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Libye : “les conditions ne sont pas réunies pour des élections”

Libye : “les conditions ne sont pas réunies pour des élections”

TRIPOLI – Le Président du Conseil Présidentiel du gouvernement d’Union Libyen Fayez el-Serraj a affirmé mercredi que “l’instabilité en Libye ne permet pas l’organisation d’élections à court terme”, remettant en cause le calendrier proposé par la France pour l’organisation d’un double scrutin législatif et Présidentiel en décembre prochain.

Lors d’une conférence organisée en mai dernier à Paris, les parties Libyennes rivales avaient accepté de travailler avec les Nations Unies à la tenue d’élections Parlementaires et Présidentielles le 10 décembre dans l’ensemble du pays.

El-Serraj a déclaré au journal italien Corriere della Serra que ce calendrier lui paraissait “irréaliste”, dans le contexte actuel marqué par la dégradation de la situation sécuritaire et la poursuite des affrontements entre les groupes armés libyens.

“On ne peut pas voter avec une telle instabilité dans la rue. Il est nécessaire que tout le monde accepte le résultat du scrutin. Il nous faut des règles communes”, a tenu à souligner M. el-Serraj, au journal italien.

Le président du Conseil présidentiel du gouvernement d’union libyen a jouté, en outre, qu’il ne pourrait pas y avoir d’élections tant que la nouvelle Constitution n’aurait pas été approuvée.

“Nous avons parlé des élections à Paris, mais le projet constitutionnel qui est prêt, mais qui n’a pas été approuvé, doit d’abord l’être” (el-Serraj)

La France a plaidé récemment pour la tenue des élections en Libye le 10 décembre prochain, estimant que ces scrutins permettront de sortir “du statu quo” qui profite à “l’économie de prédation, aux trafiquants et à la criminalité organisée”.

Lors d’une réunion tenue le 5 septembre au Conseil de sécurité consacrée aux derniers développements en Libye, l’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre a déclaré qu'”il est plus que jamais essentiel d’avancer dans la transition démocratique en Libye“.

Le diplomate français a dénoncé à cette occasion “ceux qui voudraient retarder les échéances au prétexte que la situation ne le permettrait pas”.

Des combats près de Tripoli entre des groupes armés ont fait au moins 50 morts depuis le 27 août dernier. La mission de l’ONU en Libye (Manul) qui a déployé d’importants efforts de médiation a annoncé la signature d’un accord de cessez-le-feu par les différents groupes armés.

L’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, tout en soulignant l’importance de sortir du statu quo en Libye, n’a pas insisté, toutefois, sur la tenue des élections dès le 10 décembre.

Les pressions de la France pour l’organisation des élections à la date annoncée avaient suscité également des critiques de l’Italie, qui a annoncé ne pas reconnaître l’accord approuvé à Paris.

Rome a estimé que le plan de route adopté par l’ONU est le seul processus pouvant aboutir au règlement du conflit libyen.

Aps

 

 

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