Analyse

Ultime subterfuge pour neutraliser Gbagbo

Si l'acquittement de Laurent Gbagbo par les juges de la Cour pénale internationale (CPI) a évidemment réjoui ses partisans en Côte d'Ivoire et tous ceux qui n'ont pas applaudi à sa chute provoquée par la flagrante ingérence de l'Etat français dans la crise politico-militaire l'ayant opposé à son rival et actuel président ivoirien Alassane Ouattara, il suscite par contre réprobation et contestation au sein des parties ivoiriennes et étrangères qui s'étaient liguées pour le déchoir du pouvoir. 

Ultime subterfuge pour neutraliser Gbagbo

Oran par : Kharroubi Habib

Si l’acquittement de Laurent Gbagbo par les juges de la Cour pénale internationale (CPI) a évidemment réjoui ses partisans en Côte d’Ivoire et tous ceux qui n’ont pas applaudi à sa chute provoquée par la flagrante ingérence de l’Etat français dans la crise politico-militaire l’ayant opposé à son rival et actuel président ivoirien Alassane Ouattara, il suscite par contre réprobation et contestation au sein des parties ivoiriennes et étrangères qui s’étaient liguées pour le déchoir du pouvoir.

Acquitté et donc libéré, l’ancien président ivoirien, un battant politique reconnu, pourrait en effet s’aviser de reprendre le combat contre ses tombeurs. Et c’est bien ce que semblent craindre ces derniers dont on peut soupçonner qu’ils ne sont pas étrangers à la non moins étrange décision du procureur de la CPI de faire appel de l’acquittement de Laurent Gbagbo malgré que les juges ont qualifié de « vide » son dossier à charge. Dans leur requête interjetant appel, ses rédacteurs affirment qu’il existe des « raisons exceptionnelles » de s’opposer à la libération inconditionnelle de l’ancien président ivoirien dont celle qu’il en profiterait pour disparaître dans l’éventualité où le procès se poursuivrait. Pour atténuer ce qu’a d’extravagant l’appel qu’ils ont fait, ils ont suggéré à la Cour pénale internationale qu’elle prononce la remise en liberté de Gbagbo dans un pays membre de l’institution à l’exception de la Côte d’Ivoire, où « le risque de fuite peut être atténué en imposant une série de conditions ».

L’appel formulé par les procureurs de la CPI vise en réalité à priver l’ancien président ivoirien d’un retour rapide dans son pays et d’y opérer un « come-back » politique qui ne sera pas sans effet déterminant sur l’élection présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire. L’échéance n’étant pas lointaine, le subterfuge de l’appel consiste à mettre Laurent Gbagbo dans une situation où il n’apparaîtrait pas totalement lavé des accusations qui lui ont valu d’être déféré devant la CPI et d’avoir subi un internement de 7 années et en mesure de se porter candidat contre Ouattara. L’ignominie serait que la CPI dont les juges ont qualifié de « vide » le dossier à charge contre Laurent Gbagbo donne satisfaction à l’appel du procureur.

En se prêtant à une telle mascarade judiciaire, elle perdrait le peu de crédit que lui octroient encore certains. Ce qui de sa part n’est pas impossible tant elle a fait la démonstration que la justice qu’elle rend se range quasi systématiquement aux côté des puissances qui ont substitué le « droit d’ingérence » à celui international dont les Nations unies ont édicté les fondamentaux. Sa reculade porterait un coup fatal à l’initiative de réconciliation nationale en Côte d’Ivoire que l’acquittement et la libération de Laurent Gbagbo sont susceptibles de rendre possible et que l’homme de la rue ivoirien appelle de ses vœux.

KH.H

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