Analyse

Un passage en force et une opposition au pied du mur

Un passage en force et une opposition au pied du mur

Par : Kharroubi Habib

La commission juridique de l’APN ayant rejeté tous les amendements proposés par l’opposition, le projet de loi portant régime électoral a été finalement adopté jeudi tel que présenté par l’exécutif. Il en a été de même pour celui ayant trait à la haute instance de surveillance des élections.

En guise d’ultime protestation contre ces projets de loi dont ils dénoncent les dispositions consacrant à leurs yeux l’image d’un régime «dictatorial autoritaire», le FFS, l’Alliance verte et El Adala ont publié un communiqué commun pour annoncer le boycott de la séance de vote par leurs parlementaires. Pour sa part, le PT qui s’est battu contre les projets de loi pour les mêmes raisons que celles annoncées par les partis d’opposition cités plus haut, a opté pour la participation à la séance mais en votant contre.

L’adoption des projets de loi du gouvernement était attendue. C’était s’illusionner en pensant que le pouvoir pouvait reculer devant la levée de boucliers suscitée contre eux dans les rangs de l’opposition. Le FLN qui a fait mine d’être favorable à la suppression voulue par l’opposition des deux articles les plus décriés par elle du projet de loi portant régime électoral et promis à ses composantes qui sont intervenues auprès de lui d’agir dans ce sens, a été très probablement instruit de ne pas chercher à leur donner satisfaction.

L’entrée en vigueur des dispositions contenues dans les deux textes de loi qui encadrent désormais le processus électoral dans le pays va provoquer une reconfiguration de la carte politico-partisane que le député du parti islamiste El Adala, Lakhdar Benkhelaf, pressent comme allant être un «carnage politique». Pressentiment qui ne relève nullement de l’exagération car ils vont être très peu les partis en activité à remplir les conditions posées par la nouvelle réglementation pour leur participation aux compétitions électorales. Ceux qui sont en capacité de les remplir vont devoir aller aux urnes sans avoir obtenu qu’une commission véritable indépendante du pouvoir politique supervise et contrôle l’organisation et le suivi du processus électoral. Ce qui n’augure pas que les scrutins post-révision constitutionnelle seront à l’abri de la manipulation frauduleuse.

L’opposition est au pied du mur après avoir vu que le pouvoir a ignoré ses propositions. Elle ne peut en effet se contenter d’avoir boycotté le vote de ses projets de loi qu’elle a sans concession qualifiés de «scélérats et liberticides». Il lui faut se déterminer et faire connaître la position qui sera la sienne sur des élections organisées dans des conditions qu’elle réprouve. L’on sait des composantes en son sein qui tout en ayant menacé de les boycotter s’il en est ainsi, n’excluent pas cependant d’y prendre part en prétextant que la politique de la chaise vide est au détriment de l’opposition. Ce qui n’est pas faux, sauf que leur participation malgré cela leur vaudra d’être perçues comme étant dans une connivence négociée avec le pouvoir et d’encourir de ce fait la désapprobation de l’électorat et la ruine du crédit qu’elles ont pour certaines d’entre elles recouvré dans le combat politique qu’elles ont animé contre le quatrième mandat de Bouteflika et les conséquences induites pour le pays par le statu quo mortifère qu’il lui a imposé.
 

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