Analyse

L’identité amazighe enfin à l’abri de la surenchère politicienne

L’identité amazighe enfin à l’abri de la surenchère politicienne

Par : Kharroubi Habib

En décidant de consacrer Yennayer coïncidant avec le nouvel an amazigh comme journée chômée et payée dès le 12 janvier prochain, et en enjoignant dans le même temps au gouvernement de prendre en charge tous les points liés à la revendication amazighe, le chef de l’Etat a coupé l’herbe sous les pieds des agitateurs qui en Kabylie instrumentalisent la cause amazighe à des fins séparatistes. Le mérite de Bouteflika est d’avoir compris que sur la question amazighe la lenteur équivoque mise par les autorités à concrétiser ce qu’a induit sa constitutionnalisation offrait à ces milieux l’argumentaire mobilisateur qui leur a permis d’étendre leur audience et d’essayer d’orienter le mécontentement populaire qu’elle a suscité aux fins de faire apparaître largement partagée la visée sécessionniste pour laquelle ils militent.

Il n’y pas à attendre de ces dévoyeurs de la cause amazighe qu’ils applaudissent aux mesures édictées par le président de la République. Ils vont probablement chercher à empêcher le retour au calme que leur annonce va indubitablement amorcer. Raison pourquoi le gouvernement aiguillonné par le chef de l’Etat ne doit plus tergiverser à donner des applications concrètes et rapides à ces mesures. Le meilleur moyen pour ce gouvernement de faire la démonstration qu’il est dans cette disposition d’esprit serait qu’il associe à la réflexion sur leur mise en œuvre les authentiques militants et animateurs de la cause amazighe qui n’ont jamais désespéré à convaincre que sa satisfaction ne ferait rien d’autre que la préserver.

Il n’échappe à personne que l’Algérie est confrontée à une situation intérieure et régionale dans laquelle sont réunis tous les ingrédients dont la conjugaison risque de devenir explosive pour elle. Pour y faire face et conjurer le péril, elle doit veiller à ne pas offrir à ceux qui rêvent de sa dislocation l’angle par lequel ils tenteraient de faire de leur rêve une réalité.

Sur la question amazighe, Bouteflika a indubitablement indiqué le bon cap pour faire échec à sa récupération que tentent d’opérer ces milieux dans le but d’atteindre leur mortifère objectif. Tout honnête acteur politique ou social ayant pour crédo chevillé au corps que l’identité nationale a pour triptyque ses composantes islamique, arabe et amazighe ne peut que s’en féliciter. Sur cet aspect au moins il faut désormais que la surenchère politicienne cesse et fasse place à la retenue dans les propos et les revendications que l’on peut estimer non satisfaites par les mesures édictées, mais sans pour autant renoncer à rester vigilants face aux atermoiements auxquels leur mise en œuvre pourrait donner lieu.

L’on peut diverger sur les motivations qu’a eues le président de la République de donner entière satisfaction aux militants et défenseurs de la cause amazighe dont il a longtemps fustigé le combat. Mais il est dans l’intérêt de l’Algérie de saluer le coup d’accélérateur qu’il a donné à la prise en compte de leurs revendications. Puisse Bouteflika faire preuve d’une « vista » aussi historique et constructive concernant les défis économiques et sociaux et sur tous les autres périls auxquels l’Algérie est confrontée. C’est notre vœu pour la nation en cette année 2018 qui s’annonce.

KH.H

 

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