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Le Billet du Jour : « Khalti Fatma »…la Mama des enfants de Meftah

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« Khalti Fatma »…la Mama des enfants de Meftah

Par Fayçal Charif

Khalti Fatma, l’épouse du facteur de la petite ville de Meftah est une légende. On aimait bien l’appeler « Fatma l’facteur », comme pour la taquiner, mais surtout par respect au travail de son mari et par reconnaissance de ce qu’elle faisait pour les familles de cette localité aux grands et beaux secrets. A Meftah (Baqalem), elle était une célébrité, une icône, une grande femme de la société. Son nom revient sans cesse dans les discussions et pour cause, elle était « l’accoucheuse » du « village ». Khalti Fatma, est devenue par la force des choses et du temps « la Mama ». Ses mains « miraculeuses » ont été là pour faire « naître » des générations entières d’enfants de Meftah avec un savoir faire à l’ancienne disparu aujourd’hui. On la décrit avec plaisir comme une belle femme, une grande Dame, d’un charme indéchiffrable. Grande taille et d’amabilité, elle avait toujours le sourire pour les autres. Elle répondait présente, comme si elle était née pour servir les autres. La Mama était un symbole de don de soi, de générosité et de bonté. Une Mama qui semait le bonheur là où elle passait. On frappait presque chaque nuit à sa porte. Elle allait dans les maisons, les habitations, les baraques, dans les montagne et dans les champs éloignés pour aider une femme à accoucher. Cela se faisait de tout temps, même en hiver, sous la pluie et le vent glacial. Les gens lui faisaient confiance et reconnaissaient son savoir-faire. Un médecin français qui officiait dans ce qui s’appelait à l’époque, avant l’indépendance, « Rivet », a confirmé qu’elle était d’une grande compétence. Et le temps a fait qu’elle est devenue la grand-mère de plusieurs générations de l’ancienne Baqalem, devenue après l’indépendance, la localité de Meftah. Elle ne faisait pas de distinction de rang ou d’échelle sociale. Pour elle, toutes les femmes se valent. Et rien en contrepartie de son intervention, plus encore, elle revenait le lendemain avec un repas pour la maman et des habits pour le bébé et pour savoir si les deux se portaient bien. Sa demeure fut pour longtemps un centre de transit des cadeaux qu’offraient les gens aisés, et dont elle se faisait un plaisir de les donner aux pauvres. La Mama avait poursuivi sa noble activité des années durant, jusqu’au début des années 90. Elle était partie en paix, après une vie riche de l’amour et du respect des gens. Quand tout Meftah l’accompagna à sa dernière demeure, les gens ne savaient pas que c’était « un adieu à une Algérie de pureté, de bonté, d’abnégation et d’entraide. Oui, la Mama a été un symbole d’une Algérie généreuse, fertile et vertueuse. L’Algérie de la compassion dont les portes des maisons n’avaient pas de clés. Salut à toi, mère généreuse et aimante dans ce haut-lieu où tu te trouves ». C’est un post sur la page Facebook « Meftah, ex Rivet » qui a ravivé le souvenir de cette femme légendaire. Une femme, qui pour de très nombreux gens de Meftah, a été une seconde mère, celle qui a fait pousser leur premier cri.

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