Analyse

Réforme de l’UA: vers une refondation ou une révision technique ?

Réforme de l’UA: vers une refondation ou une révision technique ?

Par : Kharroubi Habib

Depuis que la question de la réforme des institutions et du mode de fonctionnement de l’Union africaine a commencé à faire débat dans les sommets de l’organisation, l’Algérie n’a eu cesse d’affirmer qu’elle partage l’impératif mais en précisant que les réformes dont l’Union africaine a besoin doivent être pratiques et techniques et non pas politiques. En faisant cette précision, elle a clairement affiché qu’elle s’opposera à une révision politique qui toucherait les principes et les objectifs de l’Union africaine.

Or c’est bien ce à quoi le Maroc et le bloc des Etats qui le soutiennent sur la question du Sahara occidental tentent d’aboutir en prônant que la réforme de l’Union doit avoir un contenu allant au-delà de la seule révision de son fonctionnement technique et de ses structures pour améliorer leur rendement. Ce qu’ils visent en réalité c’est qu’il soit rendu caducs les fondamentaux sur lesquels l’Union africaine s’est basée pour prendre position sur le conflit du Sahara occidental consistant en la reconnaissance pour le peuple sahraoui au droit à l’autodétermination et à l’adhésion en son sein de la RASD. L’on verra à l’occasion de la 36ème conférence ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement africains dont les travaux s’ouvrent demain dans la capitale mauritanienne Nouakchott et à laquelle le président rwandais Paul Kagame fera rapport sur les progrès réalisés en ce qui concerne les réformes institutionnelles de l’UA dont le chantier a été placé sous son autorité si le bloc pro-marocain est parvenu à disposer en sa faveur le comité qui a travaillé sur le sujet.

L’Algérie ainsi que les autres Etats membres de l’Union africaine qui partagent sa vision sur la réforme institutionnelle de l’organisation sont d’une vigilance intransigeante à l’endroit de ce qui s’est discuté à Kigali. A Alger où il est venu en visite le 18 juin, le haut représentant de l’Union, Donald Kaberuka, a dû certainement vérifier que l’Algérie n’est pas disposée à accepter des dispositions dans le projet de réforme de l’organisation panafricaine dont l’application se retournerait contre la République arabe sahraouie démocratique (RASD), mais aussi contre le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA, lui aussi dans la ligne de visée du Maroc et de ses alliés pour la raison à leurs yeux qu’il est inféodé à l’Algérie qui en détient la présidence d’une façon inamovible.

Au cas où le missionnaire de l’Union africaine ne serait pas parvenu à convaincre Kagame et le comité de réformes placé sous son autorité qu’ils doivent s’en tenir à proposer non une réforme fondamentale mais une révision ne touchant pas les fondamentaux politiques de l’organisation panafricaine, il y a à attendre que la 36ème conférence ordinaire de Nouakchott vivra de chauds moments et de houleuses confrontations après que le président de la commission exécutive de l’Union lui aura fait rapport sur le dossier du Sahara occidental et que le président rwandais lui fera lecture du sien sur l’état d’avancement du projet de réforme de l’organisation.

KH.H

 

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