Analyse

Ne pas oublier Barghrouti et ses compagnons

Ne pas oublier Barghrouti et ses compagnons

Par : Kharroubi Habib

Depuis dix jours que Marwan Barghouti et mille cinq cents autres détenus palestiniens sont en grève de la faim dans les geôles israéliennes, l’administration pénitentiaire leur interdit tout contact et visite. L’interdit vaut pour leurs familles et même pour les avocats ou les organisations internationales humanitaires comme la Croix-Rouge. Cette administration pénitentiaire maintient sa décision arbitraire malgré que des avocats ont obtenu de la Cour suprême israélienne qu’elle déclare illégales ses interdictions.

En effet, ces avocats qui forts de l’arrêt de cette juridiction judiciaire ont voulu rendre visite aux détenus en grève n’ont pas eu l’autorisation au prétexte que leur état de santé ne leur permettait pas. Ce refus de visite et le prétexte invoqué suscitent les plus fortes inquiétudes sur ce qui se passe dans les geôles israéliennes d’autant que les informations ayant percé le black-out imposé par l’administration pénitentiaire font état d’une dégradation dangereuse de l’état de santé de certains grévistes dont en particulier celui de Marwan Barghouti, le populaire leader palestinien et initiateur du mouvement de protestation dans les prisons israéliennes.

Craignant qu’il s’ensuive une aggravation de leur état de santé pouvant être fatale, des voix se sont multipliées à l’extérieur des murs des prisons pour appeler à intensifier la mobilisation en vue de faire pression sur les autorités de l’Etat sioniste afin qu’elles lèvent les mesures prises par elles contre les grévistes de la faim et dénoncées à juste titre comme étant illégales et contrevenant aux droits de l’homme les plus basiques. Oui, il y a urgence absolue à intensifier l’élan de solidarité et de soutien que suscite le mouvement de protestation des grévistes de la faim au sein de la population palestinienne. Mais pour que l’élan de solidarité de celle-ci ait un effet dissuasif sur les autorités sionistes, il y a nécessité impérative qu’il puisse compter sur une mobilisation en faveur des détenus palestiniens en grève de la faim qui se manifesterait internationalement.

Force est cependant de constater que celle-ci est pour l’heure loin d’être inquiétante pour l’Etat sioniste. Ce qui est en partie la conséquence du silence que font les médias occidentaux influents sur le mouvement de grève en cours dans les prisons israéliennes. Rares d’entre eux ont été en effet ceux qui ont fait état de la grève de la faim entamée par Marwan Barghouti et ses compagnons de détention et tous ont, à l’évidence, convenu de ne pas la médiatiser pour qu’Israël ne soit pas mis sur la sellette. Ce qui n’est pas pour étonner de leur part sachant leur parti pris sur le conflit israélo-palestinien, mais faisant obligation aux défenseurs de la cause du peuple palestinien de briser l’embargo médiatique qu’ils ont établi sur ce qui se passe dans les geôles israéliennes.

Que tous ceux qui sont révoltés par leur attitude lancent des initiatives pour contrer leur embargo médiatique et faire connaître la gravité de la situation dans laquelle sont les détenus palestiniens en grève de la faim qui ne se sont résolus à cette extrémité que pour protester contre les conditions de leur détention qui sont en violation du minimum dont les conventions internationales et celle de Genève exigent le respect et l’application. L’opinion internationale doit être interpellée pour que l’anesthésie que lui administrent les médias en question pour la désintéresser de la solidarité avec les grévistes de la faim palestiniens ne fasse pas effet sur elle.

 

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