Libye : Tripoli sévit contre les passeurs et les trafiquants d’êtres humains

Libye : Tripoli sévit contre les passeurs et les trafiquants d’êtres humains

Le gouvernement d’Union national en Libye (GNA) sévit contre les réseaux d’immigration clandestine en vue de l’éradication de ce phénomène, qualifié de “conséquence directe” de la crise libyenne, surtout que le fléau a pris une tournure dramatique aggravée par la traite humaine menée par les réseaux de crime organisé.

Des mandats d’arrêt ont été émis contre plus de 200 trafiquants libyens et étrangers impliqués dans un vaste réseau d’immigration clandestine vers les côtes européennes, a annoncé mercredi le bureau du procureur général libyen. “Nous avons 205 mandats d’arrêt contre des personnes (impliquées dans) l’organisation d’opérations d’immigration, la traite d’êtres humains, (des cas de) torture, de meurtre et de viol”, a déclaré le chef du bureau des investigations au bureau du procureur général Al-Seddik al-Sour.

“Des membres des services de sécurité, des responsables de camps de détention de migrants ainsi que des fonctionnaires d’ambassades de pays africains en Libye sont impliqués dans le trafic de l’immigration clandestine”, a-t-il ajouté. M. al-Sour a indiqué que les investigations sur les réseaux de passeurs avaient été menées en coordination avec le parquet italien.

Rome et Tripoli avaient convenu en décembre de former une “cellule conjointe” pour lutter contre les passeurs et les trafiquants d’êtres humains, en impliquant les renseignements, les garde-côtes et la justice des deux pays.

Des connections entre le phénomène de l’immigration clandestine avec toutes ses ramification et l’activité terroriste ont été établis par les enquêteur des deux pays. M. al-Sour a ajouté, dans ce sens que les investigations de son bureau avaient permis d’établir un lien direct entre passeurs de migrants et éléments du groupe terroriste autoproclamé “Etat islamique” (EI/Daech).

Ces derniers profitent du réseau des trafiquants pour passer d’un pays à l’autre, trouver refuge ou se soigner, a-t-il précisé ce qui aggrave la situation encore d’avantage et qui donne à ce phénomène un caractère plus pernicieux. Le responsable libyen a indiqué que l’enquête sur le documentaire de la chaîne américaine CNN qui avait montré un “marché d’esclaves” en Libye était toujours en cours.

Dans le sillage de la lutte, cent dix neuf (119) migrants clandestins ont été sauvés mardi par les garde-côtes libyens lors de deux opérations menées au large des côtes occidentales de la Libye, alors qu’au cours d’une première opération, menée au large d’Abou Kamach, près de la Tunisie, 98 personnes qui se trouvaient sur un bateau pneumatique en panne et sur le point de couler, ont été secourues.

La deuxième opération, qui a eu lieu au large de Sabratha (à 75 km à l’ouest de Tripoli), a permis de sauver 21 migrants clandestins, dont des Bangladais et des Egyptiens.

En tout, depuis le début du mois de mars, les garde-côtes libyens ont sauvé plus de 600 migrants clandestins, selon le Service de lutte contre l’immigration illégale. La Libye est devenue le point de départ privilégié de ceux qui cherchent à se rendre en Europe en traversant la Méditerranée, profitant de l’instabilité qui frappe le pays.

4.000 à 5.000 migrants encore dans les camps en Libye

Plus de 16.000 migrants africains volontaires, qui se trouvaient dans des camps en Libye, ont été rapatriés vers leurs pays d’origine en janvier et février, a annoncé mardi la responsable de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, devant les députés européens réunis en session plénière à Strasbourg.

Selon Mme Mogherini, il reste encore 4.000 à 5.000 personnes dans ces camps libyens. En collaboration avec les Nations unies et l’Union africaine (UA), “je crois que nous pouvons vider complètement (les camps) d’ici à deux ou trois mois maximum”, a- t-elle avancé.

Fin novembre, un groupe de travail avait été créé lors d’un sommet UE-UA à Abidjan en réponse à la situation critique rencontrée par les migrants bloqués en Libye, venus d’Afrique et du Moyen-Orient, et qui tentent à terme de rejoindre l’Europe en traversant à leurs risques et périls la Méditerranée. Il est composé de l’UE, de l’UA, de l’Organisation internationale des migrations (OIM) et du Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés.

Le soutien apporté par l’Union européenne (UE) à la gestion des flux migratoires mixtes en Libye a donné des résultats “significatifs”, a affirmé lundi la Commission européenne qui a précisé qu’à l’heure actuelle, l’UE a déjà engagé, par l’intermédiaire du fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique, 237 millions d’euros dans différents programmes.

L’UE a annoncé également un nouveau programme d’un montant de 50 millions d’euros au profit des villes libyennes pour renforcer l’accès des migrants et des Libyens aux services sociaux et de base. Ce programme qui s’étendra à 24 villes libyennes, particulièrement celles situées le long des principales routes migratoires, sera mis en œuvre par la coopération italienne, le programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF).

L’UE a réaffirmé, par ailleurs, son engagement à continuer de collaborer étroitement avec le représentant spécial des Nations unies pour la Libye pour apporter une solution durable à la crise et rétablir la paix et la stabilité dans le pays.

Sur le plan sécuritaire la situation d’instabilité persiste toujours en Libye ou des attentats sont commis quotidiennement, alors que le Conseil présidentiel du gouvernement d’Union national poursuit ses efforts pour la sécurisation de maximum de territoire et prendre en charge les besoins vitaux des populations.

Aps

 

 

 

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