Le défi climatique de Rutte IV : des mesures supplémentaires sont nécessaires pour atteindre l’objectif.

Un an à peine après avoir présenté son nouvel objectif climatique, le cabinet Rutte IV est confronté à une tâche énorme. Alors que les plans de l’accord de coalition doivent encore être élaborés, la coalition doit déjà chercher de nouvelles mesures climatiques, car l’objectif de 2030 est à nouveau hors de portée.

L’encre de l’accord de coalition n’était même pas encore sèche à la fin de l’année dernière que l’Agence néerlandaise d’évaluation de l’environnement (PBL) concluait déjà que le nouvel objectif climatique « se situe à la limite de ce qui est pratiquement réalisable ».

VVD, D66, CDA et ChristenUnie ont convenu de réduire les émissions de CO2 de 55 à 60 % par rapport à 1990. Cet objectif a remplacé les 49 % énoncés dans l’accord sur le climat de 2019, qui s’avéraient déjà difficiles à atteindre. Selon le PBL, il serait incroyablement difficile d’élaborer et de mettre en œuvre des mesures suffisantes pour le nouvel objectif climatique.

À peine un an plus tard, le gouvernement est à nouveau confronté aux faits dans le cadre de son premier examen de la politique climatique. Le jour du budget, le PBL a calculé que les Pays-Bas se dirigent vers une réduction de 39 à 50 % des émissions de CO2 en 2030, ce qui est bien inférieur à l’objectif légal. Ce chiffre n’inclut pas encore tous les plans du cabinet, mais le ministère des affaires économiques et du changement climatique reconnaît que même un décompte plus complet en novembre ne sera pas une raison de se réjouir.

En effet, même si l’on tient compte des mesures qui doivent encore être élaborées plus en détail, l’objectif climatique ne sera pas atteint. « Des mesures supplémentaires sont nécessaires », reconnaît le ministre du climat Rob Jetten dans le projet de note sur le climat qu’il a envoyé à la Chambre des représentants mardi.

Jetten fait face à un triple défi

Mardi, des critiques ont été émises par différents milieux, selon lesquelles l’accord de coalition ambitieux se traduit trop lentement par des mesures concrètes permettant de réduire les émissions. Les groupes de défense de l’environnement, mais aussi le Conseil d’État, estiment que la politique du cabinet n’est pas suffisamment élaborée. « Le cabinet doit décider de mesures concrètes et fixer des priorités », a-t-il ajouté.

Pour couronner le tout, Jetten doit également chercher des mesures supplémentaires pour compenser les émissions des centrales électriques au charbon. Ces derniers pourraient être plus actifs dans les années à venir pour réduire l’utilisation du gaz naturel dans la production d’électricité. Lorsqu’il a annoncé cette mesure, M. Jetten a déjà promis de compenser les mégatonnes supplémentaires de CO2 qui seront émises dans l’atmosphère grâce à de nouvelles politiques.

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Par conséquent, le ministre du climat est confronté à un triple défi : il doit poursuivre le développement des plans de l’accord de coalition, veiller à compenser les émissions des centrales électriques au charbon et, en outre, rechercher de nouvelles politiques qui permettront d’atteindre l’objectif climatique de 2030. Et tout cela alors qu’il ne reste que sept ans avant le début de la nouvelle décennie.

Des choix douloureux sont nécessaires pour les grandes avancées

La grande question est de savoir où le cabinet voit encore des mégatonnes de CO2 à prendre. M. Jetten a demandé à ses conseillers d’élaborer un « menu ». Au printemps, le cabinet décidera des options disponibles.

Dans une lettre adressée à la Chambre des représentants, M. Jetten écrit que pour compenser les émissions de charbon, les options envisagées comprennent le passage obligatoire du gaz à l’électricité dans l’industrie et l’horticulture sous serre, soutenu par des subventions. Les entreprises pourraient également être tenues d’acheter ou de louer uniquement des voitures électriques à partir de 2024 ou 2025.

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Pour faire de grands pas, il faut faire des choix douloureux. Après les vives protestations des agriculteurs contre les mesures relatives à l’azote, le gouvernement souhaite-t-il réduire encore davantage le cheptel ? Ou de contrarier les automobilistes en décourageant la possession de voitures à essence ?

L’industrie lourde a peut-être encore beaucoup de mégatonnes en réserve, mais il est difficile d’y faire de l’écologie rapidement. Pour sortir les entreprises polluantes des combustibles fossiles, il faut non seulement beaucoup d’argent, mais aussi un réseau électrique d’une capacité suffisante et une énorme quantité d’hydrogène vert. Les plans actuels du cabinet exigent déjà de travailler sur ce sujet à pleine vitesse ; une accélération supplémentaire semble irréalisable.

Les prix élevés peuvent porter malheur

N’y a-t-il donc aucune raison d’être optimiste ? Néanmoins, il y en a une, bien que pour le gouvernement, elle vienne d’un endroit douloureux : en raison des prix élevés de l’énergie, les émissions sont en forte baisse cette année. Les citoyens et les entreprises économisent l’énergie et investissent eux-mêmes dans la durabilité.

Certaines usines ferment même complètement, en attendant des prix plus favorables. Une telle perturbation est exactement ce que le cabinet ne veut PAS réaliser avec sa « politique industrielle verte », mais elle pourrait faciliter (un peu) la mission climatique de Jetten.

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