Le FLN conforté, l’opposition mise devant ses faiblesses

Le FLN conforté, l’opposition mise devant ses faiblesses

Par : Kharroubi Habib

Même si le tsunami électoral en faveur de son parti promis par Djamel Ould Abbès ne s’est pas produit, il est incontestable que le FLN a obtenu un franc succès qui confirme et même renforce son statut de première force politico-partisane sur la scène nationale. Par les scores qui ont été les siens dans le double scrutin, l’ex-parti unique a nettement surclassé ses rivaux, même le RND le principal d’entre eux qui briguait de lui ravir la place. Certes, celui-ci a opéré un redressement électoral notable comparativement à ce qu’il a obtenu à la précédente élection des locales mais reste loin derrière la formation de Djamel Ould Abbès.

Le succès du FLN est assez large et Djamel Ould Abbès ne s’est pas privé de le souligner et d’attribuer le mérite de sa survenance à l’aura historique que le parti conserve auprès du peuple algérien mais aussi à la politique de «démocratisation et de rajeunissement» menée en son sein sous sa férule. Ce qui est certain, c’est que ce succès électoral de l’ex-parti unique va contribuer à perpétuer le statu quo politique fermant la voie à la perspective d’un changement salutaire auquel les Algériens aspirent en majorité. A Ould Abbès il offre l’argument à brandir pour faire taire les contestations et frondes qui remettent en cause son autorité en tant que secrétaire général.

Les piètres résultats ayant été ceux des partis de l’opposition doivent conduire celle-ci à se remettre en cause et à ne pas rester aveugle au fait que si malgré sa perte d’attractivité et le discrédit grandissant qui est le sien dans l’opinion publique, l’ex-parti unique continue encore à leur damer le pion, c’est en raison que les citoyens et les électeurs en particulier ne voient pas en les partis qui la composent des formations porteuses de solutions alternatives. Ce n’est pas tirer sur l’ambulance que d’affirmer que l’opposition ne parvient pas à percer et à mettre en difficulté le FLN et les satellites partisans qui confortent sa mainmise politique. Elle n’y parvient pas parce qu’elle donne d’elle à l’opinion algérienne l’image d’un conglomérat d’acteurs politiques qui n’a pour horizon que de supplanter l’ex-parti unique mais en étant dans ses pratiques et façons de faire la politique irrigué par la même culture politique qui conditionne celles de ses indéboulonnables caciques.

Il n’est pas exagéré ou faux de voir dans les voix électorales qui se portent sur le FLN contribuant ainsi à son maintien au premier plan de la scène politique l’expression d’électeurs désabusés s’étant fait la conviction qu’il vaut mieux avoir à faire à «l’original qu’à des copies». Nombre d’entre eux assument ouvertement en effet de voter FLN malgré leur désir d’un changement politique en faisant valoir qu’il a en face de lui des adversaires qui ne leur donnent aucune raison pour s’en détourner.

Le FLN profitera de cette vision négative qu’ont les citoyens de l’opposition politico-partisane qu’il suscite tant que les chefs de file de celle-ci n’évacueront pas de leurs comportements les travers qu’ils ont hérités de ce parti à un moment où à un autre de leurs parcours politiques. C’est dire que tant que la mainmise politique de l’ex-parti unique n’aura d’opposants que ceux qui la lui contestent présentement, il n’a pas de vraies inquiétudes à se faire. Ce en quoi les résultats du scrutin de jeudi dernier l’ont indubitablement conforté.

Kh.H

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