International

L’Europe au risque de la fragmentation

L’économiste Laurent Davezies s’est beaucoup penché sur la crise des territoires en France. En 2012, il s’inquiétait, dans La Crise qui vient (Seuil), des risques de fractures entre les zones qui s’en sortent et celles qui semblent au bord de l’abandon. Il poursuit ce travail à l’échelle européenne avec Le Nouvel Egoïsme territorial. Face à la montée des indépendances, ce professeur au Conservatoire national des arts et métiers se penche sur les risques de « fragmentation » de l’Europe.

La mode des indépendances
Selon Laurent Davezies, « l’arrivée des pays de l’Est a ajouté à la fragmentation de l’Europe ». L’élargissement a sonné le glas des Etats-Unis d’Europe, qui « relèvent plus du fantasme que du rêve ». En Amérique du Nord,« 66 % des impôts vont au budget fédéral, alors que le budget de la Commission représente moins de 2 % ».

L’Union européenne (UE) est confrontée à un double mouvement, à la fois centrifuge et centripète : « L’UE, qui a un budget très limité, a affaibli les Etats, qui en ont un plus important, en les privant de certaines marges de manœuvre politiques et économiques. Dans le même temps, à Bruxelles, il y a eu une poussée de l’idée régionale. On a vanté l’Europe des régions. Mais quand celles-ci commencent à demander l’indépendance, cela devient problématique. D’autant plus que ces velléités sont vues avec une certaine complaisance. Elles bénéficient d’une forme de mode qui repose sur l’apologie des circuits courts, de la démocratie directe, du refus de la mondialisation. »

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