinations touristiques très demandées. Mais pour cela, il fallait du temps et ce temps a malheureusement a été perdu.

Etat des lieux…Etat de faits…

A l’indépendance du pays en 1962, tout était à faire et tout était à refaire, y compris le tourisme. Une dizaine d’années après avoir mis le train en marche, et dans la foulée et la joie de l’indépendance et de la liberté, des secteurs ont immergé et la réussite pointait du nez comme dans le secteur de l’industrie. D’autres secteurs, qui étaient porteurs ont fait des éclaircies qui illuminaient des espoirs et prévoyaient des lendemains enchanteurs. C’était le cas du secteur du tourisme en Algérie. Bien évidemment, d’autre secteurs ont connu un échec cuisant, comme l’agriculture, dont les conséquences sont visibles à nos jours.

Le pays se lance tant bien que mal dans la mise en place d’un état et d’une nation qui a été colonisée 132 longues années. Mais les querelles politiques font tarder l’évolution du pays. Ce n’est qu’à partir des années 70 que le pays se stabilise relativement et se lance dans de beaux et grands projets dont le tourisme. Ici et là, les prémices d’une vision touristique se remarquent et des sites se font valoir. Le site de Sidi F’redj en est le bel exemple et il devait être suivi de tant d’autres sites surtout sur le littoral, en attendant d’élargir cette « Politique touristique étatique » sur l’ensemble du pays. L’Algérie des années 70 se fait belle et s’ouvre sur le monde et les touristes affluent et découvrent le jeune pays indépendant et ses quelques sites touristiques mis à dispositions. Les « curieux » touristes découvrent aussi De la vieille Casbah à Alger, au mémorable El Hoggar au sud, des grottes merveilleuses de Béjaia à l’est, aux plages paradisiaques de Jijel, Mostaganem, Ain Témouchent, en passant par Blida (la w’rida), la Kabylie, Oran, (Waran el Bahia), Constantine, Tébessa, Annaba, ….il y avait des choses à voir, à découvrir et la culture du tourisme commençait à se mettre en place. Malheureusement, cette ouverture du pays et cette embellie touristique n’allaient pas durer dans le temps. La vision n’a pas évolué en matière de politique touristique. Mais en fait, il n’y avait pas vraiment de stratégie claire et à long terme. Durant ses années, le tourisme en Algérie se découvre en train de faire du « sur place » et le temps passait vite, très vite. C’est ce temps là qui a été bien exploité par les deux voisins, le Maroc et la Tunisie, qui devenaient à la fin des années 70 deux belles destinations pour les touristes du monde entier. Tout comme l’Egypte qui a su mettre en place une vraie toile d’araignée faisant profiter toute la société du tourisme. Un tourisme qui raconte les dynasties des pharaons. On aurait fait pu faire aussi bien et aussi mieux en racontant notre règne sur la Méditerranée, notre Amazighité, ou encore la grande histoire de l’homme bleu !!! Pourquoi ce gâchis !!?

Si en Egypte, en Tunisie ou au Maroc, le tourisme a été la première ressource financière du pays, à la différence de l’Algérie qui a construit sa politique sur le pétrole et le gaz. Tout reposait sur cette offrande du Sahara. Les experts, ne doutent pas un seul instant pour assurer que si l’Algérie avait misé sur trois secteurs, l’industrie, l’agriculture et le tourisme, elle aurait été aujourd’hui une puissance dans beaucoup de domaines, et que le gaz et le pétrole ne seraient qu’un bonus pour tout un peuple et pour l’état algérien.

De l’autre côté de la Méditerranée, des pays comme l’Espagne, le Portugal, la France, l’Italie où encore la Grèce poursuivaient leur développement touristique et devenaient des destinations très demandées, tout comme d’ailleurs le Maroc, la Tunisie et l’Egypte. Au même moment, à la même époque, l’Algérie perdait pied et se faisait distancer. Les choses allaient se compliquer encore plus avec les émeutes de 1988. Le pays change de cap et se tourne vers une économie de marché « sauvage ». On pense à libérer l’économie, ce qui aurait été salutaire pour le pays, mais on le fait mal, très mal même. On se crée une économie de bazar et des « hommes d’affaires » qui veulent le gain facile et ignore tout de la richesse culturelle et touristique du pays, qui peut faire gagner beaucoup d’argent. Et c’est ainsi qu’on oublie les grands projets de société entre autres le tourisme qui aurait peut être sauvé l’Algérie de ce qui allait venir. Et pire encore, le pays sombre et connait « la décennie noire » du terrorisme qui a complètement tué le tourisme en Algérie. 15 ans après le retour de la tranquillité et de la paix sociale au pays, les algériens constatent les dégâts et le grand gâchis et surtout le temps perdu dans la tourmente.

17 ans après un retour à une vie normal difficile et progressif, l’Algérie n’a fait que soigner ses plaies et réapprendre à vivre. Et comme ce fut dur ! La décennie noire, avait laissé des plaies, mais aussi de terribles traces sur une société, un pays et un état. En attendant, le tourisme n’est pas une priorité. Solutions pour une…Destination Algérie ! Pour hisser l’Algérie au rang des pays touristiques de la Méditerranée et prétendre à une renommée mondiale, il faut tout d’abord une volonté politique qui met en avant et en priorité ce secteur porteur pour un pays aussi riche et diversifié. Mais la volonté doit se conjuguer à une politique touristique qui mettrait l’algérien au cœur du dispositif, ce qui engendrait des emplois, surtout aux jeunes. L’Algérie doit être plus entreprenante et oublier sa suffisance par rapport aux hydrocarbures qui devraient être un plus et non l’essentiel. Pour que l’Algérie devienne « Destination Algérie », il faut que les mentalités changent pour mettre fin à la bureaucratie, la corruption et l’incompétence.

Une série d’articles va suivre pour découvrir nos sites touristiques et la richesse naturelle de notre pays.

F.CH

 

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