Analyse

Siège de Raqqa: un deal ignominieux et criminel

Siège de Raqqa: un deal ignominieux et criminel

Par : Kharroubi Habib

A Raqqa où le dernier carré de combattants de l’organisation terroriste autoproclamée l’Etat islamique s’est retrouvé cerné par les forces de la coalition qui encadrent les milices kurdes, des négociations entre les deux parties ont eu lieu dont il en a résulté l’organisation de l’évacuation des djihadistes isolés dans les deux poches encore sous leur contrôle dans la ville retardant ainsi la reprise totale de celle-ci par les assiégeants. Ce deal entre ennemis se combattant prétendument à mort, la coalition anti-Daech l’a justifié en prétextant de l’argument humanitaire de la sauvegarde des centaines de civils que les terroristes ont empêchés de fuir les réduits qu’ils contrôlent et s’en servent comme boucliers et otages. Pour aussi vrai que ce problème humanitaire s’est posé à la coalition et aux milices kurdes qu’elle encadre, il n’est pas pourtant celui qui les a fondamentalement motivés à passer accord avec les terroristes encore présents et résistant dans Raqqa.

Pour comprendre l’attitude de la coalition et de ses supplétifs kurdes, il faut avoir présent à l’esprit qu’il y a une course de vitesse en cours entre eux et l’armée syrienne pour la prise de la ville de Raqqa et de sa province. Pour tenter de la gagner, il fallait aux forces de la coalition en finir au plus vite avec le siège de cette ville qui les contraint à y consacrer l’essentiel de leurs capacités militaires. Le moyen rapide d’en finir avec ce siège a été pour eux de convenir avec les terroristes leur départ de leurs réduits avec garantie pour leurs vies et celles de leurs familles. Ils s’y sont d’autant résolus qu’ils savent que les terroristes ainsi exfiltrés par eux de Raqqa iraient renforcer leurs congénères qui tentent de résister à l’avance de l’armée syrienne vers la province de Raqqa à partir de celle de Deir Ez-Zor et contribueraient ainsi à la retarder sinon à la mettre en échec.

La coalition et ses supplétifs kurdes ont paru avoir été en divergence sur qui autoriser d’entre les terroristes à quitter les réduits où ils se terrent. La première a proclamé dans un premier temps que l’évacuation ne concernerait que les combattants syriens de l’organisation terroriste et que leurs acolytes étrangers n’auront d’autre alternative que de se rendre ou d’être tués. En faisant ce tri, la coalition montre qu’elle a été dans le calcul qu’il lui faut préserver ce qui reste à l’organisation terroriste de stipendiés syriens et lui permettre ainsi de continuer à exercer sa nuisance en Syrie contre le régime de Bachar El Assad et dans le même temps à neutraliser la menace que représente pour certains de ses Etats membres la présence de leurs ressortissants parmi les combattants à Raqqa qui échappant à la capture ou à la mort pourraient avoir pour projet de retourner dans leurs pays respectifs pour y échafauder des opérations terroristes.

Les milices kurdes qui constituent l’essentiel des supplétifs de la coalition n’ont pas souscrit par calcul au tri qu’a envisagé celle-ci pour l’opération d’évacuation. Il leur fallait en effet tenir compte de l’opinion des milices arabes avec lesquelles elles sont alliées plus contre le régime syrien que contre l’organisation terroriste autoproclamée l’Etat islamique. Pour ces milices arabes et même celles kurdes, les combattants terroristes défaits sont des alliés potentiels pour le seul combat qui vaut à leurs yeux : celui de soustraire la région de Syrie dont elles ont le contrôle à l’autorité du régime de Damas. Elles ont apparemment imposé leur point de vue à la coalition puisque l’évacuation a concerné tous les terroristes encore présents à Raqqa.

Ce qui démontre à l’évidence qu’en Syrie la coalition et ses supplétifs ne sont pas en guerre pour éradiquer l’organisation terroriste Daech mais uniquement pour empêcher le régime à rétablir son autorité sur l’ensemble du territoire syrien. Une stratégie certes retardatrice pour les forces loyalistes mais vouée à l’échec comme le prouve le fait que l’armée syrienne a déjà libéré près de 80% du territoire national syrien.

 

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