Plus de 60% des femmes marocaines ont été victimes de violences

Plus de 60% des femmes marocaines ont été victimes de violences

BRUXELLES – La députée européenne Maria Arena a dressé mardi un diagnostic accablant de la situation de la femme au Maroc, affirmant que plus de 60% des femmes marocaines, soit près de 6 millions, ont subi un acte de violence.

Intervenant devant la commission des droits de la femme et de l’égalité des genres au Parlement européen, cette eurodéputée a soutenu qu'”aujourd’hui, 62,8% des femmes marocaines déclarent avoir subi un acte de violence, soit près de 6 millions de femmes qui ont pu être touchées par la violence”.

Selon Maria Arena, rapporteuse de la commission pour le partenariat sud, les cas de violences faites aux femmes marocaines sont “extrêmement présents à l’intérieur de la sphère privée”, précisant que 55% de ces femmes déclarent avoir été confrontées à la violence dans le cadre conjugal.

L’eurodéputée qui intervenait dans le cadre d’un échange de vues avec des parlementaires marocaines a affirmé, en outre, que 15% de ces femmes soit 1,4 million, ont déclaré avoir été victimes de violences physiques et 8,7%  ont été victimes de violences sexuelles.

Evoquant la question des mariages forcés, encore présents dans ce pays, Maria Arena a soutenu que 12% de ces mariages concernent des enfants mineurs.

“En 2013, 35.000 filles marocaines ont été concernées par la question des mariages forcés”, a-t-elle ajouté.

Sur le plan législatif, la députée européenne Marie Arena a estimé que “des progrès importants” restent à accomplir au Maroc, exhortant les parlementaires de ce pays à “favoriser le débat” sur les lois à promulguer pour lutter contre les violences faites aux femmes.

“Nous devons, en tant qu’élus européens, mettre systématiquement la question de l’égalité des genres, à l’agenda de nos rencontres politiques et diplomatiques avec nos collègues marocains, même si cela ne fait pas plaisir”, a-t-elle plaidé, soulignant la nécessité d’ “introduire la question de l’égalité des genres dans les accords UE-Maroc”.

De son côté, l’eurodéputée Angela Vallina a dénoncé les violences faites aux femmes sahraouies dans les territoires occupés du Sahara occidental, rappelant la position de cette commission qui a déjà adopté un rapport sur les droits des femmes et l’égalité des genres au Sahara occidental.

La Commission, a-t-elle poursuivi, a condamné dans ce rapport les violations des droits humains des femmes sahraouies dans les territoires occupés, notamment la maltraitance et les violences sexuelles dont sont victimes ces femmes.

“Ce sont les procédés utilisés par les forces d’occupation marocaines pour asseoir leur autorité sur les territoires occupés, a-t-elle regretté.

Cette députée européenne a soulevé, également, la question de la persistance du fléau du mariage des mineurs au Maroc, déplorant le suicide d’une jeune fille forcée à épouser son violeur.

Angela Vallina a condamné, par ailleurs, l’attitude du roi du Maroc qui s’est proposé de payer les frais de justice d’un chanteur marocain accusé de viol à Paris.

L’eurodéputée Liliana Rodrigues a mis l’accent dans son intervention sur les difficultés qu’éprouvent les femmes marocaines à obtenir le divorce, contrairement aux hommes qui jouissent, selon le code marocain de la famille, de tous les droits.

Aps

 

 

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