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Le potentiel de croissance de l’Afrique pour assurer son essor relevé

Le potentiel de croissance de l’Afrique pour assurer son essor relevé

ALGER- Le Premier ministre Abdelmalek Sellal a soutenu samedi que pour réaliser un bond qualitatif et parvenir à une transformation structurelle, l’Afrique devrait saisir son potentiel de croissance en s’appuyant sur ses propres compétences et son entreprenariat.

Dans son allocution prononcée à l’ouverture du Forum africain d’investissements et d’affaires, qui se tient du samedi au lundi au Centre international des conférences Abdellatif Rahal (Club des Pins), M. Sellal a souligné qu’il était temps pour que l’Afrique « s’affirme sur la scène internationale en tant qu’ensemble puissant et dynamique incontournable aussi bien sur le volet politique qu’économique, en pointe dans le combat contre les facteurs nouveaux de fragilité ».

Il a également tenu à rappeler que le président de la République Abdelaziz Bouteflika, « haute personnalité politique qui a consacré sa vie à l’émergence de l’Afrique » avait marqué son soutien à l’organisation de ce forum en acceptant de lui accorder son haut patronage.

Soulignant qu’il était essentiel « de sortir des clichés et des idées reçues », le Premier ministre a fait valoir que « réduire le continent à un simple réservoir de matières premières serait une grave erreur ».

Par ailleurs, il a indiqué que certaines vulnérabilités coûtaient cher à l’économie africaine et nuisaient à sa productivité.

« Il faut impérativement s’attaquer à ces facteurs de fragilité et rendre l’économie plus résiliente pour maintenir une croissance vigoureuse, pérenniser les avancées en matière de lutte contre la pauvreté et atteindre les objectifs de développement », a-t-il insisté.

« Face aux symptômes du terrorisme, de la migration, de la criminalité ou de la pauvreté, il nous faut nous attaquer aux origines du mal à travers le développement socio-économique » de l’Afrique, a-t-il poursuivi.

Au sujet de cette rencontre, M. Sellal a expliqué qu’il ne s’agissait pas d’une manifestation institutionnelle ou protocolaire ni encore moins d’un forum économique Algérie-Afrique, mais de « la réunion d’investisseurs et d’hommes d’affaires du continent qui se donnent rendez-vous dans l’une de ses métropoles, Alger, pour créer de la richesse. »

Il a ainsi mis en avant les objectifs de ce forum qui offre, selon lui, « l’opportunité précieuse de partager et d’échanger afin de mieux se focaliser sur l’interconnexion durable et fructueuse entre les différents opérateurs économiques dans nos pays et la création de synergies novatrices entre nos économies nationales ».

Pour le Premier ministre, l’une des principales carences réside dans le fait que « l’Afrique ne consomme pas ce qu’elle produit et consomme ce qu’elle ne produit pas ».

Cette équation, ajoute-t-il, explique la faiblesse du commerce intra-régionale qui ne représente que 10 à 12% du total du commerce du continent alors qu’il atteint 40% en Amérique du Nord et 60% en Europe de l’Ouest.

« Plus de 80% des exportations africaines partent à l’étranger. A cela s’ajoutent des règles commerciales complexes et des infrastructures en mauvais état. Il n’est donc pas surprenant que les échanges inter-africains n’aient presque pas progressé cette dernière décennie malgré un taux de croissance moyen de 5% sur la même période », a encore noté le Premier ministre.

« La simplification et la convergence des normes et règlements ainsi que le développement des infrastructures de base ont ainsi été identifiés par nos dirigeants en tant que chantiers prioritaires de l’Union africaine et de ses mécanismes de coopération, notamment le NEPAD », a relevé M. Sellal.

L’Algérie apporte une contribution à l’édification de la « maison commune »

Dans ce contexte, a-t-il poursuivi, l’Algérie apporte sa contribution à cette édification de « notre maison commune » à travers des projets structurants comme le grand port-Centre d’El Hamdania (Cherchell), plus grand terminal de transbordements de conteneurs de la Méditerranée, et la réalisation en cours de la liaison routière Alger-Lagos, qui permettront de diviser par quatre les délais de livraison de marchandises de et vers l’Europe ou le Moyen-Orient.

« L’Afrique numérique, environnementale et énergétique est également, pour nous, un pré-requis du développement intégré. L’Algérie, dans les domaines de l’eau de l’électricité, du gaz, de la téléphonie et des nouvelles technologies de l’information et de la communication, affiche des taux de couverture et de raccordement tous supérieurs à 95% et ambitionne de partager son offre commerciale et son expérience accumulée dans et avec d’autres pays frères du continent », a avancé le Premier ministre.

Il a expliqué que l’exploitation des matières premières, même dans le scénario d’une hausse future des cours, ne suffirait plus à couvrir les besoins de développement.

« Il nous faut, désormais, chercher la croissance ailleurs, c’est-à-dire dans votre espace, celui de  l’entreprise, à travers les partenariats et le win/win business », a-t-il noté.

« Pour renforcer nos capacités entrepreneuriales, nous nous appuyons, en Algérie, sur un large consensus entre les pouvoirs publics, les partenaires sociaux et le partenariat. Un pacte national économique et social scelle cette convergence de vues et fixe le cadre de notre action collective pour la diversification de notre économie et sa mue vers la création de richesses et de plus-value », a dit M. Sellal en direction des participants au forum.

Un effort constant « est déployé pour simplifier les règles et les procédures économiques, encourager l’investissement et améliorer l’univers de l’entreprise », a signalé M. Sellal qui voit que le développement africain dépend de la construction de partenariats avec les autres espaces économiques régionaux ainsi qu’avec les économies les plus dynamiques et les plus prometteuses.

« La réussite d’un partenariat à long terme est tributaire de solutions aux défis de l’Afrique en matière de déficit en infrastructures, de réforme de modèles économiques, de protection de l’environnement, de développement humain et d’accroissement des capacités scientifiques et techniques », a précisé le Premier ministre.

L’Afrique, a-t-il ainsi soutenu, « s’attend, par conséquent, à des investissements directs et des aides au développement conséquents et donc, des retours sur investissements importants. C’est pour nous tous un défi vital ».

 

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