Washington veut recentrer sa relation économique avec l’Afrique sur le commerce et l’investissement

Washington veut recentrer sa relation économique avec l’Afrique sur le commerce et l’investissement

WASHINGTON- Les Etats-Unis et l’Afrique, réunis vendredi à Washington au niveau ministériel, ont discuté des perspectives d’un renforcement de leur coopération bilatérale que Washington veut recentrer sur le commerce et l’investissement.

L’actuelle administration américaine “cherche carrément à recentrer sa relation économique avec l’Afrique sur le commerce et l’investissement”, a indiqué le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, au cours des ces discussions annuelles auxquelles a pris part le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel.

Les Etats-Unis veulent en effet renforcer la coopération économique avec les pays qui assurent l’ouverture de leurs marchés, selon le département d’Etat, soutenant qu’une Afrique plus dynamique et compétitive économiquement fera croître la classe moyenne, augmentera les niveaux de vie et rendra tout le continent plus prospère.

Le département d’Etat a présenté vendredi une série d’indicateurs économiques permettant de mieux cerner le potentiel de développement en Afrique.

Le commerce et l’investissement entre les Etats-Unis et les pays africains sont en nette croissance. Les exportations américaines vers l’Afrique subsaharienne sont passées de 17 milliards de dollars en 2010 à plus de 25 milliards de dollars en 2014.

En 2016, l’investissement direct des Etats-Unis dans le continent a atteint 57,5 milliards de dollars, un plus haut jamais atteint jusqu’à présent.

“Notre commerce et nos investissements sont plus forts que jamais, et les Etats-Unis voient encore plus d’opportunités dans les années à venir”, a relevé à ce titre le chef de la diplomatie américaine.

L’Afrique c’est aussi un marché en pleine croissance qui recèle un énorme potentiel. En effet cinq des dix économies qui enregistrent la croissance la plus rapide au monde se trouvent en Afrique, et les dépenses de consommation du continent pourraient dépasser les deux (2) trillions de dollars en 2025, selon les mêmes données.

Et d’ici à 2030, l’Afrique devrait représenter environ un quart de la main-d’œuvre mondiale et des consommateurs avec une population de plus de 1,7 milliard d’habitants et à l’horizon 2050 la population du continent devrait doubler pour atteindre plus de 2,5 milliards d’habitants, dont 70% auront moins de 30 ans.

Le défi consiste à offrir une éducation appropriée à cette main-d’œuvre et à se préparer économiquement et financièrement à cet avenir.

Les discussions de vendredi, tenues à huis clos, ont souligné que la croissance économique ne peut se maintenir que dans des économies de bonne gouvernance, mettant en exergue la nécessité de s’attaquer au phénomène de la corruption qui coûte près de 150 milliards de dollars par an au continent, selon une récente étude de l’Union Africaine, citée  par M. Tillerson.

Elles interviennent  aussi dans le sillage d’un regain d’intérêt des Etats-Unis pour le continent après l’avoir négligé durant les premiers mois de la présidence Trump.

“Le travail de nos ambassades continue en Afrique”, a déclaré à l’APS Brian Neubert, porte-parole de langue française du département d’Etat.

La nouvelle administration maintient les mêmes objectifs en matière de coopération économique mais avec des mécanismes et des méthodes différents, a-t-il précisé.

“La coopération économique avec l’Afrique se poursuivra”, a indiqué M. Neubert, précisant qu’il n’est pas dans l’intention des Etats-Unis de renégocier l’AGOA (loi sur la croissance et les opportunités de développement) ou les autres pactes commerciaux les liant aux pays africains.

Mais l’accent sera désormais mis sur le secteur privé pour impulser cette coopération, a-t-il dit citant en cela le projet Power Africa, lancé en 2013 par l’ancien président Barack Obama pour doubler l’accès à l’électricité dans l’Afrique subsaharienne d’ici à 2030.

Aujourd’hui, c’est environ 60 compagnies américaines privées qui sont impliquées dans la mise en œuvre de cet ambitieux projet que la nouvelle administration va poursuivre.

Mais de l’avis de plusieurs spécialistes de l’Afrique aux Etats-Unis, l’administration Trump n’a pas encore une vision claire sur sa démarché africaine l’ancien ambassadeur des Etats Unis, John Campbell, cité vendredi soir par la presse américaine, s’est inquiété des coupes du budget de l’Agence américaine pour le développement International (USAID) qui devrait se traduire par une importante réduction des programmes américains d’assistance en Afrique.

L’autre inquiétude concerne le retard accusé dans la nomination des ambassadeurs dans des pays importants comme l’Afrique du Sud et la confirmation du secrétaire d’Etat adjoint aux affaires africaines, nommé par intérim à ce poste pour une année.

Concernant l’Afrique, George W. Bush avait démontré plus d’enthousiasme que tous les autres présidents américains, y compris Barack Obama, selon Campbell.

Aps

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