Analyse

Quand le coup de téléphone fait office de pression

Quand le coup de téléphone fait office de pression

Par : Kharroubi Habib

Depuis son entrée en fonction, le président français Emmanuel Macaron s’est entretenu téléphoniquement à deux reprises avec son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika. Les deux fois selon les sources officielles leur entretien aurait porté principalement sur des problèmes liés à l’application de l’accord d’Alger pour le Mali et à la situation qui prévaut au Sahel en général. La concertation entre Paris et Alger sur ces sujets n’est pas une nouveauté car ayant été rendue nécessaire par leur implication dans le processus de paix visant à résoudre la crise malienne et dans la lutte antiterroriste menée dans la région.

Il est à souligner que les présidents français et algérien ont eu leurs entretiens téléphoniques pour le premier après que Macron eut rendu visite aux militaires français déployés dans le Nord-Mali dans le cadre de l’opération «Barkhane» vouée à la poursuite des groupes armés djihado-terroristes qui y sévissent et pour le second la veille du départ du même Macron à Bamako où il participera aujourd’hui au sommet du G5 Sahel regroupant les Etats du Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad et Mauritanie, consacré au projet voulu par eux de mise sur pied d’une force militaire d’intervention commune pour combattre plus efficacement ces groupes armés djihado-terroristes devenus de plus en plus entreprenants et constituant une menace qui s’accentue pour leur sécurité nationale. Officiellement, il y aurait convergence de vue entre Paris et Algérie sur les deux sujets ayant fait l’objet des entretiens téléphoniques entre Bouteflika et Macron. Il se dit néanmoins que les deux Etats ne sont pas en partenariat sans nuage et sur l’application de l’accord de paix d’Alger pour le Mali et sur la stratégie de la lutte antiterroriste engagée au Sahel contre les groupes armés qui y sévissent.

Dans les deux cas, des sources officieuses françaises prétendent que Paris ferait reproche à l’Algérie, principale puissance régionale, de ne pas faire assez en sa qualité de pilote de la mise en application du processus de paix tracé par l’accord d’Alger pour le Mali et d’Etat disposant de la force militaire susceptible d’en imposer aux groupes armés djihado-terroristes. Appréciation dont elles déduisent qu’il faut interpréter les appels téléphoniques de Macron à Bouteflika comme relevant de la tentative par le premier d’exercer la pression sur son homologue algérien pour qu’il engage son pays à s’impliquer au Sahel plus qu’il ne le fait présentement. Du côté algérien, l’on a assurément quelque méfiance quant au rôle que joue la France dans la région du Sahel, parce que perçu comme voué à contrer l’influence de l’Algérie en celle-ci en avivant la méfiance à son égard des pays sahéliens.

Si Paris met la pression sur Alger pour l’impliquer plus avant au Sahel, c’est tout bonnement au constat que la France ne peut plus à elle seule supporter les contraintes d’une présence militaire dans le Sahel en mesure de contrer victorieusement la menace terroriste. Faute d’avoir obtenu la contribution onusienne, européenne et américaine à son effort de guerre dans la région, elle pousse désormais l’Algérie à lui accorder la sienne. Ce que celle-ci a toute raison de lui refuser en arguant de sa doctrine du refus de l’engagement de son armée nationale hors des frontières du pays et de sa divergence de vision avec la France sur la façon de résoudre les problèmes qui se posent à la région et en Afrique en général.

 

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