Tunisie : L’ONG Crisis Group pour un gouvernement “stable et efficace”

Tunisie : L’ONG Crisis Group pour un gouvernement “stable et efficace”

Tunis – L’International Crisis Group a exhorté les partis politiques Tunisiens à montrer “leur sens de l’État” et à mettre en place un “gouvernement stable et efficace”, soulignant que les formations politiques Tunisiennes devraient “se placer au-dessus des conflits” et à œuvrer pour “renforcer la confiance envers les institutions”.

ans un rapport rendu public jeudi dernier, ce groupe de réflexion a fourni une rétrospective et une analyse exhaustives sur la crise politique que traverse actuellement la Tunisie, tout en proposant des solutions à cette situation et des mesures pour restaurer la confiance entre les populations et les institutions du pays. Cette ONG, basée à Bruxelles, a relevé que la Tunisie traverse aujourd’hui une “grave crise politique“, qui s’est manifestée principalement par des “querelles” autour du maintien ou du départ du chef du gouvernement, Youssef Chahed, ainsi que par une lutte pour le contrôle du parti Nida Tounes, l’un des deux piliers de la coalition au pouvoir.

Tout en relavant que “cette crise a paralysé l’action publique et le travail législatif, divise et discrédite la classe politique“, le Think tank international a rappelé que le taux de participation aux dernières élections municipales a démontré “une désaffection, voire un rejet en bloc de la classe politique“. Dans ce sillage, il a précisé que “les rivalités pour le contrôle de Nida Tounes et l’affaiblissement du consensus entre An-Nahda et Nida Tounes ralentissent considérablement l’activité de l’Assemblée nationale, du gouvernement et de l’administration publique“.

Le groupe de réflexion a évoqué, à ce propos, des “dizaines de projets qui sont bloqués en commission, alors que l’échéance pour le vote de la loi de finances de 2019, fondamentale dans le contexte actuel de rétrécissement de la marge de manœuvre macroéconomique, se rapproche (décembre 2018)“. Il en résulte également de cette situation, a soulevé le rapport de l’ONG, qu’”aucun compromis” n’émerge à propos de la nomination des membres de la Cour constitutionnelle et d’un nouveau président de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), des nominations, qu’il considère, “importantes” pour l’organisation des prochains scrutins législatif et présidentiel de 2019.

Évoquant la question du maintien ou du départ du gouvernement de Chahed, qui mine la classe politique tunisienne ces derniers temps, l’International Crisis Group a estimé dans son analyse que cette “incertitude” autour de la poursuite de la mission du Premier ministre a contribué, elle aussi, à “paralyser l’action publique et que beaucoup de hauts fonctionnaires avaient quasiment cessé le travail“.

Des solutions pour dépasser la crise actuelle

Pour dépasser cette crise, l’ONG a exhorté les principales forces politiques et syndicales tunisiennes à se “mettre d’accord” et à considérer que le parlement est la seule institution en mesure de décider du sort du chef du gouvernement. Quant au rôle que pourra assumer l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), le groupe de réflexion a appelé l’organisation syndicale à “préserver la paix sociale au nom de l’unité nationale” et à éviter de “miser sur la confrontation en préparant une rentrée sociale explosive“. D’autant plus que la Tunisie serait, a fait savoir le rapport, contrainte d’appliquer “à la lettre” les recommandations “fermes” du Fonds monétaire international (FMI).

À cet effet, le gouvernement est appelé donc à accélérer le rythme de travail ministériel et participer à la préparation des prochains rendez-vous électoraux, a-t-il suggéré. Dans le cas d’un éventuel départ de Youcef Chahed de son poste de Premier ministre, ceci pourrait engendrer des “tensions sociales et politiques” autour de la composition d’un futur gouvernement d’union nationale, a tenu à mettre en garde Crisis Group. Tenant compte de ce facteur, l’ONG a proposé la formation d’un gouvernement composé de “technocrates“, indiquant que cette décision serait “une solution de dernier recours“.

Une telle mesure aurait le mérite, selon ce groupe de réflexion, de rassurer les hauts fonctionnaires et contribuerait “probablement à apaiser la rancœur de larges franges de la population tunisienne“. “En se retirant momentanément, les principaux partis politiques ne prendraient plus en otage l’action gouvernementale. Ils disposeraient du temps nécessaire pour régler leurs problèmes internes“, a tenu à expliquer l’ONG dans son analyse, citant dans ce contexte le prochain congrès électif de Nida Tounes qui pourrait avoir lieu début 2019.

L’International Crisis Groupe a recommandé, par ailleurs, aux partis politiques tunisiens d’engager un “débat de fond” sur les éléments qui ont rendu possible la crise actuelle pour éviter de répéter “les erreurs passées“.

Aps

 

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