EuropeNewsSciences

Le jalon manquant de la scène d’abstinence retrouvé

Le jalon manquant de la scène d’abstinence retrouvé

Lausanne par : Dr Rafik Ouared

Les écarts importants entre les différents horaires de imsak sont essentiellement dus, à l’inefficacité des musulmans contemporains qui ont interprété de manière restreinte et incomplète le verset du Coran : « Mangez et buvez jusqu’à ce que vous distinguiez le fil noir du fil blanc de l’aube »  (Sourate Al-Baqara, verset 187). Il s’en est suivi un recours à des solutions intermédiaires partielles pour calculer les horaires,  solutions qui portaient en elles le germe de l’ambiguïté engendrant la confusion vécue actuellement par les musulmans. Néanmoins, il est important  de noter que la polémique du imsak est différente de celle du début et de la fin du ramadan, en ce sens que dans la première, il manquait un critère de validation  scientifique que personne n’est allé chercher, alors que dans la seconde, le critère scientifique absolu existait de manière irréfutable, mais il a été ignoré! En ce qui concerne l’abstinence, le jalon manquant n’est autre que la photo de la véritable scène contenant les éléments descriptifs principaux cités dans le verset ci-dessus. Elle a enfin été observée durant l’aube du 23 juin 2016, dans le ciel de Lausanne en Suisse. C’est une image caractéristique qui contient une frontière rectiligne à fort contraste entre d’une part, une partie du ciel de couleur blanchâtre contenue dans un rectangle situé en dessous de la frontière, et d’autre part, une partie du ciel de couleur noire-bleuâtre située au dessus de cette frontière. Cette image caractéristique, est plus complète que toutes les descriptions qui ont pu être obtenues jusqu’à présent. Elle manquait à  notre patrimoine culturel et cultuel. Elle est désormais observable par tout un chacun désireux de la découvrir. Elle  permet aussi de déterminer, de manière plus juste et plus précise, par un recours à des méthodes scientifiques objectives et indépendantes de la vision propre, le moment extrême d’abstinence et le début du fajr, les soustrayant ainsi à la polémique. Nous allons maintenant expliquer l’origine de l’ambiguïté, ses conséquences sur les choix méthodologiques actuels et enfin, l’impact de cette découverte dans la pratique éclairée des fidèles.

1/ Origine de l’ambiguité

L’ambiguïté concerne les grandes lignes de  l’interprétation du verset ci dessus: jusqu’à présent, on se bornait à considérer que le fil blanc représentait les premières lueurs de l’aube dans une nuit relativement sombre, comme le précisait Monsieur Ahmed Djaballah en 2012 lorsqu’il était président de l’union des organisations islamiques de France (UOIF) : …Le fil blanc correspond à la lumière qui commence à apparaître… Ayant dit cela, et en l’absence d’un critère de vérité absolu, il ne restait plus qu’à adopter les conditions relatives d’observations des marins ou des astronomes, pour déterminer l’heure très approximative du imsak. Cette dernière, peut survenir durant le crépuscule astronomique, situant le soleil entre 12° et 18° en dessous de l’horizon. Les moments correspondant au crépuscule astronomique peuvent être calculés de manière juste et précise. Par contre les niveaux de cette justesse et de cette précision se perdent dans l’inférence qui est requise pour déduire les horaires fictifs du imsak.  En effet, l’intensité lumineuse censée représenter les lueurs du fajr, est associée aux différentes positions du soleil et donc, à des moments pouvant osciller sur une large plage du crépuscule astronomique, qu’on ne saurait contraindre objectivement. Cette interprétation vague, incomplète et imprécise du verset coranique, a donc conduit manifestement à une divergence importante dans l’établissement des horaires de imsak. Mais ce qui est plus grave encore, c’est que certains responsables religieux qui ne comprennent pas la vraie signification de ces horaires, considèrent que cette gabegie est normale et qu’il faut vivre avec! Quant à ceux qui savent, ils ne font rien pour expliquer l’origine de ces écarts, eux même prisonniers de cette interprétation restreinte et incomplète.  Ils n’ont pas d’autres solutions à offrir. Cette faille initiale, dans l’interprétation du verset coranique, n’est pas naturelle. Elle est le fait des inefficacités de l’homme. Il faut donc la corriger!

2/ Conséquences sur les choix méthodologiques

Nous avons vu que les horaires du imsak données dans les tables disponibles gratuitement dans les commerces et dans les centres islamiques, ne sont pas les véritables instants du imsak. Ces horaires correspondent, en réalité, aux moments ou le soleil se situe sous l’horizon à un angle donné. De plus, ce qui n’est pas dit explicitement, c’est qu’on incite notre imaginaire à faire un effort d’extrapolation additionnel et inconscient, pour admettre implicitement, qu’en cette position du soleil, les lueurs perçues dans le ciel seraient celles du fajr. En réalité elles ne le sont pas ou alors pas tout à fait car Le verset ne donne pas de critère de vérité sur l’intensité absolue de la lumière, mais plutôt sur la variation locale entre des nuances de blanc et de noir.  Le caractère libre du choix de l’intensité lumineuse, obligea les érudits à fixer le curseur de la dépression solaire, arbitrairement entre 12 et 18°, et ce, en l’absence d’une véritable règle d’or observationnelle. Mais le problème ne s’arrêta pas là. Le hizbululama.org.uk, en plus d’avoir signalé ce problème et recommandé de vérifier par des observations appropriées, que le choix local de ce paramètre était justifié, a également signalé que ce paramètre n’était pas fixe le long de l’année, ce qui complique un peu plus le problème. Dans ce cas, il faudrait régulièrement réviser ce paramètre flottant avec le temps, ce que personne ne fait en l’absence d’un critère de vérité. A la suite de cette remarque, Sayed Khalid Chaukat, astronome  résident à  Washington DC, a mené une expérience de visualisation pendant une dizaine d’années, avec un panel d’observateurs réparti entre plusieurs villes des Etats-Unis, d’Angleterre et d’Asie. Les résultats de ces observations cumulées ont été ajustés mathématiquement pour livrer en chaque lieu et temps le moment de l’imsak accompagné des autres moments de prière de la journée. Cependant, vu le manque de communication concernant la qualité de ces données, le critère de vérité observationnel ainsi que la méthode d’ajustement utilisée, il est préférable, avant d’utiliser ces valeurs, de faire une vérification visuelle préalable en chaque lieu qui n’était pas inclus dans les observations initiales. Nous avons fait cette vérification près de Lausanne, et avons déterminé que le critère observationnel absolu de la scène de imsak n’était pas entièrement réalisé avec les mesures de Sayed Chaukat.

3/ Le critère observationnel de la frontière rectiligne

Notre expérience observationnelle réalisée durant le Ramadan 2016 a révélé que la fine apparition de la frontière visuelle rectiligne séparant le ciel blanchâtre et bleu foncée du ciel, est le seul discriminant permettant de déterminer la limite temporelle effective du imsak avec une précision de l’ordre de quelques secondes, selon les conditions expérimentales en vigueur.  Cette frontière, met environ, dix à quinze minutes pour apparaitre clairement à l’oeil nu, avant de disparaitre une à deux minutes plus tard. Le 23 juin 2016, dans le canton de Vaud en Suisse, nous avons pu établir que la mesure établissant la preuve du concept, a eu lieu à 3h56’, tandis que selon l’ajustement observationnel de Sayed Chaukat elle était signalée 10 minutes plus tôt. Par ailleurs, les captures photographiques correspondant aux temps calculés par les modèles paramétriques, étaient uniformément sombres, pour les dépressions solaires de 17° (3h05) et 15° (3h38’), respectivement, même si pour le dernier cas, on aurait tendance à distinguer très faiblement un début de trace de la frontière. Par contre pour le modèle à 12°, la frontière rectiligne s’était effacée depuis 9 minutes, laissant place à un large dégradé progressif de couleur dans le ciel, entre blanc et bleu saumâtre. Les écarts de temps estimés ci-dessus, ne sont pas fixes et peuvent varier en fonction des saisons. Ces images ont été acquises en pointant l’appareil photo dans la direction nord-est, environ 20 degrés à partir de l’est, à une altitude de 700m. 400 images ont été ainsi capturées. Elles sont à la disposition du public pour qui veut les voir. L’image caractéristique de la scène de imsak est apparu jusqu’à présent dans le ciel à la même élévation. L’élévation de la frontière apparente, à partir du plan d’observation, est de l’ordre de 6°. Seul, l’instant de réalisation de la frontière fil-blanc-fil-noir caractérisant le moment extrême du imsak, a varié avec le temps. La précision de la mesure du temps d’abstinence dépend des conditions d’observation et d’acquisition. A cause de l’apparition de quelques nuages ayant gêné l’observation, et du fait que les images ont été acquises à raison de 3 images par minute, on estime l’incertitude à 20 secondes, en ce jour du 23 juin. Si la météo avait été parfaite et sans nuages, l’erreur de mesure aurait été évaluée à 10s. L’erreur cible qu’il est possible d’approcher avec un maximum de précautions, est de quelques secondes.  En comparaison, le modèle paramétrique génère actuellement une grande incertitude  de l’ordre de plusieurs dizaines de minutes.

3/ Impact de la nouvelle précision de détermination du imsak dans l’établissement du calendrier lunaire

Tout d’abord, cette précision phénoménale dans la connaissance du temps, va permettre de mieux maitriser les rituels respectifs d’abstinence et de ne pas faire la prière du fajr avant l’heure. D’autre part, cette découverte va permettre de généraliser l’usage du calcul astronomique dans la détermination du calendrier lunaire, de manière confortable. Pour cela, les instants respectifs de conjonction et de imsak sont comparés selon la règle qui veut que le premier fajr rencontré après la conjonction soit considéré comme  le premier jour calendrier du mois. Dans l’optique précédente du modèle paramétrique, l’application de cette règle était péjorée par le gros écart entre les valeurs limites  des horaires d’abstinence, selon les saisons et les régions, pouvant empêcher la détermination certaine du premier jour calendrier du mois. Il suffirait donc pour cela, que la conjonction ait lieu à un moment intermédiaire entre les limites extrêmes du modèle, pour créer de facto, une singularité. En été par exemple, à Lausanne, l’incertitude liée à cette indétermination est d’environ une heure.  La nouvelle erreur expérimentale qui est de l’ordre de quelques secondes, réduit la marge de cette indétermination à une toute petite minute, éliminant d’emblée,  l’occurrence d’une telle singularité. Cette précision phénoménale dans la mesure du imsak, n’est pas un caprice d’expérimentateur, mais un élément fédérateur, rationnel et fonctionnel qui permet de résoudre la problématique du début et fin du ramadan,  comme un gain collatéral. Notez bien cependant, que pour la détermination du premier jour calendrier du mois lunaire, l’harmonie parfaite est toute trouvée, entre un calcul précis des conjonctions et une mesure observationnelle précise de l’horaire du fajr. C’est donc, cette exigence de précision aussi bien dans le calcul que dans l’observation, que se réalisent l’harmonie et la durabilité des solutions, à l’abri des polémiques indigestes et cycliques. Ceux qui rejettent cette exigence de précision dans la validation des concepts, ne réalisent pas son importance fonctionnelle.

4/ Conclusion

Il est remarquable qu’une simple réinterprétation du verset coranique telle que validée par l’observation, ait permis de réduire l’imprécision sur la détermination de l’instant extrême du imsak d’environ soixante fois. Contrairement à la polémique cyclique concernant la détermination du mois de Ramadan, c’est l’observation de la scène du fajr qui est plus précise que le calcul, ce dernier ne pouvant que fournir l’heure à laquelle le soleil réalise une dépression préfixée arbitrairement, rendant l’heure du fajr très imprécise. Il faut donc rejeter les méthodes paramétriques qui déterminent approximativement le imsak. L’observation directe de la scène du imsak est à contrario, très précise, caractérisée par une frontière fine dans le ciel, entre les couleurs blanchâtre et bleuâtre. La disparition de cette frontière signe le début officiel de l’abstinence du jour. Cette frontière n’est rien d’autre que le grand coté supérieur d’un rectangle blanc. La précision de cette mesure dépend du nombre de photos prises par minute, si toutes les autres conditions d’observation sont idéales (pas de nuages, pas d’obstacles visuels comme des montagnes, et des bonnes conditions de visibilité). La connaissance précise du moment effectif du imsak permettra à tout un chacun d’organiser son abstinence en toute confiance. Cette précision a des retombées fonctionnelles pour la résolution d’autres problèmes de manière pérenne, comme le début et la fin du ramadan. A la lumière de ces nouveaux développements, il s’écoulera plusieurs mois encore, avant  de disposer des horaires de imsak pour une année entière. Entre temps, il faudra utiliser des solutions temporaires acceptables  pour satisfaire le fidèle.

R.O

Montrer plus
Erreur, aucun identifiant de pub n'a été mis! Vérifiez votre syntaxe.

Articles Liés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer
%d blogueurs aiment cette page :