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Zahir Ihaddaden : Le doyen de la presse algérienne est parti…

Zahir Ihaddaden : Le doyen de la presse algérienne est parti…
Adieu… Maître !

Par Fayçal Charif

La figure incontournable et emblématique de la presse algérienne n’est plus. Il est parti ce samedi pour le grand voyage sans retour. Il laisse un grand vide et provoque une énorme tristesse. Le monde de la presse et le monde universitaire sont orphelins après sa disparition.

Grand historien de la presse algérienne et militant de la première heure, il n’a jamais été reconnu à sa juste valeur, bien que son nom et son parcours sont mentionnés et reconnus à la bibliothèque Nationale de France*. Un homme humble, connu pour sa discrétion et sa modestie, il a toujours été disponible. D’abord pour son pays à travers son militantisme, puis pour ses écrits et ses nombreux recherches sur l’histoire de la presse algérienne et enfin pour les nombreux étudiants qui sont passés au fil des ans depuis l’indépendance jusqu’au début des années 90.

C’est en enseignant avec maîtrise et brio « l’histoire de la presse algérienne » qu’il a marqué l’esprit de ses « élèves ». A chaque promotion qu’il formait à l’école du journalisme, il faisait l’histoire de la presse et des médias de l’Algérie. On se rappellera toujours de « Oustad » (Maître) Ihaddaden, comme l’une des icônes de l’école du journalisme. Et on se rappellera à jamais de « Zouhir » l’homme au grand coeur à la silhouette frêle et à la démarche décidée.

Né le 17 juillet 1929 à Sidi Aïch, Béjaïa, Zahir Ihaddaden a vécu au fin fond de l’Algérie coloniale. Dans les années 50, la vingtaine à peine, il adhère au PPA. Mais en parallèle à son engagement politique et à son militantisme, il veut étudier. En 1952, il intègre la faculté des lettres d’Alger pour décrocher quelques années plus tard une licence de lettres arabes. Enseignant à Miliana, il a été arrêté à cause de son ralliement et ses activités au sein du FLN. En 1956, cherchant un contact efficace avec le FLN, il part en France, puis pose pied à Tunis avant de se décider pour le Maroc pour rejoindre un certain Si Allal qui l’intègre à l’équipe qui était sur le projet du journal du FLN à Téouan. Il fera partie des premiers pionniers du journal El Moudjahid qui a été lancé en 1957, aux côtés Ali Haroun, Moussaoui Sadek, Bouzaher Hocine, et Layadi Si Ahmed.

A l’indépendance, il sera professeur d’arabe au lycée El Idrissi et sera dans l’équipe qui allait créer l’Ecole normale supérieure de Kouba en 1963. Un peu plus tard, il sera parmi les premiers enseignants de l’institut de journalisme. Dans son parcours, il sera sollicité par certaines structures de l’état dans son domaine pour apporter son expérience et son éclairage. Il prendra sa retraite en 1993.

Cet homme au regard vif qui force le respect, au sourire discret qui charme et qui rassure, n’a jamais voulu faire de la politique après l’indépendance. Il a choisi l’enseignement et l’écrit historique. Auteur de plusieurs livres entre autres : « Histoire de la presse indigène en Algérie, des origines jusqu’en 1930 », « La presse écrite en Algérie de 1965 à 1982 », « Causeries sur l’Islam et les musulmans ». Il était le spécialiste de la presse indigène à plein temps, mais il s’est donné le temps de faire un ouvrage sur la ville de son enfance, Béjaïa, et d’être parmi les fondateurs du musée de l’eau de Toudja. Infatigable chercheur du savoir et de la vérité, il l’a été jusqu’au dernier souffle de sa vie. Son dernier livre publié récemment aux Editions Dahleb, « Itinéraire d’un militant », est une biographie qui raconte sa vie et son parcours. Le livre résonne aujourd’hui comme un Adieu. Comme résonne l’une de ses réflexions dans toutes les salles de rédactions à qui veut entendre : ” Un journaliste, ce n’est pas écrire, c’est croire en ce qu’il écrit…”

* http://data.bnf.fr/12805105/zahir_ihaddaden/#author.other_forms

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