Analyse

Une absence ne signifiant pas rejet

Une absence ne signifiant pas rejet

Par : Kharroubi Habib

Les parrains de la conférence pour la paix en Syrie qui s’ouvre ce lundi à Astana la capitale du Kazakhstan peuvent se prévaloir de la satisfaction d’être parvenus à convaincre les principaux protagonistes du conflit syrien à venir négocier sous leur égide les conditions d’une pérennisation du cessez-le-feu qui prévaut dans le pays, globalement respecté par toutes les parties qui y ont souscrit hormis les groupes terroristes et salafo-djihadistes exclus des négociations qui l’ont rendu possible. La qualité des participants à cette conférence qui sont du côté de la rebellion anti régime, ceux de groupes armés présents sur le terrain, fait espérer à ces mêmes parrains que s‘ils parviennent à s’accorder sur le maintien du cessez-le-feu, cela aura une traduction concrète sur la situation en Syrie et ouvrirait la perspective à des négociations politiques sur le futur du pays. Ce qui n’est pas un espoir par avance condamné du moment que, contrairement à ce qui s’était produit aux conférences de Genève sur la Syrie, les ennemis syriens ont accepté de se parler directement, donnant ainsi à comprendre qu’ils s’envisagent désormais comme faisant partie de la solution du conflit et donc ne recherchant pas l’exclusion des autres de celle-ci.

Pour ceux qui n’ignorent pas que les camps syriens en présence à Astana sont soumis à des pressions étrangères visant à les empêcher de conclure un accord qui constituerait l’abandon des agendas imaginés pour la Syrie par ceux qui les exercent, l’absence de certaines puissances à la conférence d’Astana peut apparaître comme ne présageant pas d’un résultat annonciateur d’évolution positive pour le conflit. Présage qui n’est pas à prendre pour un mauvais augure délivré uniquement pour jeter le doute sur l’espoir mis en cette conférence d’Astana, surtout quand l’un des absents n’est autre que les Etats-Unis. Il y a toutefois que l’absence de Etats-Unis ne signifie pas qu’ils sont contre l’initiative qui a rendu possible la conférence d’Astana. Ce que Washington a voulu faire transparaître en se faisant représenter à la rencontre par son ambassadeur au Kazakhstan, ce geste vaut message que les Etats-Unis ne se désintéressent pas des négocations inter-syriennes se menant sous l’égide de la Russie et de la Turquie. Le nouveau président américain que l’on crédite de vouloir réviser la politique anti russe de son prédécesseur en favorisant l‘entente russo- américaine sur les principaux dossiers internationaux impliquant les intérêts nationaux et géopolitiques des deux pays, n’a pas, comme pourraient le penser certains, opté pour manifester son opposition à Moscou en n’envoyant pas une délégation du secrétariat d’Etat. Selon le porte-parole de ce département d’Etat, la décision de faire représenter les Etats-Unis uniquement par leur ambassadeur en poste à Astana s’explique par « les exigences de l’alternance politique en cours à Washington ». Justification avancée qui à l’évidence se prête à l’interprétation que Washington n’est pas résolument dans le camp des détracteurs de l’initiative russo-turque et contre l’objectif qui lui a été fixé.

 

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