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Un sculpteur algérien propose la sauvegarde de l’oeuvre d’Aïn El-Fouara

Après la dégradation intentionnelle de la statue
Un sculpteur algérien propose la sauvegarde de l’oeuvre !

Par Fayçal Charif

Abdeslam Graïne, sculpteur algérien issue de l´Ecole des beaux-arts d’Alger, était très touché et affecté, comme tous les artistes et comme bon nombre d’Algériens, par la dégradation qu’a subit lundi la légendaire statue d’Aïn El-Fouara à Sétif, par un individu se réclamant « islamiste » de par son habit, son comportement et son acharnement sur l’oeuvre.

Mais Abdeslam Graïne, réagit et de fort belle manière en proposant de sauver et sauvegarder ce chef d’oeuvre de l’Algérie, symbole de la belle ville de Sétif et fierté de ses habitants. Il lance un appel pressant : « Passée la sidération, et au-delà de la tristesse que je ressens suite à la destruction de la statue du sculpteur Francis de Saint-Vidal qui ornait Aïn El-Fouara, je voudrais, par mon savoir-faire et mon engagement, proposer la prise en charge d’une solution radicale à cette tragédie, avec une équipe professionnelle et qualifiée.

Il explique la démarche en deux étapes. La première étant la restauration de la statue et de son bloc, le moulage de de l’oeuvre et enfin le coulage de la statue en bronze à partir du moulage réalisé.

La seconde étape selon le sculpteur consistera à remplacer la statue d’origine par la statue réalisée en bronze en lieu et place de l’oeuvre. Il sera patiné par un procédé spécial en blanc pour respecter l’identité et la mémoire des lieux. Pour l’original en marbre, l’artiste propose de le mettre à l’abri dans un musée de la ville. Le fin connaisseur explique : « Il faut savoir que le marbre n’est plus indiqué pour des statues en extérieur à cause de la fragilité de la matière avec le temps ».

L’artiste connaisseur met en garde : « En attendant, si ce n’est déjà fait, pour éviter son effondrement, il faut impérativement que les autorités de la ville sécurisent la statue mutilée en la soutenant avec une charpente en bois et en la couvrant d’une bâche imperméable pour éviter les infiltrations d’eau à travers les fissures profondes qu’elle présente ».

Enfin, concernant ce l’individu qui a détruit la statue, Abdeslam  suggère « qu’il soit condamné à des travaux d’intérêt général dans les carrières de marbre de Filfila (Skikda) ». Et d’ajouter : « le temps n’est plus aux larmoiements, mais à la riposte. Haut les cœurs ! »

Le sculpteur se rappelle avec colère et amertume : « Déjà dans les années 1990, quand j’étais étudiant à l´Ecole des beaux-arts d´Alger, j’avais vécu et dénoncé des années durant la mutilation par des étudiants de dizaines de plâtres de nus, copies des chefs-d’œuvre du Louvre, et ce dans l’indifférence totale et le laisser-faire complice des responsables et des enseignants de l’époque ».

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