Le billet du Jour : Alloula…

Le billet du Jour
Alloula…

Par Fayçal Charif

Il est parti dans la douleur le 10 mars 1994, un jeudi dans la soirée d’un mois en folie et une année fatidique, marquée par des assassinants des enfants de l’Algérie. C’était la fin du mois du Ramadan. Il se rendait au Palais de la culture d’Oran pour une conférence qu’il devait donner, mais il n’ira pas au bout de sa conférence, ni au bout de ses aspirations et de ses rêves. Tout est stoppé net par des balles meurtrières d’un terrorisme qui en voulait aux enfants du peuple. Les meilleurs enfants de l’Algérie, ses intellectuels, ses têtes pensantes tomberont sous les balles lâches d’un terrorisme sans foi, sans loi. Abdelkader Alloula, cet enfant du petit peuple, ce monument du théâtre algérien, qu’on a fait partir dans la douleur, qu’on a fait disparaître à jamais, pour qu’il ne parle plus, pour qu’il ne dénonce plus…Alloula, il fallait le faire taire à jamais. Dramaturge au talent inégalable, il a embellit et emballé le répertoire théâtral de pièces mémorables comme El Khobza, Homk Salim, Hammam Rabi, Legoual, ou encore, El Ajouad. A nos jours, El Khobza résonne toujours, Salim crie toujours et El Djouad est toujours d’actualité. On se demande parfois ce qu’il aurait apporté de plus s’il était toujours en vie. Alloula, un humain généreux, un artiste vrai et authentique et un homme de théâtre passionné et passionnant. Il manque beaucoup, manque toujours…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *