Syrie : l’armée reprend le contrôle de plusieurs régions, un processus politique en cours

Syrie : l’armée reprend le contrôle de plusieurs régions, un processus politique en cours

L’année 2017 a été marquée en Syrie par la reprise de contrôle de l’armée de plusieurs régions, des mains de factions armées de l’opposition ou d’organisations terroristes, ce qui a permis d’engager un processus, laborieux certes, de règlement pour une sortie définitive de la crise.

Cette évolution de la situation syrienne constitue un progrès significatif inédit, depuis le déclenchement du conflit il y a sept ans, en dépit des difficultés entravant le processus de règlement politique définitif, ponctué de plusieurs rounds de négociations de paix sous le parrainage d’acteurs internationaux au conflit, à leur tête l’ONU.

C’est là le résultat de victoires éclatantes de l’armée syrienne qui a réussi à reprendre le contrôle sur plusieurs régions, à la faveur d’une série d’opérations avec l’appui de l’aviation russe, faisant peser la balance du côté de l’armée et des forces de sécurité syriennes, en témoignent la situation sur le terrain et les rapports internationaux.

Après plusieurs affrontements entre le gouvernement, déterminé à reprendre le contrôle sur davantage de territoires et les factions armées de l’opposition, à la recherche de nouvelles conquêtes, Damas a réalisé, selon les rapports militaires officiels et les observateurs de la scène syrienne, “d’importants acquis sur le terrain jamais égalés depuis le début du conflit en mars 2011”. Ainsi, le gouvernement syrien a pu amorcer une réflexion sur le processus de réédification et de reconstruction de ce qui a été détruit suite au plan diabolique fomenté contre le peuple syrien.

Pour Damas “on peut désormais crier victoire” en Syrie où la guerre a laissé place à “des affrontements éparses” après que l’armée ait libéré les régions clés du pays de l’emprise des factions armées et des groupes terroristes de l’organisation autoproclamée “Etat islamique” (Daech) et de Jabhat al-Nosra.

La libération d’Alep, exemple le plus éloquent des villes syriennes martyrisées, en sus de Homs, la ville antique de Palmyre, Boukamal et Deir ez-Zor restées longtemps sous domination des rebelles terroristes (Daech) et (al-Nosra), a été un tournant stratégique, en ce sens où elle a préparé le terrain devant l’armée syrienne pour étendre ses opérations militaires, une démarche qui lui a value une avancée impressionnante et permis d’assurer la sécurité d’une population longtemps éprouvée.

En mars 2016, l’armée syrienne s’empare de la cité antique de Palmyre, un joyau archéologique, prise d’assaut par les éléments de Daech à la mi 2015 avant sa reprise à nouveau par les rebelles en décembre 2016. La ville est enfin libérée par l’armée syrienne en mars 2017.

A la faveur de ces “réalisations militaires” plus de 2300 villages et villes syriennes ont adhéré au “processus de réconciliation nationale” en Syrie, les groupes armés ayant accepté de déposer les armes avec des garanties, ce qui a permis à l’armée syrienne de “clôturer le dossier du terrorisme”, de l’avis des responsables en charge du dossier, dans plusieurs villes du pays.

En 2017, le gouvernement a repris le contrôle de 90% des régions syriennes habitées, et partant le grand déploiement des forces russes “n’était plus justifié”, ont affirmé des responsables à Damas et Moscou qui a procédé le mois en cours au retrait de ses troupes de la Syrie”, la mission assignée par l’armée syrienne à ces dernières dans sa bataille livrée aux groupes terroristes, à la demande de Damas, étant accomplie.

En dépit du recouvrement de vastes territoires qui a limité le champ d’action des groupes terroristes, cernés dans certaines régions et de l’application de l’amnistie dans les zones placées sous le contrôle des parties garantes (Russie-Turquie-Iran), il demeure encore tôt de parler d’une fin de guerre en Syrie, au moment où les rapports médiatiques continuent à faire état, au quotidien, de tueries et d’accrochages.

ependant, la communauté internationale et les acteurs du conflit syrien aspirent à parvenir à une solution politique qui paraît encore loin d’atteinte, en raison de la guerre d’intérêts divisant les nombreux acteurs du conflit.

De Genève à Astana, la solution tarde à venir

Alors que l’année 2017 s’achève, la solution politique à la crise en Syrie tarde à venir à force de reports, principalement en raison des scissions entre les délégations représentant le gouvernement et l’opposition aux négociations quant à l’approche relative au règlement politique de la crise et face à la divergence de positions des parties internationales.

Le processus politique lancé par la communauté internationale depuis 2012 sous le parrainage de l’ONU et la médiation de la Russie, la Turquie et l’Iran a échoué en dépit des 8 rounds de négociations de paix organisés à Genève (Suisse) et des 7 autres à Astana (Kazakhstan) depuis janvier 2017.

Le sort du président syrien Bachar el-Assad demeure la pierre d’achoppement dans le processus de négociations, l’opposition exigeant son départ comme préalable à l’amorce d’une phase de transition dans le pays, au moment où le gouvernement place “la lutte contre le terrorisme” en priorité.

A Genève, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan De Mistura a tenté de convaincre Damas d’accepter les élections. “Il est possible de gagner militairement des terres, mails il faut instaurer la paix (…), pour ce faire, vous devez avoir le courage d’inciter le Gouvernement à mettre en place une nouvelle Constitution à même permettre d’organiser, en collaboration avec l’ONU, de nouvelles élections”.

Pour le chef de la délégation du gouvernement syrien, Bachar Al-Djaafari, “De Mistura, compromet sa mission de médiateur en appelant le président russe, Vladimir Poutine, allié international de la Syrie, à faire pression sur Damas pour accepter l’opération électorale”.

Critiquant l’échec de la 8e tournée des pourparlers de Genève de pas avoir réalisé de résultat, un analyste politique syrien a affirmé que les négociations de Genève “font du sur place” ajoutant que l’opposition “continue à mettre le bâton dans les roues en se cramponnant à ses sempiternelles conditions (le départ d’Al-Assad), principal obstacle à toute percée dans le processus politique”.

De son côté, l’ancien ambassadeur américain en Syrie, Robert Ford, a déclaré au sujet des conditions de l’opposition que cette dernière “n’a aucun choix après la défaite militaire qu’elle a subie en Syrie” estimant qu’elle “doit accepter la réalité que Al-Assad reste à son poste…”.

Après l’échec du 8è round de Genève, de l’aveu même de De Mistura, qui a déclaré “nous n’avons pas établi de véritables négociations en dépit des efforts consentis par mon équipe”,  les regards se tournent vers les pourparlers prévus à Astana les 21 et 22 décembre avec la médiation de la Russie, l’Iran, et la Turquie, même si la Russie fonde de grands espoirs sur la réunion de Sotchi devant regrouper, au début de l’année prochaine, tous les parties syriennes.

La guerre a ravagé le quotidien des Syriens

En attendant ce que la nouvelle année pourrait apporter comme solution politique, tant souhaitée par le peuple syrien première victime de ce conflit, la situation humanitaire “tragique” demeure le défi majeur à relever en urgence par la communauté internationale, dont les organisation font état de chiffres “alarmants” sur la situation alimentaire, sanitaire et éducative.

Le Centre syrien pour la recherche politique (SCPR) parle de plus de 50.000 morts en 7 ans de guerre en Syrie. Cette crise humanitaire critique a généré, selon le bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU, 6.1 millions de migrants et 4.8 demandeurs d’asile.

Le nombre de personnes privées d’aides humanitaires en raison du siège imposé aux villes à cause des combats, a atteint un million d’habitants. Presque 70% de la population souffre de l’extrême pauvreté et ne peut bénéficier des aides alimentaires et autres aides nécessaires.

Dans le même sillage, le nombre d’enfants en âge de scolarité a diminué, depuis 2010, de près d’un million alors que 40% des enfants ne sont pas scolarisés.

La guerre en Syrie a ravagé le système éducatif, 1 école sur 4 a été soit détruite soit transformée en abri ou bâtiment militaire. Les écoles qui n’ont pas été détruites ne pouvaient ouvrir leurs portes après qu’un quart des enseignants, quelque 52.000, ait quitté leurs fonctions.

Les habitants des zones libérées sont confrontés à l’absence de services, notamment l’eau et l’électricité, en plus du manque de produits alimentaires et inexistence de centres sanitaires. Les années de guerre ont également détruit l’économie syrienne, ce qui a induit une hausse de chômage de plus de 50%.

Les pertes occasionnées par cette guerre, qui s’éternise, se chiffrent selon le SCPR à quelque 255 milliards de dollars.

Aps

 

 

 

 

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