Analyse

Venezuela – Tchad : le double jeu français à l’œuvre

Les frappes de l'aviation Française dans l'est du Tchad qui ont ciblé une colonne de pick-up lourdement armés et se dirigeant vers la capitale N'Djamena en provenance de la frontière libyenne ont dévoilé que la présence militaire de la France au Sahel et en Afrique subsaharienne n'a pas pour seule raison la lutte contre les groupes djihado-terroristes qui y sont implantés. 

Venezuela – Tchad : le double jeu français à l’œuvre

Oran par : Kharroubi Habib

Les frappes de l’aviation Française dans l’est du Tchad qui ont ciblé une colonne de pick-up lourdement armés et se dirigeant vers la capitale N’Djamena en provenance de la frontière libyenne ont dévoilé que la présence militaire de la France au Sahel et en Afrique subsaharienne n’a pas pour seule raison la lutte contre les groupes djihado-terroristes qui y sont implantés.

Les Mirage français qui ont opéré ces frappes sont intervenus à la demande du président tchadien Idriss Deby et contre un groupe armé appartenant à l’Union des forces de la résistance (UFR) qui combat son régime et n’a pas d’accointance prouvée avec les mouvances djihado-terroristes. Leur opération dénote que les forces militaires françaises déployées dans la région dans le cadre du dispositif ayant dénomination « Barkhane » ont également pour mission de voler au secours des pouvoirs en place venant à être bousculés par leurs oppositions internes.

Ce qui est le cas au Tchad où l’armée fidèle au président Idriss Deby n’est pas parvenue à stopper la colonne de l’UFR et serait probablement parvenue à N’Djamena sans l’intervention des Mirage français.

Il est difficile de croire que Paris a ordonné les frappes en méconnaissance que la colonne visée n’était pas celle d’un groupe djihado-terroriste mais appartenant à la rébellion tchadienne. Ce qui donne crédit à l’accusation d’ingérence de la part de la France dans les affaires intérieures du Tchad que Paris est en mal de faire tomber et constitue confirmation que la politique Africaine de la France menée sous la conduite d’Emmanuel Macron n’a subi aucune rupture doctrinale ou dans les pratiques avec celle de la Françafrique dont il a juré, promis la fin. Alors qu’il se démène et s’agite pour pousser la communauté internationale à provoquer le renversement de la prétendue dictature Vénézuélienne incarnée par le Président Nicolas Maduro, le Président Français a volé au secours d’Idriss Deby et de son régime dont la nature antidémocratique et liberticide est plus flagrante que celle du premier cité. Il y a que Deby est l’homme à tout faire de la France dans l’Afrique subsaharienne qui en retour ferme les yeux sur le pouvoir dictatorial qu’il exerce sur le peuple Tchadien. Macron et son gouvernement s’indignent d’être accusés d’avoir une politique à géométrie variable sur la question des droits de l’homme et la défense des peuples en butte à des régimes dictatoriaux. En prenant position de façons contradictoires dans les cas du Venezuela et du Tchad, ils ont par eux-mêmes conforté l’accusation.

S’en prendre à Maduro tout en protégeant Idriss Deby ou en s’aplatissant devant les émirs des moyenâgeuse pétromonarchies arabes ne confère pas à Macron et la France qui s’y adonnent d’être des référents moraux dont les positions ont valeur d’exemplarité. La France, berceau des droits de l’homme et du citoyen et phare éclairant pour les aspirants à la démocratie, n’est plus qu’une image d’Epinal dont des intellectuels hexagonaux pervers dans leurs intentions tentent d’en convaincre de la permanence du message.

KH.H

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