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Yémen: pourparlers de paix à Stockholm, situation humanitaire inquiétante

Les pourparlers de paix inter-yéménites se sont ouverts jeudi à Stockholm (Suède) sous l'égide des Nations Unies, dans un contexte de détresse humanitaire, entre le gouvernement et le mouvement armé Ansarullah (Houthis).

Yémen: pourparlers de paix à Stockholm, situation humanitaire inquiétante

Les pourparlers de paix inter-yéménites se sont ouverts jeudi à Stockholm (Suède) sous l’égide des Nations Unies, dans un contexte de détresse humanitaire, entre le gouvernement et le mouvement armé Ansarullah (Houthis).

Ces négociations représentent pour le peuple yéménite une opportunité de voire le bout du tunnel dans lequel il a été entrainée, il y a quatre années lorsque la crise s’est éclatée faisant jusque-là plus de 10.000 morts et 14 millions de personnes au bord de la famine.

Des préalables ont été posés mutuellement par les belligérant. D’un côté le gouvernement a exigé “le retrait intégral” des Houthis de la ville portuaire d’al Hodeida (ouest) conquise en 2014 et par où transite l’essentiel de l’aide humanitaire.

De leur côté, le mouvement Ansarullah a menacé d’empêcher les avions de l’ONU d’utiliser l’aéroport de la capitale Sanaa si les pourparlers en Suède n’aboutissent pas à la reprise du trafic aérien civil.

L’aéroport international a été fermé au trafic commercial civil après l’intervention militaire en 2015 de la coalition progouvernementale dirigée par l’Arabie saoudite. Dans une tribune publiée jeudi par le New York Times, le médiateur de l’ONU, le Britannique, Martin Griffiths, a dit espérer que les pourparlers “apportent de bonnes nouvelles pour al Hodeida et le peuple yéménite”.

Toutes les tentatives visant à mettre fin à la guerre  ont échoué jusqu’ici. Les discussions ont débuté à 11H00 (10H00 GMT) dureront pendant une semaine, selon une source de l’ONU. “Ces consultations politiques en Suède constituent une première étape pour remettre le Yémen sur le chemin de la paix”, selon Martin Griffiths.

Les négociations se tiennent, alors que le pays traverse une situation humanitaire des plus dramatique au monde, selon l’ONU. Près de 80% de la population du Yémen, soit approximativement 24 millions de personnes, a “maintenant besoin d’une forme ou autre de protection et d’une assistance humanitaire”, selon l’ONU.

Actuellement, le Programme alimentaire mondial (PAM) vient en aide à environ 8 millions de personnes et l’ONU espère porter ce chiffre à 12 millions en 2019. Le responsable de l’Unicef pour la région, Geert Cappelaere, a appelé mercredi les belligérants “se rendant en Suède à penser d’abord aux enfants” du Yémen, dont sept millions souffre de mal nutrition.

Le principe des concessions mis en avant

Les pourparlers en Suède ont été favorisés par deux facteurs: la forte pression internationale exercée sur l’Arabie saoudite depuis l’assassinat le 2 octobre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans son consulat à Istanbul, et l’évacuation lundi de 50 Houthis blessés vers Oman.

Un accord en vue d’échanger des centaines de prisonniers a, par ailleurs, été conclu. Les négociations inclusives entre les antagonistes de la crise au Yémen se tiennent près de Rimbo, dans le centre de conférences du château de Johannesberg, situé à une cinquantaine de kilomètres au nord de Stockholm.

Le représentant des Nations unie, Martin Griffiths a appelé les belligérants à accepter “le principe fondamental des concessions dans toute négociation”. “Je ne veux pas me montrer trop optimiste mais je veux être ambitieux”, a-t-il déclaré, devant des journalistes, en présence des délégations yéménites.

Selon M. Griffiths, les belligérants n’en sont pas encore au stade de pourparlers de paix. Les “consultations” en Suède sont d’abord destinées à “construire la confiance” et “réduire la violence” sur le terrain, a-t-il souligné, peu avant l’ouverture des discussions, gouvernement et Houthis, qui ne devraient pas se parler directement.

En septembre, des pourparlers de paix ont buté sur le refus des négociateurs Houthis de se rendre à Genève sans garantie sur leur voyage retour vers la capitale Sanaa et sur l’évacuation de leurs membres blessés vers Oman.

Le conflit au Yémene oppose le mouvement Ansarullah aux partisans du gouvernement du président yéménite, Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenus militairement par l’Arabie saoudite. Partis en 2014 de leur bastion du nord du Yémen, les Houthis ont pris le contrôle de vastes régions, dont la capitale et le port d’al Hodeida.

En mars 2015, l’Arabie saoudite voisine a pris la tête d’une coalition militaire pour aider le pouvoir à stopper la progression des Houthis.

Aps

 

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