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Le port du masque obligatoire fait consensus, pas la date du 1er août

"Nous avons des inquiétudes", a reconnu le chef de l'État en annonçant son souhait de rendre le masque obligatoire dans quelques semaines. Les oppositions se demandent pourquoi attendre. 

Le port du masque obligatoire fait consensus, pas la date du 1er août

Par : Anthony Berthelier

« Nous avons des inquiétudes », a reconnu le chef de l’État en annonçant son souhait de rendre le masque obligatoire dans quelques semaines. Les oppositions se demandent pourquoi attendre. 

 POLITIQUE – Macron et les masques, nouvel épisode. Renouant avec l’interview Présidentielle du 14 juillet, le président de la République a constaté que les règles de distanciation sociale, recommandées pour éviter un rebond de l’épidémie de coronavirus, étaient “un peu erratiques dans les lieux publics.” Il a donc promis “une nouvelle étape” dans la stratégie gouvernementale.

“Je souhaite que dans les prochaines semaines on rende obligatoire le masque dans tous les lieux publics clos”, a-t-il annoncé, répétant, comme ses ministres ces derniers jours que “la meilleure prévention c’est les gestes barrière.”

Car Emmanuel Macron le dit lui-même : “nous avons des signes que (l’épidémie) repart quand même un peu.”

Pourquoi attendre ? 

Très attendue, la décision du chef de l’État fait consensus dans la classe politique. Plusieurs médecins la réclamaient depuis un moment, et certains d’entre eux se même sont fendus d’une tribune dans Le Parisien.

“Le port du masque ne vise pas qu’à se protéger soi-même, mais aussi à empêcher la diffusion du virus ; à condition que tout le monde le porte ! Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour vos parents plus âgés, votre frère ou sœur hypertendus ou vos proches fragiles chez qui le virus pourrait être mortel”, exhortaient ces quelques grands noms de la médecine le 11 juillet dernier.

Mais si la décision d’imposer le masque est saluée par tous, le calendrier choisi par le chef de l’État l’est beaucoup moins. Lui a parlé du 1er août comme date d’entrée en vigueur. “Pourquoi attendre ?” lui répondent en chœur les oppositions. “Pourquoi ne pas l’avoir décidé dès le déconfinement ? Pourquoi attendre le 1er août alors que le nombre de cas est à la hausse ?”, s’interroge par exemple le député européen insoumis Manuel Bompard. Sa collègue à Bruxelles Aurore Lalucq pointe de son côté des “propos très brouillons ?”

“Pourquoi si tard ?”, se demande la sénatrice EELV Esther Benbassa, tout en soulevant la question de la gratuité des masques quand ils deviendront obligatoires.

“Qui peut m’expliquer pourquoi on a pu confiner les Français en 48 heures et il nous faudrait 17 jours pour rendre le port du masque obligatoire dans les lieux clos alors ‘que les signes de reprise de l’épidémie sont là ?’”, ajoute Jean-Christophe Lagarde, le président de l’UDI particulièrement virulent depuis le début de la crise sanitaire.

Les signes d’une reprise sont là

Car comme le parlementaire -et Emmanuel Macron dans son interview- les scientifiques constatent effectivement les premiers signes d’une reprise épidémique.

Plusieurs chiffres relevés dans le dernier point hebdomadaire de Santé publique France publié vendredi 10 juillet, témoignent de ce phénomène. Chez SOS Médecins, la semaine passée a vu le nombre d’actes pour suspicion de Covid-19 augmenter de 41%.

Du 28 juin au 4 juillet, le nombre de patients testés en France métropolitaine a augmenté de 26% par rapport à la semaine précédente. Et le nombre de cas confirmé augmente lui aussi depuis le 8 juin, notamment à cause de la situation en Guyane. Mais sur la dernière semaine, une hausse de 14% s’est également dessinée en France métropolitaine, “en partie liée à une augmentation des cas en Mayenne”.

Autre indicateur en hausse, le fameux “R effectif” ou Re. Le R0 calcule le nombre théorique de personnes qu’un infecté contamine en moyenne (il est autour de 3 selon différentes études). Ce chiffre est utile pour savoir si un virus a un potentiel de transmission important. S’il est inférieur à 1, l’épidémie recule. Sinon, elle progresse, plus ou moins vite. Ici aussi, les nouvelles ne sont pas spécialement bonnes : il est passé de 0,90 à 1,05. Ce n’est pas beaucoup plus mais il est préférable de rester en dessous du seuil de 1.

D’où le nouveau tour de vis présidentiel sur les gestes barrières. En attendant le 1er août, Emmanuel Macron a “recommandé à tous nos concitoyens de porter le masque au maximum quand ils sont dehors et, a fortiori, quand ils sont dans un lieu clos”.

 Source : HuffPost 15/07/2020

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