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SMIC, RSA, TEMPS DE TRAVAIL : Les intox économiques d’Alain Juppé

SMIC, RSA, TEMPS DE TRAVAIL

Les intox économiques d’Alain Juppé

Oui, le maire de Bordeaux est bien un homme de droite… Invité de L’émission politique diffusée sur France 2, le candidat à la primaire de la droite Alain Juppé a tenu à lever les doutes sur ses convictions politiques. Et ses propositions en matière économique le prouvent. Salaire minimum, aides sociales, allocations chômage, Alain Juppé a déroulé quelques-unes de ses propositions pour relancer le pays. Décryptage.

LE SERPENT DE MER DU RSA PLUS AVANTAGEUX QUE LE SMIC

Opposé au maire de Béziers Robert Ménard, Alain Juppé a rebondi sur «un sujet tendance de la primaire LR», comme ironisait Libération il y a quelques mois. «Je veux m’assurer que ces allocations restent en permanence en-dessous du salaire du travail de façon que celui qui travaille ait un meilleur revenu que celui qui vit des minima sociaux, a défendu Alain Juppé au cours d’un échange tendu face au cofondateur de Reporters sans frontières. S’il le faut je ferai baisser le RSA pour que l’on arrive à cet objectif». Ce faisant, le maire de Bordeaux défend l’idée selon laquelle les bénéficiaires du RSA touchent plus que les travailleurs au Smic. Dans l’ouvrage En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté, l’ONG ATD Quart-Monde s’est penchée sur le sujet. Conclusion, «il existe un cas dans lequel l’écart RSA-SMIC n’est pas significatif: celui d’une personne seule et sans enfant», met en avant l’organisation. «Ce cas représente environ 5 % des foyers fiscaux en France» précise ATD Quart-Monde. Dans ce cas unique, «la personne au Smic n’a pratiquement pas accès aux aides (logement, santé, transports, énergie) et l’incitation financière à travailler est très faible ou inexistante» détaille l’organisation. Dans les autres cas étudiés par l’ONG, la différence de revenus varie d’environ 500 à presque 700 euros.

NON, LES FRANÇAIS NE TRAVAILLENT PAS MOINS QUE LEURS VOISINS

A bas les 35 heures, vive les 39 heures. Alain Juppé a justifié sa volonté de vouloir augmenter le temps de travail pour «sortir de cette idée que la France peut continuer à travailler moins que la plupart de nos pays concurrents». Si l’on en croit le maire de Bordeaux, les Français seraient donc les champions de l’oisiveté au travail. C’est d’ailleurs ce que tendent à démontrer les chiffres publiés par le Coe-Rexecode, qui compile les données Eurostat 2015. D’après le cabinet, la durée effective annuelle moyenne de travail des salariés français à temps complet a atteint 1646 heures l’année dernière… et le chiffre est en baisse. La France se retrouve du coup au pied du classement des pays de l’Union européenne. Mais si l’on prend en compte tous les types de contrats, la situation évolue. Dans un graphique, Le Monde montre que l’Hexagone remonte à la dixième place, grâce aux indépendants et les salariés à temps partiels. Les premiers travaillent en France 6% de plus que la moyenne européenne, et les seconds… 42%! Ce qui remet en cause l’idée selon laquelle les Français travailleraient moins que leurs voisins.

Sur le temps de travail, un dernier facteur doit être pris en compte: celui de la productivité. Or, en la matière, la France est une championne. Dans le classement effectué par Le Monde, le pays arrive quatrième à l’échelle européenne, juste derrière le Luxembourg, la Belgique et les Pays-Bas. La France a ainsi un taux de 128,5, supérieur à l’Allemagne (126,9) et largement supérieur au Royaume-Uni (99,4). Conclusion: les Français travaillent moins, peut-être, mais ils sont plus productifs que leurs voisins.

DU PRESQUE «ZÉRO CHARGES» AUX «ZÉRO CHARGES» SUR LE SMIC

Il l’avait expliqué dans le Journal du Dimanche au début du mois d’octobre. Il l’a répété jeudi soir. Alain Juppé veut «zéro charges patronales sur le Smic» afin de relancer l’emploi en France. Or, comme le rappelle Le Monde, la proposition n’a rien d’inédit. L’une des mesures du pacte de responsabilité mis en oeuvre par le gouvernement actuel a justement consisté à exonérer les chefs d’entreprise de la quasi totalité des charges destinées à la Sécurité sociale, rappelait en 2015 France Info. Au total, pour un salarié au Smic, les entreprises doivent s’acquitter de cotisations patronales qui ne dépassent pas 14% du salaire brut. Et si l’on prend en compte l’apport du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), on tombe à… 8%, souligne Le Monde. Un taux déjà très faible et donc pas bien éloigné du «zéro charges» proposé par le candidat Juppé.

«SI LE MARCHÉ DU TRAVAIL REDÉMARRE»

La dégressivité des indemnités chômage fait presque consensus à droite. Elle est défendue aussi bien par Alain Juppé que Nicolas Sarkozy, François Fillon ou encore Bruno Le Maire. Jeudi soir, le maire de Bordeaux a rappelé les modalités de sa mesure. La dégressivité s’activerait après un an, avec une baisse des indemnités de 25%, suivie d’une nouvelle réduction de même ampleur 18 mois plus tard. Le maire de Bordeaux promet toutefois un plancher de 870 euros, pour éviter que les subventions ne baissent trop.

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Les intox économiques d’Alain Juppé

Oui, le maire de Bordeaux est bien un homme de droite… Invité de L’émission politique diffusée sur France 2, le candidat à la primaire de la droite Alain Juppé a tenu à lever les doutes sur ses convictions politiques. Et ses propositions en matière économique le prouvent. Salaire minimum, aides sociales, allocations chômage, Alain Juppé a déroulé quelques-unes de ses propositions pour relancer le pays. Décryptage.

LE SERPENT DE MER DU RSA PLUS AVANTAGEUX QUE LE SMIC

Opposé au maire de Béziers Robert Ménard, Alain Juppé a rebondi sur «un sujet tendance de la primaire LR», comme ironisait Libération il y a quelques mois. «Je veux m’assurer que ces allocations restent en permanence en-dessous du salaire du travail de façon que celui qui travaille ait un meilleur revenu que celui qui vit des minima sociaux, a défendu Alain Juppé au cours d’un échange tendu face au cofondateur de Reporters sans frontières. S’il le faut je ferai baisser le RSA pour que l’on arrive à cet objectif». Ce faisant, le maire de Bordeaux défend l’idée selon laquelle les bénéficiaires du RSA touchent plus que les travailleurs au Smic. Dans l’ouvrage En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté, l’ONG ATD Quart-Monde s’est penchée sur le sujet. Conclusion, «il existe un cas dans lequel l’écart RSA-SMIC n’est pas significatif: celui d’une personne seule et sans enfant», met en avant l’organisation. «Ce cas représente environ 5 % des foyers fiscaux en France» précise ATD Quart-Monde. Dans ce cas unique, «la personne au Smic n’a pratiquement pas accès aux aides (logement, santé, transports, énergie) et l’incitation financière à travailler est très faible ou inexistante» détaille l’organisation. Dans les autres cas étudiés par l’ONG, la différence de revenus varie d’environ 500 à presque 700 euros.

NON, LES FRANÇAIS NE TRAVAILLENT PAS MOINS QUE LEURS VOISINS

A bas les 35 heures, vive les 39 heures. Alain Juppé a justifié sa volonté de vouloir augmenter le temps de travail pour «sortir de cette idée que la France peut continuer à travailler moins que la plupart de nos pays concurrents». Si l’on en croit le maire de Bordeaux, les Français seraient donc les champions de l’oisiveté au travail. C’est d’ailleurs ce que tendent à démontrer les chiffres publiés par le Coe-Rexecode, qui compile les données Eurostat 2015. D’après le cabinet, la durée effective annuelle moyenne de travail des salariés français à temps complet a atteint 1646 heures l’année dernière… et le chiffre est en baisse. La France se retrouve du coup au pied du classement des pays de l’Union européenne. Mais si l’on prend en compte tous les types de contrats, la situation évolue. Dans un graphique, Le Monde montre que l’Hexagone remonte à la dixième place, grâce aux indépendants et les salariés à temps partiels. Les premiers travaillent en France 6% de plus que la moyenne européenne, et les seconds… 42%! Ce qui remet en cause l’idée selon laquelle les Français travailleraient moins que leurs voisins.

Sur le temps de travail, un dernier facteur doit être pris en compte: celui de la productivité. Or, en la matière, la France est une championne. Dans le classement effectué par Le Monde, le pays arrive quatrième à l’échelle européenne, juste derrière le Luxembourg, la Belgique et les Pays-Bas. La France a ainsi un taux de 128,5, supérieur à l’Allemagne (126,9) et largement supérieur au Royaume-Uni (99,4). Conclusion: les Français travaillent moins, peut-être, mais ils sont plus productifs que leurs voisins.

DU PRESQUE «ZÉRO CHARGES» AUX «ZÉRO CHARGES» SUR LE SMIC

Il l’avait expliqué dans le Journal du Dimanche au début du mois d’octobre. Il l’a répété jeudi soir. Alain Juppé veut «zéro charges patronales sur le Smic» afin de relancer l’emploi en France. Or, comme le rappelle Le Monde, la proposition n’a rien d’inédit. L’une des mesures du pacte de responsabilité mis en oeuvre par le gouvernement actuel a justement consisté à exonérer les chefs d’entreprise de la quasi totalité des charges destinées à la Sécurité sociale, rappelait en 2015 France Info. Au total, pour un salarié au Smic, les entreprises doivent s’acquitter de cotisations patronales qui ne dépassent pas 14% du salaire brut. Et si l’on prend en compte l’apport du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), on tombe à… 8%, souligne Le Monde. Un taux déjà très faible et donc pas bien éloigné du «zéro charges» proposé par le candidat Juppé.

«SI LE MARCHÉ DU TRAVAIL REDÉMARRE»

La dégressivité des indemnités chômage fait presque consensus à droite. Elle est défendue aussi bien par Alain Juppé que Nicolas Sarkozy, François Fillon ou encore Bruno Le Maire. Jeudi soir, le maire de Bordeaux a rappelé les modalités de sa mesure. La dégressivité s’activerait après un an, avec une baisse des indemnités de 25%, suivie d’une nouvelle réduction de même ampleur 18 mois plus tard. Le maire de Bordeaux promet toutefois un plancher de 870 euros, pour éviter que les subventions ne baissent trop.

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