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Malek Chebel : Le défenseur d’un « Islam des lumières » n’est plus !

Malek Chebel

Le défenseur d’un « Islam des lumières » n’est plus !

Par : Fayçal Charif


Philosophe, psychanalyste et anthropologue des religions, Malek Chebel est tout ça à la fois. Cet éternel amoureux de son Algérie est né à Skikda en 1953, en Algérie. Il vient de nous quitter dans la nuit ce samedi 12 novembre, à 4h du matin, à l’âge de 63 ans, loin de sa ville natale et de son pays.

 

Cet homme au bon cœur et au sourire qui dégage la bonté et la piété a dérouté le monde littéraire par ses réflexions et ses écrits sur l’islam. Un islam autre que celui représenté aujourd’hui par les ignorants de tous bords. Malek, le fils de Skikda, a défendu le sens même de cette religion qui prône la paix, l’amour de l’autre et le vivre ensemble.
Malek Chebel a été aussi philosophe. Audacieux dans tous ses écrits, il a osé pendant des années des réflexions autour des questions de l’islam. Il n’a pas laissé un domaine sans en apporter sa vision rationnelle et actuelle. Du djihad à l’amour, en passant par tous les sujets qui dérangent, il a attiré l’attention vers lui. Auteur d’une quarantaine d’ouvrages, il était devenu incontournable dans la compréhension de l’islam, le vrai, l’authentique.
Ses deux derniers livres, sont allés fouiner dans le phénomène sociétal. « L’inconscient de l’islam : Réflexions sur l’interdit, la faute et la transgression » en 2015 et « Désir et beauté en islam » en 2016, sont deux réflexions d’une extrême délicatesse sur les sociétés musulmanes qui vivent leur présent à travers leur passé et en hypothéquant leur avenir. Le philosophe avait prédit que les sociétés musulmanes étaient appelées à se détruire, et même à disparaître, si elles ne se prenaient pas en charge en se démarquant de la mauvaise et fausse compréhension de l’islam et si elle ne prenait pas leurs destinées en main.
Mais ce que beaucoup ignorent de Malek Chebel, qui s’exprimait et écrivait avec un très beau français, n’était venu à cette langue que très tard. Il était arabophone. Un de ses plus proches amis, Hichem Ben Yaïche, révèle : « Son envie de réussir et sa capacité de travail lui ont permis d’avoir ce parcours exemplaire. En arrivant en France, il avait appris le dictionnaire pour maîtriser cette langue. Il suffit de lire ses premiers livres pour comprendre, il avait un style hermétique tant il s’évertuait à utiliser un langage savant. Puis, au fil des ans, l’appropriation s’est opérée. Cet auteur prolifique, je l’ai vu naître à l’écriture. Il laisse une œuvre très riche ».
Parmi ses livres, “L’islam pour les nuls” et “Le Coran pour les nuls” qui s’étaient arrachés dans les librairies après les attentats de janvier 2015. Il a aussi traduit le Coran et publié, entre autres, “Mohammed, prophète de l’islam”, “L’islam et la raison”, “L’Erotisme arabe”, et “L’islam en 100 questions”. Le philosophe oublié par son pays a également été sollicité à plusieurs occasions pour animer des conférences dans des universités de plusieurs pays, notamment en France et aux Etats-Unis.
Pour son Algérie, il avait écrit ceci : « A… comme Algérie : Le retour au pays a toujours été un problème, la joie indicible se mêlant presque instinctivement à la crainte de ne plus se sentir chez soi, d’être devenu un étranger. » (Dictionnaire amoureux de l’Algérie). Un livre à lire absolument.

 

F.C

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