AlgérieInternationalInterviewNewsSciences

Nadia Yahlali, Professeur et chercheur : « En Algérie, la présence féminine dans le domaine de la Physique est importante… »


Nadia Yahlali, Professeur et chercheur
à Institut de Physique Corpusculaire (IFIC) et à l’Université de Valencia

Nous avons rencontré après la première conférence Internationale de Physique des Rayonnements et Applications tenue à Alger, Nadia Yahlali, Professeur et chercheur algérienne, qui a participé activement à cette rencontre. Elle nous livre ses impressions.

– Comment évaluez-vous cette première rencontre unique dans son genre ?
C’est une expérience très positive d’échange avec une ambiance conviviale et chaleureuse et une  bonne organisation d’ensemble pour une première conférence internationale à l’Université des Sciences et Technologies Houari Boumediene (USTHB). Je salue les efforts importants des chercheurs et des étudiants algériens pour la présentation de leurs travaux en anglais. Pour les étudiants, c’est la première fois pour la plupart, dans un forum international. Il faut mettre l’accent sur la présence massive des centres de recherches algériens : les Centre National de Recherche d’Alger (CRNA), de Birine (CRNB), de Draria (CRND) et de Tamanrasset (CRNT). Ce qui est remarquable et à souligner aussi, c’est que dans la communauté scientifique algérienne, il existe une présence massive des femmes. Ailleurs, les femmes sont minoritaires dans les domaines de la Physique, j’avancerais le chiffre de 30% dans les pays latins et beaucoup moins dans les pays nordiques ou germaniques. En Algérie, la présence féminine en Physique est supérieure à 60%. Ce chiffre augmente dans les domaines de la Chimie et de la Biologie. La Faculté de Physique de l’USTHB a une doyenne, Mme Akila Amroune-Frahi. Le Vice-rectorat de la coopération et de la communication de l’USTHB est présidé par Mme Fawzia Mekidèche-Chafa, Professeur de Physique théorique. Mme Chafa est également présidente de l’Association Algérienne de Physique. La toute jeune Académie des Sciences Algériennes est présidée également par une femme : Mme Malika Allab, Professeur de Physique nucléaire à l’USTHB, parmi les tous premiers Doctorats ès Science nucléaire de l’Algérie indépendante.

L’événement est passé tout à fait inaperçu dans la presse et les médias algériens ? Pourquoi ?
– Hélas, oui. Il y’a eu certainement l’événement des élections du 23 novembre qui a fait de l’ombre sur notre rencontre, mais cela n’explique pas l’absence totale de cet événement important dans les médias et dans la presse et même sur les réseaux sociaux. La science ne semble pas intéresser les journalistes algériens, qui écrivent aisément sur la littérature, la poésie, ou l’économie.

– La science n’intéresse pas apparemment. C’est un monde clos propre aux scientifique..non  ?

– Peut-être, mais les gens aussi ne semblent pas se rendre compte que la science est partout. Ceci est sans doute une question de culture et de pédagogie et il est temps d’y remédier. On ne peut pas dire aujourd’hui qu’en Algérie, il n’y a pas de recherche scientifique. Les algériens doivent savoir qu’il existe de la formation doctorale dans les universités comme dans les centres destinés exclusivement à la recherche (COMENA, CRNA, B, D,T et autres). Il y’a certes des lacunes importantes dans les universités algériennes, mais cela est un autre débat qu’on peut aborder dans un autre cadre et une autre occasion.

– Vous avez tenu à rendre hommage et à transmettre de larges remerciements, c’est pour qui ?

– Oui, je veux rendre un chaleureux hommage à tous mes collègues de l’USTHB qui ont fait l’effort d’organiser cette conférence et qui m’y ont généreusement invitée. Un hommage particulier au Professeur Arezki Amokrane, le doyen de tous les physiciens nucléaires d’Algérie, ex-président de l’Association Algérienne de Physique et ex-Recteur de l’Université de Tizi-Ouzou. Hommage aussi à mes collègues du SNIRM (USTHB), en particulier mon ami Boualem Bouzid, Maître de conférence et coordinateur pour l’USTHB de la collaboration Hispano-Algérienne que j’ai mise en place avec lui. Mes remerciements vont vers le COMENA et son directeur général le Dr. Abdelhamid Mellah qui m’a aussi honorée de son invitation à donner une conférence sur la Physique médicale au CRNA. Cela m’a permis de connaître les différents centres sous la tutelle du COMENA crées après mon départ d’Algérie (1993). Cette rencontre au CRNA m’a permis de retrouver d’anciens camarades de promotion (USTHB promo DES-rayonnement 1987), qui ont assisté à ma conférence.

Bientôt un compte rendu de la conférence Internationale de Physique des Rayonnements et Applications tenue à Alger

Montrer plus

Articles Liés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close
Close