Le sport algérien…ou la grande mascarade !

A Haute Voix

Le sport algérien…ou la grande mascarade !
Par Fayçal Charif

Le dernier match de l’équipe nationale de football, contre la jeune, belle et séduisante équipe de Zambie, aura fait tomber la dernière feuille du grand arbre qui cachait la forêt du football algérien et du sport algérien.

Une équipe nationale sans âme, tout comme le football national, tout comme le sport algérien. Des joueurs perdus sur « leur » terrain et devant « leur » public venu nombreux et croyant à l’exploit et gardant espoir jusqu’à l’ultime minute. Une équipe sans fond de jeu, sans envie, sans détermination. Une équipe agonisante, mourante…tout comme « notre » football, tout comme notre sport.

Aller au fond des choses, mettrait les joueurs, qui pris individuellement sont doués, hors de l’analyse et du constat qui devront être fait et au plus vite. Les Brahimi, Mahrez, Bentaleb et tous ces jeunes qui se sont imposés dernièrement ne sont pas la cause du marasme, de la mascarade. Le problème est ailleurs, loin des terrains et des ballons.

Cette belle équipe nationale qui a donné tant de joie et liesse à tout un peuple, un peuple qui n’avait plus de référence que cette bande de joueurs qui savait faire vibrer toute l’Algérie. Depuis 2009, l’équipe « Algérie » est devenue le symbole de la nation. Depuis Oum Derman, en passant par le mondial de 2010 et celui de 2014 et par quelques éclaircies africaines, l’Algérie et les algériens ne vivaient que pour « leur » équipe nationale. C’était « leur » raison de vivre, leur refuge, leur espoir, surtout pour cette jeunesse laissée pour compte, oubliée, méprisée. Ces jeunes voulaient la réussite de leur « Equipe Nationale » pour dire et crier fort « voilà ce dont la jeunesse algérienne est capable ».

De l’autre côté de la barrière, on reste aveugle, sourd et muet. Personne ne comprend, personne ne veut comprendre, personne n’a envie de comprendre. Le temps passe, et le grand arbre qui cache la forêt étendait son feuillage jusqu’à empêcher de voir ce qui se passe dans la grande forêt, dans « la grande maison » du football et dans la grande maison du sport algérien.

Au moment où tout un peuple était en euphorie et fier de son équipe nationale, des « responsables » du sport faisaient leurs affaires et touchaient à tout, aux affaires, à la politique et surtout aux magouilles. L’essentiel était de régner et de durer pour gagner en notoriété et devenir une sature nationale et en tirer profit.

Cet état de fait a enfanté des « vampires » dans les clubs et dans les institutions sportives. On a eu droit à un « dictateur » que certains regrettent et oublient qu’il est à l’origine de ce marasme. Aujourd’hui de grands clubs algériens sont dirigés par des « voyous », notre championnat est l’un des plus médiocres, les écoles de formation sont bannies, les stades sont dans un état lamentable, la fédération est depuis une dizaine d’année à la recherche de sa stabilité, les compétences sont écartées, les anciennes gloires du foot algérien sont rejetées…et la liste est longue.

Le football algérien a besoin d’une refonte et non de rafistolage. Le sport algérien a besoin d’une nouvelle réforme portée par l’état pour lancer la réflexion et la mise en oeuvre comme ce fut le cas en 1976. Parce que l’état est responsable aussi de cette mascarade footballistique à travers son institution officielle « le ministère de la jeunesse et des sports » qui depuis plus de dix ans est resté en retrait et sans interventions devant les graves dérives.

Un ministère « responsable » et « gérant » de tous les sports, qui n’arrive pas à arrêter l’hémorragie de notre sport national, qui n’arrive plus à hisser le sport vers le haut niveau, hormis quelques courageuses tentatives faites de détermination de leurs auteurs.

Il ne faut pas mentir et se mentir, nos « experts », nos « penseurs », n’avaient pas pu hisser la génération de Lalmas et ont fait rater le suite, qui devait être rayonnante, pour la génération des Madjer et Assad tout comme ils le font avec cette génération née avec Meghenni, le talentueux joueur qu’on a enterré vivant, et qui a voulu survivre avec M’boulhi…

Arrêtons de faire les faux bilans et arrêtons cette mascarade. Le mal est profond et ancien. Notre sport est malade, bien malade. De Rahoui Boulem en1975 à Morseli et Boulmerka au début des années 90, en passant par la grande équipe de Handball des années 80, de l’équipe de football de 82, il ne reste que les souvenirs. Le sport ne vit pas de souvenirs, le sport est un perpétuel développement, géré par des compétences et des engagés pas par des affairistes.

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