Le monde de la retraite

Le monde de la retraite

Par : Abdelkader DJEBBAR

En Algérie, dans certains cercles, on ne vit pas. Tout juste si on vivote. Et encore faut-il avoir des appuis à droite, à gauche et le plus souvent au centre. Triste et amer constat d’un journaliste à la retraite présentement avec 18.000 dinars de pension après 25 années de dur labeur.

Comme ce journaliste, ils sont des milliers et des milliers à vivre le calcaire au fil des jours, au fil des mois, au fil des années. Et, bien heureux ce journaliste qui, comparé à d’autres retraités, peut se dire être à l’abri des malheurs de la vie de tous les jours. Il a des enfants sur qui il peut s’appuyer pour boucler les fins de mois, surtout pour s’acquitter des factures. Du coup, c’est aussi toute la caisse nationale de retraite qui souffre. Les entrées des cotisations sont de plus en plus maigres. Car, de nombreux, de très nombreux travailleurs ne sont pas officiellement déclarés et sont dans l’informel.

La viabilité financière du système de retraite algérien, bien qu’elle soit encore assurée aujourd’hui de façon conjoncturelle, est clairement menacée à terme par de profonds déséquilibres structurels qui trouvent leur origine dans le fait que les ressources de la CNR ne se développent pas de façon proportionnelle à l’activité économique, principalement en raison du poids croissant de l’activité informelle. En substance, face à la croissance rapide des prestations, les cotisations ne rentrent pas suffisamment.

En juillet 2016, le système national de retraites concernait 2,880 millions de retraités. Parmi ces derniers, 2,6 millions bénéficient d’une pension tandis qu’environ 250.000 perçoivent seulement une allocation de retraite d’un montant beaucoup plus modeste.

Suivant des chiffres confirmés récemment par le directeur de cette caisse, la CNR  verse mensuellement plus de 86 milliards de dinars de pensions. On s’attend donc à ce que le montant des prestations franchisse la barre des 1000 milliards de dinars ( près de 10 milliards de dollars). Ces versements ont également été en très forte croissance au cours de la décennie écoulée puisqu’ils étaient seulement de 200 milliards de dinars en 2005, et d’environ 400 milliards de dinars en 2010.

Ces premiers déficits ont servi de révélateurs de la fragilité des équilibres financiers du système de retraite algérien. Ils ont conduit, dans le but affirmé d’« assurer sa pérennité à long terme », à la création par la Loi de finances complémentaire 2006 du Fonds national de réserves des retraites (FNRR). Ce dernier est alimenté par une fraction de la fiscalité pétrolière  (2%) ainsi que par une fraction des excédents de trésorerie des caisses de sécurité sociale.

Face à des prestations en croissance rapide, le nombre de cotisants, estimé actuellement à 7 millions d’actifs, n’augmente pas au rythme de la réalité du monde laborieux. En cause, essentiellement, le poids croissant de l’informel qui concerne, suivant les sources, entre trois et quatre millions de travailleurs non déclarés.

A.D

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