Le vieux bâti refait surface

Le vieux bâti refait surface

Par : Abdelkader DJEBBAR

Oran vient de recevoir la façade de son Hôtel de Ville. Elle est comme neuve avec ses deux Lions. Les Oranais peuvent, de nouveau, en être fiers après une longue période de travaux. Il faut dire que ce n’était pas juste un coup de toilette. Mais des travaux qui ont duré des années. Et ce n’est pas encore fini. Comme dit le vieil adage, « l’habit ne fait pas le moine ».

Construit en 1886, l’édifice est un véritable joyau architectural. Il se caractérise par sa rampe d’escalier en marbre ou trônent deux statues de lions en bronze, symbolisant la ville d’Oran et par une belle mosaïque, a l’entrée principale, d’une toiture en ardoise et de cimaises d’œuvre d’art, relatant les différentes légendes liées au nom de la ville d’Oran.

Mais, ce n’est qu’une toute première partie qui vient d’être livrée. C’est vrai que cela donne une nouvelle allure à la Place du 1er Novembre. C’est tout aussi vrai que cela redynamise. C’est vrai que cela remet de l’encens dans l’air d’antan. Et le gros reste à venir. Il faut l’espérer et le souhaiter pour la façade du siège du FLN toujours et encore voilée et drapée de vert. Le FLN veut se donner une nouvelle allure. Il veut être là, présent pour la relance et le renouveau. Signe des temps?

Malheureusement, ce n’est pas juste et uniquement cette ancestrale bâtisse qui fait parler. Elle n’est pas la seule à souffrir de lenteurs et de retards. Des bâtiments entiers sur les rues Ben M’hidi et Khemisti se cachent encore la face. Cela dure depuis des années. Pourtant une belle enveloppe financière a été débloquée pour le programme réhabilitation pour les grandes villes. On parle de 36 milliards de dinars.

En face, les chantiers demeurent timides. Au rythme où cela avance, ce n’est pas demain le « printemps de l’immobilier » d’autant plus que les services en charge de l’opération ne semble plus être à la hauteur de la tâche ou sont tout simplement dépassés et débordés.

Un peu partout les priorités ne semblent pas reposer sur des états de délabrement réels. Donc, un sérieux décalage semble remettre en cause le sérieux que les hautes instances tentent d’inculquer à l’opération.

Selon des statistiques récentes, l’Algérie compterait aujourd’hui un peu plus de 5 millions de logements. Environ un quart d’entre eux sont des logements sociaux dont le parc est géré par des organismes publics, les OPGI, dont les gestionnaires se plaignent régulièrement de la modicité des loyers et surtout de leur faible taux de recouvrement qui ne dépasserait pas en moyenne 50% à l’échelle nationale avec de fortes disparités locales.

A.D

 

 

 

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