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Tunisie: fin du consensus Nidaa Tounès-Ennahda, les élections de 2019 maintenues

Tunis : L'annonce par le Président Tunisien de la fin du consensus de son Parti Nidaa Tounès avec le mouvement Ennahda constitue un tournant décisif dans le paysage politique dans le pays, à une année des élections Présidentielle et législatives (2019).

Tunisie: fin du consensus Nidaa Tounès-Ennahda, les élections de 2019 maintenues

Tunis : L’annonce par le Président Tunisien de la fin du consensus de son Parti Nidaa Tounès avec le mouvement Ennahda constitue un tournant décisif dans le paysage politique dans le pays, à une année des élections Présidentielle et législatives (2019).

Ce développement intervient alors que depuis plusieurs mois, la Tunisie connaît une crise politique en grande partie liée au sort du chef du gouvernement Youssef Chahed, qui n’a plus l’appui de son parti Nidaa Tounes, mais soutenu par Ennahdha, à la seule condition de ne pas se présenter à la prochaine présidentielle.

Conséquence de ce gel de l’alliance Nidaa Tounès-Ennahda, des demandes de report des scrutins législatif et présidentiel prévus en 2019. Toutefois, le président Béji Caïd Essebsi a assuré lors d’une interview à la chaîne de télévision privée “Al-Hiwar Attounsi”: “Tant que je suis en vie, les prochaines élections de 2019 auront lieu dans les délais”.

“Malheureusement, la campagne a commencé avant l’heure”, a-t-il regretté en direct du plateau de l’émission “La Tunisie aujourd’hui”. Il a ajouté que: “Chacun est libre de se porter candidat aux prochaines élections. Il s’agit là d’un droit constitutionnel”.

Le président Essebsi a affirmé qu’il avait le droit de briguer un nouveau mandat présidentiel, exprimant, toutefois, une incertitude quant à la décision qu’il prendrait dans ce sens. “Chaque chose en son temps”, a-t-il dit.

Fin du consensus Nidaa Tounès-Ennahdha

Evoquant la fin du consensus avec le mouvement Ennahdha, le président Essebsi a précisé qu’il s’agit d’un choix de cette formation politique: “Il n’y aura plus désormais de consensus entre Caïd Essebsi et Ennahdha (…) Il s’agit là d’un choix du mouvement Ennahdha”.

“Après cinq ans de consensus depuis la rencontre de Paris, le mouvement Ennahdha a décidé la semaine dernière de mettre fin au consensus, à sa demande”, a-t-il encore souligné.

“Ma relation avec Ennahdha a été interrompue à l’initiative de ce mouvement qui a choisi de changer de camp. J’ai discuté avec Rached Ghannouchi. Nous ne sommes plus d’accord”, a-t-il expliqué.

Il a aussi appelé à un amendement de la Constitution, après son départ, estimant que le partage du pouvoir entre le président et le Premier ministre n’était pas satisfaisant, assurant qu’elle ne rentrerait en vigueur qu’au prochain mandat.

“J’appelle à changer la constitution après mon départ. il faudra également changer la loi électorale qui n’est plus adéquation avec la situation”, a-t-il notamment dit.

La formation, Nidaa Tounès, qu’il a fondée en 2012, avait fini par faire alliance avec Ennahdha au lendemain des élections législatives de 2014. Elle est affaiblie par une lutte de pouvoir entre le Premier ministre Youssef Chahed et le fils du président, Hafedh Caïd Essebsi, ont constaté des observateurs.

Des désaccords récents entre M. Caïd Essebsi, 92 ans, et Ennahdha ont porté sur le soutien que ce dernier apporte à M. Chahed, et sur un projet de loi soutenu par le président visant à instaurer une égalité entre hommes et femmes en matière d’héritage.

Le mouvement Ennahda, aujourd’hui première formation politique à l’Assemblée, soutient le Premier ministre Youssef Chahed, qui, lâché par Nidaa Tounes, peut désormais compter sur un nouveau bloc parlementaire d’une quarantaine de députés, l’Alliance nationale.

Le sort de M. Chahed derrière la crise politique

Depuis plusieurs mois, la Tunisie connaît une crise politique en grande partie liée au sort de Youssef Chahed qui n’a plus l’appui de son parti Nidaa Tounes, mais qui avait été soutenu par Ennahdha, à la seule condition de ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle.

Ennahdha avait récemment lancé un ultimatum au chef du gouvernement, Youssef Chahed, l’invitant à se focaliser sur les réformes socio-économiques du pays où à démissionner s’il compte se présenter à la prochaine élection présidentielle de 2019.

“Je n’utiliserai pas l’article 99 de la Constitution pour l’instant (…) Je conseille à Youcef Chahed de changer sa position”, a déclaré le président Essebsi.

En vertu de la Constitution, le Président de la République peut demander à l’Assemblée des représentants du peuple, deux fois au maximum durant tout le mandat présidentiel, le vote de confiance sur la poursuite de l’action du Gouvernement. Le vote a lieu à la majorité absolue des membres de l’Assemblée des représentants du peuple.

Si l’Assemblée ne renouvelle pas sa confiance au Gouvernement, il est considéré démissionnaire. Dans ce cas, le Président de la République charge la personnalité la mieux à même d’y parvenir de former un Gouvernement, dans un délai maximum de trente jours.

Si le Gouvernement n’est pas formé dans le délai prescrit ou s’il n’obtient pas la confiance de l’Assemblée des représentants du peuple, le Président de la République peut dissoudre l’Assemblée des représentants du peuple et appeler à des élections législatives anticipées, dans un délai de quarante-cinq jours au minimum et quatre-vingt-dix jours au maximum.

Si les deux fois, l’Assemblée renouvelle sa confiance au Gouvernement, le Président de la République est considéré démissionnaire”.

Aps

 

 

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