Analyse

Pourquoi Sellal a évoqué la question de bases militaires étrangères ?

Pourquoi Sellal a évoqué la question de bases militaires étrangères ?

Par : Kharroubi Habib

Quand la flottille militaire destinée à renforcer le dispositif de l’intervention russe en Syrie en appui aux forces du régime a entamé son périple pour rallier les côtes de ce pays, l’on a assisté au déchaînement d’une campagne médiatique visant à présenter sa présence en Méditerranée comme représentant une menace pour l’ensemble des pays qui bordent cette mer. Washington et l’OTAN ont pour leur part mis en garde qu’ils n’apprécieront pas que ces Etats autorisent la flottille russe à faire des escales de ravitaillement dans leurs ports et ont dû probablement exercer des pressions sur eux pour qu’ils refusent une éventuelle demande russe dans ce sens.

L’on ne sait si la flottille russe avait nécessité de faire des escales de ravitaillement et si les autorités moscovites ont formulé à cet effet des demandes aux Etats ayant des ports situés sur la route navale empruntée par la flottille, mais le fait est que celle-ci n’a accosté dans aucun si ce n’est à Oran selon une information rapportée par certains médias nationaux mais n’ayant été ni infirmée ni confirmée par les autorités algériennes. Ce qui est bien intrigant de leur part sachant qu’elles ne laissent pas sans réponse toute supputation en relation avec des questions de défense nationale.

Le Premier ministre Abdelmalek Sellal en a-t-il esquissé une en affirmant dans son intervention devant les walis que l’Algérie ne dispose pas de bases militaires étrangères sur son territoire. Si c’est le cas, son affirmation n’apporte aucun éclaircissement sur l’attitude adoptée par l’Algérie à l’égard de la flottille russe ayant rallié la Méditerranée. Et la question demeure de savoir qu’elle est la position de ses autorités sur ce problème posé par cette présence en Méditerranée de la flottille militaire russe et sur les injonctions formulées à son encontre par Washington et l’OTAN. Autoriser ou non escale dans ses ports à une flotte armée d’un pays relève de la souveraineté nationale des Etats dont la décision se prend sur la base de considérations basées sur la nature des relations qu’ils ont avec l’Etat d’origine de cette flotte. En l’occurrence, la Russie est un pays ami de l’Algérie partageant avec elle des positions très proches dans le domaine des relations internationales.

De ce fait, la présence de sa flotte en Méditerranée ne représente pas pour l’Algérie une menace plus réelle que celle des pays de l’Alliance atlantique qui y pullulent dans le cadre d’agendas politico-militaires dont elle réprouve les buts. Ce que les autorités algériennes auraient dû clairement et franchement déclarer quand l’information est sortie faisant état de l’octroi par l’Algérie de l’autorisation à la flottille russe de faire escale à Oran. Au lieu de cela, Sellal s’est contenté en son nom d’affirmer que son territoire n’abrite aucune base militaire étrangère. Comme s’il craignait que l’éventuelle facilité qui aurait été accordée à cette flottille russe serve de prétexte pour créditer que l’Algérie en accorderait une à Moscou et justifiant pour ceux qui le prétendent que l’Algérie a partie liée avec la Russie dans la confrontation géopolitique qui l’oppose à leurs Etats. Faite hors contexte, l’affirmation de Sellal est passée pratiquement sans capter l’intérêt. A moins qu’ayant été faite ainsi pour ne retenir que celui des milieux étrangers ayant fait pression sur l’Algérie à propos de la flottille russe.

 

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