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Le premier débat entre Trump et Biden a tourné au règlement de comptes

Joe Biden s'est montré particulièrement offensif face à Donald Trump, dans un débat cacophonique où les petites attaques ont éclipsé les propositions de fond.

Le premier débat entre Trump et Biden a tourné au règlement de comptes

Par : Jade ToussayBénédicte Magnier

 Joe Biden s’est montré particulièrement offensif face à Donald Trump, dans un débat cacophonique où les petites attaques ont éclipsé les propositions de fond.

ÉLECTIONS AMÉRICAINES – Chaotique. Le premier débat présidentiel entre Joe Biden et Donald Trump s’annonçait tendu, et il l’a été. Depuis Cleveland ce mardi 29 septembre, les deux candidats en lice n’ont pas cessé d’échanger les coups, le démocrate se montrant particulièrement virulent face à son adversaire.

Dans ce débat suivi par des millions d’Américains, les deux candidats ont été interrogés sur plusieurs sujets particulièrement sensibles aux États-Unis : la nomination du nouveau juge à la Cour Suprême, l’Obamacare, les impôts du chef d’État, les tensions raciales et bien sûr, le coronavirus. Sans aucune surprise, chacun a campé sur ses positions.

Mais très vite, moins de 20 minutes après le début de show, l’ambiance a viré à la cacophonie. Joe Biden, surnommé “l’Endormi” par Donald Trump, a fait mentir son surnom, traitant successivement le président de “menteur”, de “clown” ou encore de “caniche de Poutine”.

“Pourriez-vous la fermer ? ”

“Pourriez-vous la fermer ?”, a notamment lancé l’ancien vice-président excédé par les interruptions de Donald Trump qui justifiait sa volonté de remplacer la juge Ruth Bader Ginsburg avant l’élection de novembre. Rebelote quelques minutes plus tard, lorsque Joe Biden étrillait la stratégie de réouverture de l’économie prônée par son adversaire face au coronavirus.

“Donald Trump n’a aucun plan. Vous devez être capable de fournir aux commerces les moyens financiers pour rouvrir en respectant les recommandations sanitaires”, a commencé Joe Biden, avant d’être interrompu par Trump. “Va-t-il se taire une minute ?”, a-t-il lâché, sans même accorder un regard au républicain.

Le candidat démocrate a ensuite qualifié à plusieurs reprises Donald Trump de “menteur”, avant, un peu plus tard, de le traiter de “clown” et de se reprendre dans la foulée : “Pardon, cette personne”, s’est-il immédiatement corrigé.

Face à un Joe Biden très en verve et qui n’a pas hésité à rire ouvertement face au républicain, Donald Trump a à plusieurs reprises tenté de reprendre le contrôle du débat. Mais il a aussi été épinglé par le présentateur Chris Wallace.

“Monsieur le président, je suis le modérateur de ce débat, et j’aimerais que vous me laissiez poser ma question pour que vous puissiez répondre”, s’est agacé le journaliste de Fox News, qui l’interrogeait sur ses plans pour remplacer l’Obamacare. “J’ai l’impression que je débats avec vous et pas avec lui. Mais cela ne me surprend pas tant que ça”, a répliqué Donald Trump, qui avait déjà dit redouter que Wallace soit “contrôlé par la gauche radicale” lors du débat.

“Il n’y a rien d’intelligent en vous” 

Ces prises de bec ont dominé le débat, éclipsant les propositions concrètes de chacun. Défendant son bilan, Donald Trump a affirmé une nouvelle fois avoir fait “plus en 47 mois que Biden en 47 ans”.

De son côté, le démocrate a multiplié les attaques sur la gestion de la pandémie par Donald Trump. “Beaucoup de gens sont morts”, a souligné Joe Biden, rappelant que le bilan américain a franchi le seuil des 200.000 victimes. “Et ils seront encore beaucoup à mourir à moins qu’il (Trump, NDLR) ne devienne beaucoup plus intelligent, très rapidement”.

“Avez-vous employé le mot “intelligent” ? N’utilisez plus jamais ce mot en face de moi. Plus jamais. Parce que vous savez quoi ? Il n’y a rien d’intelligent en vous”, a raillé Donald Trump. Fidèle à sa rhétorique, le locataire de la Maison Blanche a réassuré avoir fait “un travail incroyable” lors de la pandémie, affirmant que “plus de vies auraient été perdues” si les démocrates et Biden avaient été au pouvoir.

“La gauche radicale vous manipule comme une marionnette”, a ensuite attaqué le milliardaire républicain, assurant que Joe Biden se montrerait faible face à la criminalité et la violence s’il était élu à la Maison Blanche. “Vous ne voulez rien dire sur la loi et l’ordre”, a-t-il ajouté face à l’ancien vice-président, pur produit de l’aile modérée du parti démocrate. “Êtes-vous pour la loi et l’ordre ?” “La loi et l’ordre avec la justice”, a répondu son adversaire démocrate.

“Une des pires débats de l’histoire”

Mâchoires serrées, le locataire de la Maison Blanche, qui briguera le 3 novembre un second mandat de quatre ans, était tourné durant tout le débat vers Joe Biden. Ce dernier, à l’inverse, avait le plus souvent les yeux plantés dans la caméra, prenant les Américains à partie.

À l’issue du débat, les deux candidats ont été interrogés sur l’intégrité du scrutin. Joe Biden, fixant la caméra, a dûment encouragé les Américains à se rendre aux urnes : “Votez, votez, votez”, a-t-il martelé. “Il ne peut pas vous empêcher de déterminer l’issue de cette élection. ”J’accepterai” les résultats, a assuré l’ancien vice-président. “Si ce n’est pas moi, je reconnaîtrai le résultat”, a-t-il ajouté, tout en promettant d’être, en cas de victoire, “un président pour les démocrates et les républicains”.

Donald Trump n’a lui pas répondu à cette question du modérateur Chris Wallace, se bornant une fois de plus à affirmer sans preuve que le vote par correspondance, qui s’annonce important en raison du Covid-19, favoriserait des “fraudes”. “Les résultats de la Présidentielle pourraient ne pas être connus avant des mois”, a-t-il simplement déclaré.

Avant cette échéance, Joe Biden et Donald Trump se retrouveront encore deux fois face à face. Et si ce soir les attaques personnelles l’ont emporté sur le débat de fond, il faudra sans doute faire mieux pour convaincre les Américains de se mobiliser pour une élection décisive.

“Ce débat restera comme l’un des pires de l’histoire”, a d’ailleurs déclaré à l’AFP Aaron Kall, enseignant à l’Université du Michigan et spécialiste des débats présidentiels.

Source : HuffPost 30/09/2020

 

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