Analyse

Une table ronde au résultat incertain

La table ronde à laquelle l'émissaire de l'ONU pour le Sahara occidental a convié les deux parties à ce conflit que sont le Maroc et le Front Polisario, ainsi que l'Algérie et la Mauritanie en tant que pays voisins, aura certes lieu à Genève à la date fixée par lui, puisque tous les concernés ont fait savoir qu'ils acceptaient d'y prendre part. Ce n'est pas pour autant qu'il faut s'attendre à ce que cette table ronde donnera lieu à des échanges susceptibles d'ouvrir la voie à une solution mutuellement acceptable à l'interminable conflit.

Une table ronde au résultat incertain

Par : Kharroubi Habib

La table ronde à laquelle l’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental a convié les deux parties à ce conflit que sont le Maroc et le Front Polisario, ainsi que l’Algérie et la Mauritanie en tant que pays voisins, aura certes lieu à Genève à la date fixée par lui, puisque tous les concernés ont fait savoir qu’ils acceptaient d’y prendre part. Ce n’est pas pour autant qu’il faut s’attendre à ce que cette table ronde donnera lieu à des échanges susceptibles d’ouvrir la voie à une solution mutuellement acceptable à l’interminable conflit.

Aussi bien Horst Köhler, l’émissaire onusien, que le Conseil de sécurité dans sa résolution afférente au Sahara occidental ont rappelé que les quatre parties invitées à cette table ronde devaient venir « de bonne foi et sans pré-conditions ». Ce à quoi n’est visiblement pas disposée la partie marocaine. Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, qui va représenter son pays à la table ronde n’a en effet cessé de soutenir que le Maroc n’a accepté de prendre part à la table ronde que parce qu’il sera tenu compte de ses préalables non négociables à savoir qu’il n’y ait pas de distinction entre les participants, ce qui sous-entend que l’Algérie soit considérée comme partie prenante au conflit ainsi que le voudrait le Makhzen et qu’il ne soit pas question de toute solution qui remettrait en cause l’intégrité territoriale du royaume ou qui prévoirait une option référendaire. Ce qui revient à faire comprendre que le Maroc ne va aller à Genève que pour ne pas désobliger le Conseil de sécurité qui a appuyé l’initiative de l’émissaire onusien mais qu’il ne se prêtera pas à des discussions qui se dérouleraient dans un autre format que celui voulu par le Makhzen et sur des solutions alternatives à celle marocaine d’une large autonomie pour le territoire sahraoui sous occupation.

L’Algérie et le Front Polisario ont certes convenu qu’ils prendront part à la table ronde dans les conditions avancées par Horst Köhler et le Conseil de sécurité mais refuseront de toute évidence à se laisser dicter ce qu’il y a à négocier dans cette rencontre. Il paraît clair que le Maroc fait une fausse lecture du contexte international en y voyant des recompositions géopolitiques dont la tendance l’autorise à compter sur des soutiens déterminants à l’entérinement international du fait accompli de son occupation colonialiste du Sahara occidental. Pourtant cette fausse lecture lui a déjà valu une cuisante déconvenue suite à sa tentative de discréditer et de disqualifier le Front Polisario en l’accusant de collusion avec l’Iran et le Hezbollah libanais. Des acteurs internationaux qu’il a essayé de circonvenir en l’occurrence il n’a obtenu qu’une ferme invite à reprendre le chemin de la table des négociations avec ce même Front Polisario et à s’entendre avec lui sur une solution qui en tout état de cause sera sanctionnée par un référendum d’autodétermination, passage obligé revendiqué par les Sahraouis et admis comme tel par les Nations unies.

  1. H
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