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RDCongo : manifestations à Beni et Goma contre le report partiel des élections générales

KINSHASA - Plusieurs centaines de personnes manifestaient jeudi à Beni contre le report des élections générales prévues dimanche dans cette région de l'Est de la République Démocratique du Congo (RDC) pour "risque de propagation d'épidémie d'Ebola et d'attaques terroristes, avancés par la Commission électorale".

RDCongo : manifestations à Beni et Goma contre le report partiel des élections générales

KINSHASA – Plusieurs centaines de personnes manifestaient jeudi à Beni contre le report des élections générales prévues dimanche dans cette région de l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) pour « risque de propagation d’épidémie d’Ebola et d’attaques terroristes, avancés par la Commission électorale ».

Les électeurs de trois villes de la République Démocratique du Congo connues pour être des bastions de l’opposition ne voteront pas à l’élection Présidentielle de dimanche, a annoncé mercredi la commission électorale qui invoque des raisons de santé publique et de sécurité.

Ils le feront en mois de mars prochain. Deux des villes concernées, Beni et Butembo, sont situées dans la province du Nord-Kivu, dans l’est du pays. Elles sont confrontées à une épidémie d’Ebola depuis août.

La décision s’applique également aux zones rurales situées aux abords de Beni. La troisième ville, Yumbi, dans l’ouest, est le théâtre de violences ethniques qui ont fait plus de 100 morts la semaine dernière. Au total, ces trois districts représentent plus de 1,2 million d’électeurs, sur un total de 40 millions d’électeurs inscrits dans toute la RDC.

Dans un communiqué, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a annoncé mercredi que « les élections directes dans les circonscriptions électorales de Béni, Béni ville et Butembo ville, en province du Nord-Kivu, ainsi que Yumbi, dans la province de Maï-Ndombe, (…) sont programmées au mois de mars prochain ».

Pour le Nord-Kivu, la CENI met en avant « la persistance de l’épidémie de la maladie à virus Ebola » et « la menace terroriste qui place sur cette région ».

Elle souligne que les mouvements des électeurs vers leur bureau de vote augmentent « le risque de propagation de cette maladie et favorisent opportunément les attaques terroristes ». Pour Yumbi, la commission estime que la « tension persistante ne permet pas la tenue des scrutins apaisés dans le délai imparti ».

Nous avons bien conscience que c’est difficile, mais telle est la situation à laquelle nous sommes confrontés », a dit à la presse le porte-parole de la CENI, Jean-Pierre Kalamba. – L’opposition dénonce des prétextes fallacieux- Le principal candidat de l’opposition, Martin Fayulu, a mis la CENI en garde contre toute tentative visant à suspendre le vote à Béni et à Butembo.

« Le prétexte d’Ebola est fallacieux car il y a bien eu campagne dans ces contrées. C’est une énième stratégie pour détourner la vérité des urnes », écrit-il sur Twitter. Les élections Présidentielle, législatives et régionales, qui devaient initialement avoir lieu en novembre 2016, ont été reportées à plusieurs reprises, ce qui a déclenché des violences au cours desquelles des dizaines de personnes ont été tuées.

Des coups de feu ont été entendus jeudi matin à Béni où les manifestants se sont rassemblés devant le quartier général des institutions et ONG mobilisées contre Ebola qui a fait 356 morts depuis début août. A Goma, ville également située dans l’est du pays, des barricades ont été dressées dans les quartiers Majengo, Katimbo et à l’entrée de l’université, selon des médias locaux.

Des grenades lacrymogènes ont été tirées par la police qui a interpellé au moins six personnes, selon les mêmes sources. Ces élections doivent tourner une page en RDC, qui ne sera plus présidée par Joseph Kabila, au pouvoir depuis l’assassinat de son père, Laurent-Désiré, en 2001.

Mais, à 47 ans seulement, Kabila a indiqué dans une interview début décembre qu’il entendait continuer à faire de la politique après la Présidentielle et qu’il n’excluait pas d’être de nouveau candidat à la magistrature suprême en 2023. Les résultats définitifs de la Présidentielle seront annoncés le 15 janvier et le nouveau Président sera investi trois jours plus tard.

Vive inquiétude face à la violence qui règne dans le pays

Des chefs d’Etat et Ministres des Affaires Etrangères de l’Afrique Australe (SADC) et de la région des Grands Lacs (CIRGL) étaient réunis à Brazzaville, mercredi, pour examiner la situation en RDC.

Le mini-sommet de la (CIRGL) et de la (SADC) a invité dans son communiqué final toutes les parties concernées à faire preuve de « retenue » dans la perspective du scrutin Présidentiel en RDC.

Cinq chefs d’Etats Africains ont appelé la classe politique et la société civile à l’apaisement et à la retenue, en vue de la tenue des scrutins dans la sérénité », a souligné le communiqué final du mini-sommet tenu mercredi soir auquel ont pris part les Présidents de la République du Congo, de l’Angola, de la Zambie, de la Namibie, et du Botswana, ont ajouté les mêmes sources.

Ils ont exprimé leur « vives préoccupations « face aux actes de violence qui ont émaillé la campagne électorale dans certaines localités » de la RDC, et ont réaffirmé leur « profond attachement à la tenue des élections apaisées, libres, démocratiques et transparentes ».

Après ce sommet, une délégation sera dépêchée jeudi à Kinshasa pour informer le Président Joseph Kabila des conclusions de cette rencontre sous-régionale, ont fait savoir les médias locaux.

Aps

 

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