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Macron parle de « séparatisme » au lieu de « communautarisme »

Le Chef de l'État se rend ce mardi à Mulhouse pour évoquer la lutte contre le "Séparatisme Islamiste". Paris - “Attitude, tendance à sortir d’un ensemble national et à former une entité politique distincte de l’État d’origine”. Voilà la définition que fait le dictionnaire Larousse du terme “séparatisme”. Un mot qui s’est tout récemment incrusté dans le vocabulaire d’Emmanuel Macron, lequel consacre ce mardi 18 février à Mulhouse un déplacement justement consacré au “séparatisme islamiste”.

Macron parle de « séparatisme » au lieu de « communautarisme » (et cela ne règle pas tout)

Par : Romain Herreros

Le Chef de l’État se rend ce mardi à Mulhouse pour évoquer la lutte contre le « Séparatisme Islamiste ».

Paris – “Attitude, tendance à sortir d’un ensemble national et à former une entité politique distincte de l’État d’origine”. Voilà la définition que fait le dictionnaire Larousse du terme “séparatisme”. Un mot qui s’est tout récemment incrusté dans le vocabulaire d’Emmanuel Macron, lequel consacre ce mardi 18 février à Mulhouse un déplacement justement consacré au “séparatisme islamiste”.

Lors de ses vœux, le président de la République avait promis d’agir dès ce début d’année contre ces “forces qui minent l’unité nationale”, dessinant les contours d’un plan de lutte contre le communautarisme, censé consolider le virage régalien de son mandat négocié dès l’automne sur l’immigration.

L’évolution du langage Présidentiel, préférant parler de “séparatisme” que de “communautarisme”, est une nouvelle étape de cette initiative. Mais est-il bien adapté à la situation ? “Le terme ‘communautarisme’ ne recouvre pas suffisamment la réalité. Une communauté peut-être très positive. Le mot séparatisme est plus précis, moins galvaudé. Il correspond plus à ce qui se passe dans certains territoires”, explique au HuffPost, le député Hervé Berville, porte-parole de La République en Marche.

Mohammed Moussaoui, Président du Conseil Français du culte musulman (CFCM), voit également d’un bon œil ce nouveau vocabulaire. “Car il ne fustige pas la communauté musulmane qui défend certes ses intérêts, comme d’autres communautés, mais sans repli sur elle-même”, souligne-t-il dans Le Figaro.

“Un meilleur terme”, mais…

Pour Olivier Roy, professeur à l’Institut universitaire Européen de Florence, “le terme est meilleur que ‘communautarisme’”, mot qui “suppose que l’on a des territoires entiers qui se soient mis à l’écart de la République sous l’effet des salafistes, ce qui est un mythe”. Pour autant, l’auteur de L’Europe est-elle Chrétienne ? (éd. Seuil) émet de sérieuses réserves sur les intentions qui peuvent accompagner ce changement de vocabulaire.

“Si on prend ‘séparatisme’ dans le sens plat du terme, c’est à dire non politique, des gens qui décident de faire leur salut en dehors d’une société qu’ils jugent païenne, oui le terme est bon. Mais si on veut dire qu’il y a un projet politique, c’est très exagéré. Les salafistes n’ont pas de projet politique. Ce ne sont pas eux qui mènent campagne pour le burkini, mais les Frères musulmans”, poursuit l’universitaire, soulignant que le projet frériste est “que la République reconnaisse en son sein une minorité ethno-religieuse, ce n’est pas une stratégie séparatiste”. Dit autrement, cette terminologie fonctionne si elle sert à désigner un repli communautaire plaçant le religieux au-dessus des institutions républicaines, beaucoup moins si on entend lutter contre l’influence des Frères musulmans sur l’islam de France, lequel cherche justement à exister dans la République.

“Ce ne sont pas des nationalistes corses”

Or, le déplacement présidentiel a bien inscrit la lutte contre l’islam politique à son agenda. Le choix de se déplacer à Mulhouse en atteste. “Dans cette ville, se trouve la mosquée cathédrale An-Nour. C’est la plus grande mosquée en construction en France (…) Elle est gérée par une association liée à la mouvance française des Frères musulmans”, soulignait vendredi 14 février Le Figaro en dévoilant les intentions présidentielles en la matière. À l’AFP, une source gouvernementale a fait savoir que le plan qui sera présenté évoquera les écoles hors contrat, la séparation hommes-femmes dans les piscines ou encore les cas de censure de films ou de spectacles.

Autant de questions qui correspondent à l’expression d’un islam politique, “comme il existe un catholicisme politique qui lutte contre la théorie du genre, contre la loi bioéthique, mais ça ne signifie que ces croyants voudraient prendre une indépendance par rapport à la République”, souligne Olivier Roy. Et d’ironiser : “ce ne sont pas des nationalistes corses”.

Reste à savoir pourquoi Emmanuel Macron a décidé d’opter pour ce terme. “Sur le terrain, les habitants des quartiers ne se reconnaissent pas dans le terme ‘communautarisme’, c’est un mot politique et médiatique. Il ne faut pas arrêter de parler du sujet, mais il faut en parler plus clairement”, justifie au Monde le Secrétaire d’État Gabriel Attal. Comme si le mot “séparatisme” était dénué d’ambiguïtés.

Source : Le HuffPost 18/02/2020

 

 

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