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Yémen : cessez-le-feu unilatéral pour prévenir une propagation du Covid-19

Un cessez-le-feu unilatéral décrété par la coalition militaire menée par l'Arabie Saoudite, est en vigueur depuis jeudi au Yémen, pour faire face à la pandémie de nouveau coronavirus, qui risque de ravager le pays le plus pauvre de la péninsule Arabique.

Yémen : cessez-le-feu unilatéral pour prévenir une propagation du Covid-19

Un cessez-le-feu unilatéral décrété par la coalition militaire menée par l’Arabie Saoudite, est en vigueur depuis jeudi au Yémen, pour faire face à la pandémie de nouveau coronavirus, qui risque de ravager le pays le plus pauvre de la péninsule Arabique.

Pour la coalition menée par Ryadh qui intervient au Yémen en soutien aux forces gouvernementales, cette trêve de deux semaines a été annoncée pour lutter contre la pandémie de Covid-19 qui sévit à travers le monde mais qui n’a jusqu’ici pas affecté le Yémen.

En dépit d’un appel au cessez-le-feu promu par les Nations unies en mars dernier pour protéger les civils du pays de la pandémie, les violences s’étaient récemment accrues au Yémen.

« Nous annonçons un cessez-le-feu à partir de (jeudi) pour deux semaines.

Nous nous attendons à ce que les éléments armés des Houthis acceptent. Nous préparons le terrain pour lutter contre la maladie du Covid-19″, a déclaré mercredi un responsable Saoudien.

La coalition a la ferme intention de respecter ces deux semaines de cessez-le-feu, tout en se réservant le droit de se défendre en cas d’attaque, a encore rapporté le responsable Saoudien. Le cessez-le-feu peut être prolongé si les Houthis répondent « de manière positive » au geste de la coalition, a-t-il ajouté qui a dit souhaiter une rencontre avec les Houthis, parrainée par les Nations Unies, afin de parvenir à un cessez-le-feu permanent.

Ryadh espère voir le cessez-le feu aboutir à une fin du conflit de cinq ans qui oppose les forces gouvernementales Yéménites aux Houthis, mouvement armé appelé aussi Ansarullah.

Pour le moment, les Houthis, n’ont pas réagi à l’annonce de Ryadh. D’après les observateurs, si la trêve tient, ce serait la première percée depuis que les belligérants ont accepté un cessez-le-feu négocié par les Nations Unies dans la ville portuaire stratégique de Hodeïda (sud-ouest) lors de pourparlers inter-Yéménites en Suède fin 2018.

La trêve, une occasion pour faire avancer les efforts de paix

Aussitôt annoncé, le cessez-le-feu unilatéral a été salué par le Secrétaire Général de l’ONU Antonio Guterres estimant que cette décision « peut aider à faire avancer les efforts de paix ainsi que la réponse du pays à la pandémie de Covid-19 ».

Guterres a ajouté : « ce n’est que par le dialogue que les parties (au conflit) pourront se mettre d’accord sur un mécanisme permettant de maintenir un cessez-le-feu à l’échelle nationale » et sur « la reprise d’un processus politique pour parvenir à un règlement global » du conflit ».

Le patron de l’ONU avait lancé, le 23 mars, un appel « à un cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde » afin de préserver, face à la « furie » du Covid-19, les civils les plus vulnérables dans les pays en guerre. Un appel favorablement accueilli par les parties prenantes au conflit Yéménite.

Il a invité mercredi dans un communiqué « le gouvernement et les Houthis à s’engager, de bonne foi et sans conditions préalables, dans des négociations » facilitées par l’émissaire spécial de l’ONU pour le Yémen, Martin Griffiths.

Ce dernier a, pour sa part, salué lui aussi l’annonce de la trêve et appelé les belligérants à « saisir cette occasion et cesser immédiatement toutes les hostilités ».

De leur côté, les Emirats Arabes Unis, membre de la coalition militaire qui a retiré ses troupes l’année dernière du Yémen, ont salué la décision de Ryadh de décréter un cessez-le-feu la qualifiant de « sage et responsable ».

Peu avant l’annonce de la coalition militaire, les Houthis ont publié un document résumant leur vision de la manière de mettre fin au conflit. Ils ont appelé au retrait des troupes étrangères et à la fin du blocus de la coalition sur les ports et l’espace aérien du Yémen. Ils ont également exigé que la coalition paie les salaires des fonctionnaires pour la prochaine décennie, et finance la reconstruction du pays, y compris celle des maisons détruites lors des frappes aériennes.

Pour rappel, les Houthis ont déferlé en septembre 2014 sur la capitale Sanaa depuis leur fief du Nord. Avec l’aide de l’ex-Président Ali Abdallah Saleh, ils sont entrés dans Sanaa et se sont emparés de vastes territoires du pays.

Le 26 mars 2015, une coalition menée par Ryadh, a lancé une opération aérienne pour bloquer l’avancée du mouvement armé vers le Sud.

Depuis, le pays vit au rythme de combats et de violences entre les camps rivaux sur fond de crise humanitaire, la pire au monde.

Même si le Yémen n’a enregistré jusqu’ici aucun cas d’infection à la maladie Covid-19, les organisations humanitaires craignent une catastrophe si le pays était touché par le nouveau coronavirus. Avec un système de santé exsangue et une pénurie d’eau potable, le Yémen a déjà été frappé par des épidémies comme la dengue ou le choléra.

Le conflit au Yémen aurait fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils, d’après diverses ONG, et environ 24 millions de Yéménites, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d’aide humanitaire, selon les Nations Unies.

Aps

 

 

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