Analyse

Une jubilation à peine contenue

Une jubilation à peine contenue

Par : Kharroubi Habib

Profitant de ce que les troupes d’élite de l’armée syrienne sont déployées à Alep occupées à neutraliser les dernières poches de résistance qui retardent la libération totale de la ville et son retour dans le giron de l’Etat syrien, l’organisation terroriste autoproclamée l’Etat islamique a lancé une vaste offensive sur la ville antique de Palmyre qui a permis aux milliers de combattants qu’elle a engagés dans l’opération de bousculer les militaires du régime qui s’y trouvaient et de leur en reprendre le contrôle. Le retour de l’Etat islamique dans cette ville constitue un revers incontestable pour le régime qui paraissait reprendre la main sur pratiquement tous les fronts que ses compétiteurs ont ouverts contre lui. L’EI est parvenu à le lui infliger en profitant comme dit précédemment de ce que ses forces d’élite sont occupées à reprendre la ville d’Alep, mais surtout parce qu’elle a eu l’étonnante facilité de lancer dans l’opération d’impressionnants effectifs combattants dotés d’un armement lourd comprenant blindés et autres à grande puissance de feu. Des effectifs que l’Etat islamique a rassemblés en puisant dans ce dont elle dispose à Raqqa et autres villes et localités de Syrie alors même qu’il est prétendu que ces zones sous son contrôle sont cernées par les forces de la coalition anti-Etat islamique formée et conduite par les Etats-Unis qui empêche ses combattants d’opérer toute sortie de l’envergure de celle qui leur a permis de se retrouver des milliers à prendre part à l’offensive sur Palmyre.

Il est impossible que le rassemblement et les mouvements de l’impressionnant contingent de combattants de l’Etat islamique ayant pris part à l’offensive contre Palmyre n’ont pas été décelés par les forces de la coalition censées assiéger ses lieux de départ. Il apparaît même presque certain qu’ils l’ont été mais que rien n’a été entrepris par les forces de la coalition pour les contrecarrer à défaut de les empêcher totalement. Dans ce que rapportent les médias en phase avec la coalition anti-Etat islamique sur la reprise par cette organisation de la ville de Palmyre, il y a une jubilation qu’ils contiennent difficilement et est révélatrice de la réjouissance qu’éprouve ce milieu à assister à un retournement de situation qui met en difficulté le régime et ses forces militaires.

Sans aller jusqu’à soutenir que la coalition anti-Etat islamique qui est en même temps et plus encore anti-régime syrien aurait « soufflé » à l’organisation terroriste son offensive sur Palmyre, l’on peut néanmoins avancer que celle-ci arrange singulièrement ses affaires à un moment où se précise l’échec sur tous les fronts de la rébellion syrienne hétéroclite qu’elle a fomentée et soutient contre le régime.

Ce qui est certain c’est que à part de promettre depuis des semaines des opérations militaires d’envergure contre l’Etat islamique en Syrie, cette coalition observe une étrange passivité à son égard dont l’organisation terroriste tire profit pour se redéployer dans la perspective où elle devrait abandonner son fief de Raqqa et d’autres. Ce qu’elle a réussi en tablant sur le fait que les forces du régime sont contraintes à la dispersion par la guerre à plusieurs fronts qu’elles mènent. Pour la soi-disant coalition anti-Etat islamique, l’affaiblissement du pouvoir de Damas prévaut sur toute autre considération, même celle de la lutte contre l’organisation terroriste pour laquelle elle est censée avoir été constituée.
 

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