Analyse

L’UE se cherche une stratégie pour sortir de son nanisme politico-militaire

L’UE se cherche une stratégie pour sortir de son nanisme politico-militaire

Par : Kharroubi Habib

L’Union européenne est dans la tourmente que lui vaut son incapacité à opposer une stratégie solidaire face aux défis que sont pour elle la guerre économique que lui a déclarée le président américain et sa marginalisation dans laquelle elle est réduite dans le traitement des questions de géopolitique. Mais cette situation est loin de pousser les Etats membres à s’entendre sur ce qui leur faut accepter pour venir à bout des défis auxquels elle les confronte. Ils font l’étalage de divergences rendant improbable cette perspective.

La question la plus clivante à laquelle l’Union européenne est confrontée est celle de son rapport aux Etats-Unis qui depuis l’arrivée de Donald Trump ont une politique qui dans tous ses aspects n’est pas moins agressive que celle qu’ils suivent à l’égard des Etats dont le président américain s’emploie à contrer la montée en puissance économique et militaire constituant à ses yeux une menace pour la suprématie économique de son pays et pour sa sécurité nationale. Donald Trump ne fait pas en effet mystère qu’il perçoit au moins sur le plan de la concurrence économique l’Union européenne comme une rivale de l’Amérique dont il lui faut briser l’entente quant aux répliques qu’elle s’aviserait d’entreprendre dans la guerre économique qu’il lui a déclarée. Il faut convenir que sur ce plan il déploie une tactique qui rend problématique l’aboutissement des appels et initiatives à la constitution d’un front unitaire européen face à sa politique.

Elle est efficace parce qu’elle exacerbe les divisions européennes en jouant sur les peurs qu’ont certains Etats membres de l’Union que la constitution d’un tel front aurait de conséquences sur l’alliance euro-américaine qui est pour eux l’alpha et l’oméga de leur indépendance et sécurité nationale. La Pologne et les Etats baltes, pour ne citer qu’eux, refuseront en effet de s’intégrer dans une démarche telle celle dont le président français Emmanuel Macron s’est fait le plaideur qui vise à engager l’Union européenne à se doter d’une stratégie tant au plan économique que celui d’une défense militaire proprement européenne qui obligerait autant son allié historique américain que ses autres partenaires internationaux à revoir leurs rapports avec elle dans un sens qui tiendra compte de son statut de grande puissance s’exprimant et agissant en totale unité de ses Etats membres.

Macron peine à l’évidence à leur faire partager ses projets pour l’Europe tant ces Etats sont réfractaires aux distensions qu’ils induisent dans l’Alliance l’atlantique que le président américain veut maintenir dans la subordination aux seuls intérêts nationaux des Etats-Unis et non dans un format qui leur ferait obligation de considérer l’Europe comme ayant droit au chapitre en toute indépendance d’eux dans la conduite d’une politique internationale répondant à ses propres intérêts. Pour ces pays en question le maintien du parapluie militaire américain est l’obsession qui justifie leur refus d’entrer dans tout processus de refondation de l’Union européenne qui inciterait les Etats-Unis à le lui retirer ainsi que l’en menace Donald Trump.

KH.H

 

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