Analyse

Un regard sur l’Algérie lucide et sans relents d’anti-Algérianisme

Un regard sur l’Algérie lucide et sans relents d’anti-Algérianisme

Par : Kharroubi Habib

Des parlementaires français membres de la commission des affaires européennes sur le volet méditerranéen de la politique de voisinage ont effectué un séjour d’information dans notre pays à l’issue duquel ils ont rédigé un rapport d’une quarantaine de pages dans lequel ils ont pointé avec un discernement qui mérite d’être souligné les raisons pour lesquelles l’Algérie se débat dans une crise économique dont elle ne parvient pas à se dépêtrer et donne l’image d’elle-même d’un pays aux perspectives d’évolution hypothéquées par l’impression de «sclérose» que dégage le pouvoir en place.

Tout en soulignant que l’Algérie est dans une passe économique et politique difficile, les parlementaires français se sont néanmoins gardés de verser pour elle dans les prédictions alarmistes voire apocalyptiques qui ont fait florès délivrées par des « think tanks » et des politologues prompts à noircir le tableau s’agissant du cas de l’Algérie. Ils ont décrit un état des lieux algérien dont la justesse est patente car brossé sans le travers d’être tombé dans la tentation de plaire au pouvoir en place en Algérie auquel ils ont asséné quelques vérités qu’il cherche à masquer en tentant de discréditer systématiquement ceux qui les mettent au jour et sans aussi en tirer la conclusion que le pays est inéluctablement voué à la catastrophe que les détracteurs du régime prétendent entrevoir pour lui.

Probablement intrigués pour ne pas avoir vu l’Algérie emportée par le tourbillon du «printemps arabe» alors qu’on la donnait pour être un pays réunissant toutes les conditions en la situation qui allaient le faire basculer irrémédiablement dans la tourmente, les parlementaires français ont tenté de sérier objectivement les raisons pour lesquelles elle n’a pas eu à vivre le mal nommé «printemps arabe». Celles qu’ils ont retenues n’étonnent pas l’Algérien lambda parce que leur véracité est à ses yeux établie. Il en est ainsi de celle qui prête aux Algériens d’avoir été réservés à l’égard du pseudo-« printemps arabe » au souvenir de la guerre civile ayant frappé leur pays dans les années quatre vingt dix et au vu des tragiques conséquences qu’il a eu pour les pays qui l’ont vécu. Il en va de même pour celle ayant pour origine l’absence d’une réelle pression populaire en faveur d’une évolution du régime que celui-ci est parvenu à contenir, la manne financière dont il a disposé aidant, en achetant la paix sociale et en étant aidé par la faiblesse de l’opposition politique qui plus est désunie et atomisée n’est pas parvenue à structurer un message contestataire audible pour l’opinion publique algérienne.

Si l’Algérie n’a pas explosé comme ont rêvé pour elle ceux qui pour diverses raisons ne lui souhaitent que mal et conflit, elle le doit incontestablement à la maturité politique de son peuple instruit de ce qui découle de l’aventurisme politique. La faute et partant le crime que commettrait le pouvoir en place serait de confondre la retenue qu’observe le peuple algérien avec un blanc-seing de sa part pour continuer dans la gouvernance qui est la sienne ne produisant qu’échecs et dilapidation des atouts qu’a le pays de sortir des impasses où elle l’a fourvoyé.
 

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