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Soudan : vers une reprise prochaine des discussions de sortie de crise

Khartoum : Les contestataires au Soudan ont convenu de reprendre "prochainement" les discussions avec le Conseil militaire de transition (CMT), après la satisfaction de leurs principales revendications, au terme de trois jours de désobéissance civile ayant paralysé le pays.

Soudan : vers une reprise prochaine des discussions de sortie de crise

Khartoum : Les contestataires au Soudan ont convenu de reprendre « prochainement » les discussions avec le Conseil militaire de transition (CMT), après la satisfaction de leurs principales revendications, au terme de trois jours de désobéissance civile ayant paralysé le pays.

Selon Mahmoud Drir, représentant du Premier Ministre Ethiopien Abiy Ahmed qui s’était déplacé vendredi dernier dans la capitale Khartoum pour tenter une médiation, l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, a accepté mardi de mettre fin au mouvement de désobéissance civile et les deux parties en conflit « ont accepté de reprendre prochainement les discussions ».

L’ALC, qui réclame depuis plusieurs semaines le départ des militaires et la remise des clefs du pouvoir aux civils, a confirmé cette information dans un communiqué où elle a appelé les Soudanais « à reprendre le travail mercredi ».

Le mouvement de désobéissance civile doublée d’une grève générale ayant paralysé le pays notamment la capitale avait été lancée dimanche, rappelle-t-on, en réaction à la dispersion sanglante par les forces de sécurité soudanaises, le 3 juin d’un sit-in devant le QG de l’armée à Khartoum, une opération qui avait provoqué un tollé international.

Et la décision d’arrêter cette action (désobéissance) a été prise après les décisions apaisantes prises par le Conseil Militaire de Transition (CMT, au pouvoir) portant sur la libération des trois militants soudanais arrêtés au cours de la semaine écoulée et l’arrestation de certains éléments parmi les forces régulières impliqués dans les évènements du 3 juin, ayant fait des dizaines de morts et de blessés parmi les manifestants.

La satisfaction de ces deux points était avancée par les leaders de la contestation comme des préalables de toute reprise de dialogue avec les militaires qui ont pris le pouvoir le 11 avril, après avoir destitué le président Omar Al-Bachir, après près de quatre mois d’un mouvement populaire d’une ampleur inédite.

Le mouvement de protestation a éclaté au Soudan, rappelle-t-on, en décembre 2018 contre le triplement du prix du pain, une décision prise par le gouvernement dans un contexte de crise économique et de mesures d’austérité.

Après la chute d’Omar Al-Béchir, les manifestants ont maintenu un sit-in installé depuis le 6 avril devant le QG de l’armée pour demander le transfert du pouvoir aux civils. Les deux camps avaient alors entamé des discussions sur la période de transition sans réussir à s’entendre sur la composition d’une nouvelle instance dirigeante.

En attendant la reprise du dialogue armée/contestataires, le secrétaire d’Etat américain adjoint chargé de l’Afrique, Tibor Nagy se rendra cette semaine à Khartoum où il appellera, selon le Département d’Etat, « à la fin des attaques contre les civils ».

Pour sa part, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a condamné fermement mardi la violence au Soudan et appelé les militaires au pouvoir et le mouvement de contestation à œuvrer pour trouver une issue à la crise.

Le porte-parole du Secrétaire Général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a aussi appelé le même jour à la fin de la violence au Soudan et à la reprise du dialogue entre les manifestants et le Conseil militaire de transition.

« Nous continuons évidemment à suivre avec une grande inquiétude la situation sur le terrain à Khartoum (…)

Nous voudrions voir mettre immédiatement fin à l’usage d’une force excessive, un redémarrage du dialogue politique », a-t-il déclaré lors d’un point de presse.

Le porte-parole a par ailleurs appelé toutes les parties prenantes à travailler ensemble pour « assurer une transition pacifique dirigée par les civils et une paix durable à travers le pays ».

Début du retour de la situation à la normale

Sur le terrain, la vie a repris doucement mercredi à Khartoum où la présence des forces de sécurité restait importante, selon des correspondants de presse sur place.

Dans les quartiers de la capitale, des bus attendaient leurs passagers aux arrêts habituels et des magasins ont relevé leurs rideaux après trois jours de fermeture dans le cadre du mouvement de désobéissance civile.

Toutefois, le principal marché d’or de la capitale est resté fermé et beaucoup d’habitants semblaient préférer rester chez eux en raison du déploiement massif des forces de sécurité dans les différents quartiers de la ville, selon les mêmes sources.

« Je continue de rester chez moi car je suis inquiet de la présence des forces de sécurité qui sont armées dans les rues », a expliqué à la presse Samar Bachir, employé d’une entreprise privée.

Plusieurs habitants ont affirmé aussi rester chez eux, internet n’ayant pas encore été complètement rétabli dans la capitale, après une coupure quasi-totale lundi soir, entravant ainsi le travail de bureau.

Aps

 

 

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