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L’Égypte menace d’intervenir en Libye pour défendre « ses intérêts »

Le Ministre Russe des Affaires Etrangères a discuté avec son homologue Egyptien de la situation en Libye, lors d’un entretien téléphonique dimanche 21 juin. Ils ont réfuté toute solution militaire concernant la crise libyenne et dénoncé l’absence d’alternative à la cessation des hostilités, fait savoir le Ministère Russe des Affaires Etrangères. Un entretien qui intervient après les menaces exprimées par le Président Egyptien quant à l’intervention de son armée en Libye pour sauvegarder les « intérêts stratégiques » et    « sécuritaires » du Caire.

L’Égypte menace d’intervenir en Libye pour défendre « ses intérêts »

Le Ministre Russe des Affaires Etrangères a discuté avec son homologue Egyptien de la situation en Libye, lors d’un entretien téléphonique dimanche 21 juin. Ils ont réfuté toute solution militaire concernant la crise libyenne et dénoncé l’absence d’alternative à la cessation des hostilités, fait savoir le Ministère Russe des Affaires Etrangères. Un entretien qui intervient après les menaces exprimées par le Président Égyptien quant à l’intervention de son armée en Libye pour sauvegarder les « intérêts stratégiques » et    « sécuritaires » du Caire.

« Les Ministres ont échangé des vues sur la situation en Libye, soulignant une impossibilité de toute solution militaire et l’absence d’alternative à la cessation immédiate et durable des hostilités par les parties en conflit et l’ouverture d’un dialogue avec toutes les parties libyennes pour négocier des accords universellement acceptés sur tous les aspects du règlement dans le cadre des conclusions de la conférence de Berlin », indique le message du Ministère russe.

En outre, Sergueï Lavrov et Sameh Choukri se sont déclarés très préoccupés de l’impasse dans lequel se trouve le processus de paix Israélo-Palestinien et favorables à une intensification des efforts sous l’égide de l’Organisation des nations unies du « quatuor » des médiateurs internationaux, en coordination avec les principaux pays arabes, afin que reprennent les négociations directes entre les parties.

« Au cours d’un entretien organisé à l’initiative de la partie Egyptienne, Sameh Choukri s’est dit préoccupé par la situation des relations entre l’Égypte et l’Éthiopie à propos de la construction de la centrale hydroélectrique d’Addis-Abeba Renaissance sur le Nil Bleu, et a fait part de l’appel du Caire au Conseil de sécurité de l’Onu pour envisager la possibilité d’un règlement », informe le Ministère Russe.

Lavrov a réaffirmé la position Russe quant à la nécessité de parvenir à un compromis mutuellement acceptable en tenant compte des intérêts de toutes les parties prenantes.

Abdel Fattah al-Sissi, qui soutient le maréchal Haftar en Libye, a fait savoir qu’une « intervention directe » de l’Egypte dans ce pays était « devenue légitime au niveau international ». Le gouvernement d’union nationale libyen (GNA) dénonce une ingérence. Le Président Egyptien a prévenu le 20 juin que toute avancée du GNA, reconnu par les Nations Unies et soutenu militairement par la Turquie, vers la ville stratégique Libyenne de Syrte pourrait mener à une intervention « directe » du Caire.

Avec l’appui d’Ankara, les forces loyales au GNA (basé à Tripoli) ont non seulement mise en échec l’offensive sur Tripoli, lancée en avril 2019, mais réussi à engranger d’importantes victoires depuis début juin, reprenant le contrôle de l’ensemble du nord-ouest de la Libye. Toutefois, les forces du GNA ont été empêchées de progresser vers la ville côtière de Syrte, verrou stratégique vers l’est.

Syrte, ainsi qu’Al-Joufra plus au sud, représentent une « ligne rouge », a averti A. Al-Sissi lors d’un discours retransmis à la télévision. Si cette ligne est franchie, la sécurité de l’Egypte, qui partage une frontière avec la Libye, nécessitera une « intervention directe » des forces Egyptiennes dans le pays, a-t-il déclaré. « Toute intervention directe de l’Egypte est devenue légitime au niveau international, que ce soit au regard de la charte de l’ONU sur la légitime défense, ou qu’elle se base sur la seule autorité légitime élue par le peuple Libyen : le Parlement Libyen [basé dans l’Est et soutenant le maréchal Haftar] », a affirmé le chef d’Etat égyptien. « Si le peuple Libyen nous demande d’intervenir, c’est un signal envoyé au monde que l’Egypte et la Libye partagent […] des intérêts communs, la sécurité et la stabilité », a-t-il ajouté. Pour le GNA, il s’agit d’une « ingérence dans les affaires [internes] et une menace grave pour la sécurité nationale de la Libye [et la] paix internationale », a déclaré Mohamad Amari Zayed, membre du Conseil présidentiel du GNA. « Il ne peut y avoir de lignes rouges à l’intérieur de nos frontières et sur nos terres », a-t-il martelé, ajoutant qu’« aucune partie étrangère n’aura d’autorité sur son peuple.»

Ankara a de son côté exigé, le 20 juin, le retrait des troupes du maréchal Haftar de la ville de Syrte comme condition préalable à toute trêve. « Un cessez-le-feu doit être viable […] ce qui veut dire que les forces de Haftar doivent se retirer de Syrte et d’Al-Joufra », a déclaré le porte-parole de la présidence Turque, Ibrahim Kalin, lors d’un entretien avec l’AFP à Istanbul.

Ces avertissements successifs interviennent après l’invitation lancée par Le Caire, et refusée le soir du 19 juin par le GNA, d’assister à une réunion d’urgence sur la Libye de la Ligue Arabe, dont le siège est basé dans la capitale Egyptienne. Le GNA et la Turquie ont fait part de leur scepticisme, considérant l’initiative Egyptienne comme une manière de faire gagner du temps au maréchal Haftar. Les Emirats Arabes Unis ont affirmé le 20 juin être «au côté de l’Egypte pour toutes les mesures qu’elle prend pour assurer la sécurité et la stabilité » face au conflit en Libye, selon le Ministère des Affaires Etrangères. Le chef de la diplomatie Saoudienne a lui aussi manifesté son « soutien à l’Egypte quant à son droit à défendre ses frontières et son peuple contre l’extrémisme, les milices terroristes et leurs soutiens dans la région ».

Ankara (qui discute également avec Moscou dans le but de parvenir à un nouveau cessez-le-feu en Libye après l’échec de plusieurs trêves précédentes) a en outre tancé la France, accusée de soutenir le maréchal – ce qu’a déjà réfuté Paris. « Le gouvernement Français soutient un chef de guerre illégitime », a dénoncé le porte-parole de la Présidence Turque, I. Kalin. « Malgré tout cela, ils […] continuent de nous critiquer. Mais nous travaillons avec les acteurs légitimes, et c’est la France qui travaille avec les mauvais acteurs », a déclaré également l’officiel Turc.

Mercredi 17 juin, lors d’une réunion en visioconférence des ministres de la Défense de l’OTAN – dont Ankara et Paris sont membres –, la France avait reproché à la Turquie son comportement « extrêmement agressif » contre une de ses frégates en Méditerranée, et martelé que l’implication d’Ankara sapait tout effort de trêve en Libye. En marge du déplacement du Président Tunisien à Paris, Emmanuel Macron est revenu à la charge pour signifier le caractère inacceptable des agissements Turcs en Libye.

Sur un autre front diplomatique, le chef du GNA, Fayez Al-Sarraj, a rencontré samedi 20 juin à Alger le Président Abdelmadjid Tebboune, qui cherche à jouer un rôle de médiateur dans le dossier Libyen. Depuis le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est plongée dans le chaos et une guerre protéiforme, complexifiée par la présence accrue d’acteurs internationaux.

Source : Perspectives 23/06/2020

 

 

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