Analyse

Monde arabe: la voix discordante mais juste de l’Algérie

Monde arabe: la voix discordante mais juste de l’Algérie

Par : Kharroubi Habib

Depuis le début du conflit syrien en 2011, l’Algérie n’a jamais masqué les désaccords qui sont les siens sur le sujet avec les Etats arabes qui ont d’emblée pris le parti des ennemis du régime de Bachar El Assad et se sont employés à essayer de provoquer sa chute. Son attitude lui a valu leur inimitié durable s’accompagnant chez certains de viles menaces qui ne l’ont nullement intimidée. Ce dont son ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel vient de faire la démonstration en déclarant que l’Algérie demande la réintégration de la Syrie au sein de la Ligue arabe dont elle a été suspendue en 2011 par le vote conjugué d’Etats membres imputant à son régime d’être seul responsable de la crise syrienne naissante.

Ces mêmes Etats qui ont diabolisé le régime de Damas en l’accusant de tuer sa population pour rester au pouvoir soutiennent pourtant celui du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi balayé par une insurrection populaire mais qui n’a pas hésité à solliciter leur intervention militaire contre son peuple. Le pouvoir yéménite dont Abd Rabbo Mansour Hadi est le symbole n’est pas plus légal et légitime que celui que préside Bachar El Assad en Syrie. Si ce dernier est coupable à leurs yeux de vouloir conserver le pouvoir sur les cadavres de ses compatriotes, le président yéménite déchu et en exil l’est aussi pour en faire de même en vue de récupérer le sien.

Pour les Etats arabes qui diabolisent le président syrien mais fournissent toute l’assistance militaire à son homologue yéménite pour l’aider à défaire ses contestataires jouissant d’un soutien populaire majoritaire, le sort des populations civiles syrienne et yéménite n’entre pas en ligne de compte dans leurs positions sur les conflits dans lesquels ils se sont impliqués.

L’Algérie s’est démarquée d’eux par son refus de l’ingérence étrangère dans les conflits syrien et yéménite fût-elle celle d’Etats arabes prétendument « frères ». Au grand dam de ceux d’entre ces Etats que sa position dérange et en contrecarre leurs calculs, elle s’en tient à cette doctrine et prône le dialogue et la négociation entre les protagonistes nationaux de ces conflits. Son attitude lui vaut le respect de plus en plus exprimé au sein de la communauté internationale. Sa position loin de l’avoir isolée et discréditée internationalement comme l’auraient voulu ces Etats arabes dont elle a contrarié les desseins géopolitiques lui a au contraire conféré l’aura d’Etat « exportateur » de stabilité fiable en ce qu’il préconise.

Même ces Etats que l’Algérie a refusé de suivre dans leurs errements changent peu à peu d’opinion et d’attitude à son égard, forcés qu’ils sont par la déconfiture qu’ils subissent dans les conflits qu’ils ont contribué à allumer et qu’ils ont entretenus. Peut-être alors qu’ils entendront ce que l’Algérie vient de leur demander à savoir réintégrer la Syrie dans la Ligue arabe et renouer des relations avec ce pays pour pouvoir l’aider à mettre fin à l’atroce conflit qu’ils lui ont créé et dont ils découvrent qu’il n’aura jamais la solution qu’ils ont voulu lui imposer.
 

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