Les asthmatiques suffoquent

Les asthmatiques suffoquent

Par : Abdelkader DJEBBAR

La Ventoline, un bronchodilatateur indiqué et surtout recommandé dans le traitement des crises d’asthme et de certaines bronchites, est introuvable dans la quasi-totalité des officines d’Alger et ailleurs dans le pays. Rupture de stocks ou simple interruption de la chaîne d’approvisionnement ?

Les asthmatiques Algériens sont dans de mauvais draps. Ils ont de plus en plus de misère à se procurer de la ventoline en pharmacie. Ils respirent de plus en plus mal pour ne pas dire qu’ils suffoquent, qu’ils étouffent. Les pharmaciens ne sont pas mieux logés. Ils n’arrivent pas à alimenter leur clientèle. Et partout c’est le flou total. Personne ne comprend plus rien à cette situation.

Pourtant, au Ministre de la Santé, on affirme et on confirme que tout se déroule normalement. Alors qui est responsable e la pénurie de certains médicaments.

Les restrictions sur les importations pénalisent gravement le secteur de la santé. En raison de la multiplication des tours de vis, notamment l’exigence de la domiciliation bancaire avant l’engagement de toute opération, plusieurs médicaments sont en rupture de stock.

Parmi ces produits, il y a des médicaments pour les maladies chroniques lourdes. En effet, les pharmaciens ne vendent plus, depuis quelques jours, la Ventoline pour les asthmatiques. Ce produit est introuvable même au niveau des hôpitaux approvisionnés par la Pharmacie centrale (PCH).

Cette situation avait déjà fait réagir le Syndicat National des Pharmaciens d’Officine et l’Union Nationale des Opérateurs en Pharmacie (UNOP) qui ont dénoncé «les restrictions à la domiciliation ». « Ces restrictions génèrent des surcoûts insupportables pour les entreprises de la filière pharmaceutique. Elles ont aussi comme conséquence de graves perturbations dans la disponibilité des produits pharmaceutiques.», soulignent les deux organisations.

À Boumerdès, le manque de «Ventoline» dans les pharmacies locales suscite une forte angoisse chez les malades atteints de l’asthme et de maladies respiratoires, les MPOC en général. Introuvable dans les officines locales même au niveau national, le tube de Ventoline suscite une grande angoisse chez les patients concernés, selon les médecins.

De nombreux malades atteints de l’asthme souffrent de la rupture du tube de la Ventoline qui est le principal médicament pour soulager l’étouffement et la suffocation. Le climat actuel où sévit une chaleur torride en plus de l’humidité fragilise la santé des patients atteints de maladies respiratoires, dont le tube de Ventoline est indispensable pour ces derniers, explique-t-on.

Le manque de ce médicament a engendré un flux important vers les hôpitaux où de nombreux patients souffrant de problèmes respiratoires sont soignés à base de doses de «Salbutamol» en remplacement de Ventoline qui reste une solution temporaire, en attendant la disponibilité de la Ventoline qui est considéré comme un médicament efficace pour soulager les malades concernés par ces pathologies notamment durant cette période d’humdite.

Pour le Président du Syndicat National des Pharmaciens d’Officines (Snapo), il existe bien une pénurie, plus large d’ailleurs et qui ne se limite pas au seul salbutamol. «Un grand nombre de médicaments manquent dans les officines, notamment ceux prescrits pour le traitement de maladies chroniques», rappelle-t-il. D’ailleurs, «la crise persiste et la perturbation ne touche pas seulement les produits importés, mais aussi ceux fabriqués localement ».

Concernant la Ventoline, il pense que la pénurie est due à une rupture des stocks et remonterait même à plusieurs semaines. Il reconnaît ignorer «s’il va y avoir un éventuel retour à la normale dans les jours à venir». Cette situation de «pénurie» de certaines classes thérapeutiques avait déjà été soulevée, notamment par le Président de l’Union Nationale des Opérateurs de la Pharmacie. Il avait déploré que «plus de 210 molécules sont absentes du marché et sans aucune alternative». Selon lui, «cette situation est principalement due aux retards dans la délivrance des programmes d’importation et le contrôle des quantités importées».

Il faut rappeler, à ce titre, que la Banque d’Algérie vient de notifier la décision d’exempter les entreprises du secteur des mesures applicables à la domiciliation des opérations commerciales telles qu’elles avaient été édictées par son instruction du 22 octobre dernier.

Dans certains services d’urgence on ne sait plus où donner de la tête vu l’affluence. À l’hôpital d’Oran, c’est la débandade. Les masques passent d’un patient à un autre, et la chaîne continue avec tous les risques que cela comporte. Au dispensaire médical du boulevard Font démet, la situation est bien meilleure. Malgré l’affluence, les malades font l’objet d’une attention bien particulière. Les masques, après une première utilisation, sont aux poubelles pour éviter les risques de contamination.

Mais globalement, dans les cas des asthmatiques, seul le traitement ambulatoire peut soulager les établissements hospitaliers. La ventoline doit regarnir les étagères des officines pharmaceutiques pour faire en sorte que les patients ne suffoquent pas et ne s’étouffent pas à chaque coin de rue…

A.D

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