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Le mouvement des « Gilets Jaunes » s’essouffle mais n’abdique pas

PARIS - Le mouvement des "Gilets Jaunes" a montré ce samedi qu'il s'essoufflait, sept mois après avoir déclenché la contestation contre la politique fiscale du gouvernement, mais ne semble guère abdiquer.

Le mouvement des « Gilets Jaunes » s’essouffle mais n’abdique pas

PARIS – Le mouvement des « Gilets Jaunes » a montré ce samedi qu’il s’essoufflait, sept mois après avoir déclenché la contestation contre la politique fiscale du gouvernement, mais ne semble guère abdiquer.

En matière de mobilisation, les samedis « Jaunes » se répètent mais ne se ressemblent pas, notamment depuis déjà quelques mois où on relève de plus en plus un net recul et une lassitude pour un mouvement sans leadership ayant montré une multitude de fractures en son sein.

Selon le Ministère de l’Intérieur, il y avait ce samedi 7000 manifestants dans les villes de France, alors que sept mois avant il y en avait près de 300.000. Mais, estiment les observateurs, le malaise social en France est « toujours présent », malgré les mesures gouvernementales pour « dégoupiller » cette crise.

Les mêmes observateurs ne reconnaissent cependant que le mérite de ce mouvement « c’est d’avoir pesé » sur la politique du gouvernement d’Emmanuel Macon en l’obligeant à « revoir ses notes » et « recentrer sa politique » pour être à l’écoute des Français à travers le « grand débat national » qu’il a organisé de janvier à mars.

Pour tenter d’estomper cette crise, l’exécutif a dégagé une enveloppe financière considérable pour le social et, en même temps, a musclé son arsenal juridique pour lutter contre les manifestants radicaux et les casseurs.

Des médias indiquent que, depuis le début du mouvement, près de 2.000 « gilets jaunes » ont été condamnés par la justice et 40 % d’entre eux ont écopés de peines de prison ferme.

A la faveur de la loi anticasseurs et des interdictions de manifester dans les quartiers stratégiques de Paris, les services de sécurité ont réussi à contenir les « gilets jaunes », ce qui a découragé nombre d’entre eux de déserter la capitale.

Ce samedi, ils étaient moins de mille personnes, alors qu’ils dépassaient largement les 10.000 au début du mouvement.

Même constatation dans les autres grandes villes, ce qui a poussé les tenants du mouvement à repenser leur mobilisation en optant, par exemple, pour des opérations « escargot », sur les rocades et les routes à grande circulation, en roulant en cortège à une vitesse réduite (30 à 50 km/h) pour faire ralentir la circulation.

Pour ces manifestants, l’objectif est de montrer qu’ils sont toujours là et de tenter de remobiliser les gens autour de leurs revendications qui, selon eux, « sont restées inchangées ».

Plusieurs manifestants ont déserté les centres-villes pour réoccuper les ronds-points afin de sensibiliser les Français sur leurs revendications par des « pancartes à messages ». Des revendications qui sont nées, rappelle-t-on, du ras-le-bol fiscal et de la dégradation du pouvoir d’achat.

Dans un récent sondage sur la politique menée par le gouvernement, plus de 70 % des Français pensent qu’elle est « inefficace » pour résoudre leurs problèmes sociaux, ce qui laisse indiquer que le malaise social reste vivace et semble être loin de disparaître, en tout cas durant le quinquennat du président Macron.

Toutefois, même si le mouvement des « Gilets Jaunes » n’abdique pas pour le moment, nombre d’analystes politiques pensent qu’il est obligé de se réinventer ou il risque de disparaître.

Aps

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