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Fawzi Sadallah Il écrit sur la Diaspora andalouse en Algérie et dans le monde « Eveillé…je rêve de l’Andalousie »

Fawzi Sadallah

Il écrit sur la Diaspora andalouse en Algérie et dans le monde « Eveillé…je rêve de l’Andalousie »

Propos recueillis par Fayçal Charif


Journaliste à Euronews depuis 2009, Fawzi Sadallah vit en France depuis 1999. Il est chercheur d’histoire en quête perpétuelle de vérité. Entreprenant dans ses œuvres, toujours décidé dans sa démarche, et surtout curieux de l’histoire de la belle Andalousie, il a ouvert la brèche pour aller chercher encore plus dans cette histoire andalouse faussée, oubliée puis effacée de la mémoire collective. De l’Andalousie, il en est devenu fou amoureux. Il la revisite dans ses livres à travers des thèmes parfois improbables et parfois osés, et à l’occasion il la fait visiter à ses lecteurs. Nous avons approché l’écrivain après la parution de son nouveau livre-recherche en langue arabe, en deux tomes, disponible dans les librairies en Algérie depuis octobre : « Diaspora andalouse en Algérie et dans le reste du monde », à la maison d’édition Kortoba. Tout un symbole !

Apparemment vous êtes un vrai mordu de l’histoire de l’Andalousie. Vous en faites la preuve encore une fois avec ce nouveau livre…non ? 
Oui, je crois l’être, dans le sens qui me mène vers la recherche de la vérité. Tous mes travaux se laissent aller dans les détails de cette épopée musulmane unique dans son genre et qui a enfanté l’une des plus grandes civilisations de l’islam dans cette partie du monde influant même sur d’autres pays, qu’ils soient arabes, africains, européens et même au delà. Je suis un fouineur de l’histoire de l’Andalousie, mais aussi, et travers elle, l’histoire d’Alger et de toute l’Algérie en plongeant corps et âme dans ses us et coutumes et dans ses belles traditions aujourd’hui oubliées, ternies ou disparues.

Vous vous considérez comme historien ?

Non, je n’ai pas cette prétention, je préfère le qualificatif de chercheur, même si la grande partie de mes travaux portent sur l’histoire d’avant, pendant et après cette époque andalouse. Disons que je suis journaliste-écrivain en quête de vérités historiques.

Le thème de votre dernier livre a encore une fois fait du bruit ? Pourquoi ?

Peut être parce que le thème dévoile des vérités ignorées ! Le livre retrace l’Histoire de la diaspora andalouse après la chute du dernier royaume musulman de Grenade en 1492. A travers ce récit historique, j’ai observé et suivi l’évolution des rapports entre ces dits « Nouveaux chrétiens » ou « Moriscos » et les « Vieux chrétiens » représentés surtout par l’Inquisition et l’empire dans l’Espagne du moyen âge.

Dans ce livre qui a nécessité une dizaine d’années de recherche, une trentaine d’interviews et la lecture de nombreux livres et études spécialisés en 4 langues principalement, je tente de répondre aux questions suivantes : Comment ces anciens musulmans dits « Nouveaux chrétiens », même si la plupart fait le choix de rester musulmans clandestinement par peur des inquisiteurs, ont-ils vécu sous l’autorité catholique particulièrement intolérante et oppressante à partir de la fin du 15 ème siècle ? Comment ont-ils résisté à la christianisation forcée et quelles sont les conséquences d’une telle politique d’Etat face à ses musulmans « indésirables » ?

Mais vous êtes allé encore plus loin dans les questionnements ?

Oui, j’ai cherché à savoir : Où sont ils-partis après leur expulsion collective punitive entre 1609 et 1614, et comment se sont-ils intégrés dans les pays d’accueil, en insistant particulièrement sur le cas algérien très méconnu, occulté et oublié ? Et enfin, où sont-ils de nos jours ?, que deviennent-ils ?, car les descendants de cette communauté sont bel et bien parmi nous dans le monde arabo-méditerranéen en particulier, même si on en parle souvent comme s’ils étaient une légende ? Ces gens là pourraient être vous, moi, l’autre… de part et d’autre de la méditerranée et même dans le « Nouveau Monde ».

Vous avez écrit ce livre dans la même logique historique de votre tout premier livre en 1990 « Les Juifs d’Algérie, ces Inconnus », un sujet tabou qui avait à l’époque fait sursauter ? Pourquoi ce thème ?

Le choix de ce thème s’imposait à l’époque par le fait qu’il devenait de plus en plus un sujet polémique depuis la décision du gouvernement de Mouloud Hamrouche (1989/1991) de se faire aider par trois experts juifs maghrébins, d’origine, pour réformer les secteur du commerce extérieur de l’Algérie. Mais aussi par ce que un tel sujet restait tabou et donc méconnu par la grande majorité des Algériens. Je voulais approcher la communauté juive d’Algérie et la faire connaître. Et ce fut ainsi une occasion de démystifier son histoire et d’aider à dépasser la confusion entre judaïsme et sionisme et entre le juif algérien et le juif israélien. Une confusion due aux différentes manipulations politico-idéologique, mais surtout aux conséquences du conflit qui a trop duré au moyen orient. Enfin, mon choix répondait à une aspiration au sein de la société algérienne des années 1990 à connaître l’Histoire de ses compatriotes de croyance mosaïque, ainsi qu’à mon goût de travailler sur des terrains non explorés et épineux.

Votre aventure avec l’histoire se poursuit ? Quels sont vos projets ?

Oui, je reste sur le qui vive, mais je suis tenté par le roman, je voudrais essayer d’en écrire un, c’est un vieux rêve qui remonte à mon enfance à l’école primaire à Soustara, à deux pas de notre vieille citadelle, la Casbah d’Alger. Une enfance très marquée par les œuvres de Abdessalam Al-Oudjaili, Al-MAnfalouti, Taha Hussein, Taoufiq Al-Hakim. Et une jeunesse très impressionnée par Nathaniel Hawthorne, T.S Eliott, Ernest Hemingway, James Joyce, Scott Fitzgerald…surtout durant les années de préparation de ma licence d’Anglais à l’université d’Alger.

Partons sur un autre terrain. Quel est votre avis sur le monde des médias en Algérie ? et le monde de l’édition ?

Le monde des médias est en décadence. Je trouve que tout cela est « programmé » et « systématisée » depuis le début des années 1990, conséquence de la crise politique de l’époque, mais qui s’est installée dans le paysage médiatique comme étant une norme. Quant à l’édition, qui a quand même évolué quantitativement, elle est à mon avis médiocre sur le plan qualitatif et victime d’un déficit cruel en matière de rigueur, de sérieux et d’organisation comme dans d’autres secteurs d’ailleurs. L’État peut faire mieux s’il le voulait.

F.C

 

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