Analyse

Nord-Mali: inquiétante intensification d’actions terroristes

Nord-Mali: inquiétante intensification d’actions terroristes

Par : Kharroubi Habib

Au Nord-Mali, l’on assiste ces derniers temps à une inquiétante intensification d’attaques terroristes qui révèle que les groupes armés djihadistes ayant été les cibles de l’opération militaire française « Serval » qui en a amoindri les capacités offensives ont retrouvé une partie de celles-ci. Ils le démontrent non pas par des attentats suicides mais par des opérations commandos dirigées contre la force onusienne de maintien de l’ordre (Minusma) ou les éléments de l’armée nationale malienne déployés dans la région.

Leur message en est qu’ils sont de retour au Nord-Mali et aptes à se confronter au dispositif sécuritaire mis en place pour l’empêcher. Les attaques terroristes qui se sont produites ces derniers jours au Nord-Mali ont été pour certaines d’entre elles revendiquées par le groupe Ansar El Dine, les autres par Aqmi, mais leur rapproché dans temps donne à penser que les deux organisations djihado-terroristes ont engagé en concertation leur offensive. Il est clair que leur but vise à casser la dynamique de réconciliation intermalienne qui a commencé à s’ébaucher au Nord-Mali avec la mise en œuvre des dispositions prévues à cet effet par l’accord d’Alger.

La recrudescence de l’activisme de ces groupes djihado-terroristes a dû sans aucun doute mettre en alerte les autorités militaires et sécuritaires de l’Algérie dont l’attention s’est focalisée principalement sur le danger qui pourrait venir pour le pays de sa frontière avec la Libye considérée à juste titre comme étant devenue le pays où s’échafaudent les opérations de déstabilisation le visant. Certes, les autorités algériennes n’ont pas eu la naïveté de croire que l’opération militaire française « Serval » a débarrassé le Nord-Mali des groupes armés djihado-terroristes qui l’ont infesté, ni que l’opération « Barkhane » qui lui a succédé est en mesure de contrer leur redéploiement dans la région et la reprise par eux du contrôle de tout ou partie de celle-ci. Les frontières sud du pays sont de ce fait sous haute surveillance et doivent l’être encore plus avec ce regain d’activité dont font montre les groupes armés au Nord-Mali.

Aux dispositions d’ordre sécuritaire mises en place pour parer à toute éventualité pouvant survenir du Nord-Mali, l’Algérie doit songer à accentuer la pression en tant qu’Etat voisin et chef de file de la médiation pour la paix au Mali sur les parties prenantes maliennes de l’accord d’Alger pour qu’elles accélèrent le processus de sa mise en œuvre, seule voie pour la constitution d’un front uni au Nord-Mali contre les menées djihado-terroristes. Dans ce sens, c’est un bon signe que l’accord intervenu récemment à Kidal entre la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et la « plateforme » rassemblement d’éléments armés progouvernementaux règlementant leur présence dans cette ville stratégique du Nord-Mali et instituant leur coopération dans la gestion et le maintien de l’ordre dans la cité et la région. Il y a aussi que la communauté internationale a pour obligation de respecter son engagement d’aider concrètement les parties maliennes à relever l’immense défi de mettre fin à la déshérence dans laquelle est la région ou du moins à en atténuer vite les terribles effets sur sa population.

 

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